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Crise identitaire : l’aveuglement de la gauche nuit gravement à la sécurité nationale

Voilà un tabou que la gauche aurait préféré ne jamais avoir à briser. La question de la fracture identitaire, lancinante depuis près d’une décennie et qu’elle a longtemps tenté d’évacuer, est revenue comme un boomerang à la faveur des attentats commis vendredi 13 novembre, ainsi qu’en janvier dernier, par des terroristes de nationalité française. Après avoir manqué le rendez-vous de l’ « après-Charlie », la gauche ne peut aujourd’hui faire l’économie d’une profonde remise en question sur un sujet déterminant pour l’avenir de notre société.

Fermer les yeux rend aveugle

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Crise identitaire : l’aveuglement de la gauche nuit gravement à la sécurité nationale

Qu’on l’observe à travers des lunettes partisanes ou non, un constat s’impose aujourd’hui avec la plus grande acuité : comme les deux faces d’une même pièce, bon nombre de nos compatriotes ne se considèrent pas Français tandis qu’une autre partie ne se sent plus en France. À ces deux camps retranchés, à ces deux mondes qui cohabitent sans vivre ensemble, la gauche – sur la défensive – n’a jusqu’alors apporté aucune (bonne) réponse. En dépit du discours martial prononcé par François Hollande devant le Congrès (transgressant nombre de totems de sa famille politique), le Parti socialiste ainsi que les Verts et le Front de gauche ont ostensiblement abandonné à la droite et à l’extrême droite la question identitaire, pourtant au cœur des enjeux.

Plus qu’inaudible, la gauche n’a semble-t-il rien à dire. Misère.

Enfermée dans sa propre prison doctrinaire post-soixante-huitarde, la gauche a longtemps préféré – et préfère encore – geler tout débat sur l’identité et l’idée même de nation. Au motif que ce débat ne serait plus adapté à un monde globalisé et qu’en parallèle il renverrait aux « heures sombres » du XXème siècle, persuadée d’incarner le « camp du bien », elle a ainsi verrouillé à double tour les portes de la réflexion, et ce sans se priver d’exercer une police zélée de la pensée envers tout discours suspecté d’excès nationaliste ou d’obsession identitaire. Muée en procureur (arrogant) de la vertu, elle n’a eu de cesse de distiller dans les esprits la terreur du politiquement correct. Et tant pis s’il fallait jeter un voile sur la réalité !

Plus cyniquement, si la gauche a préféré l’omerta sur ces crispations qui envahissent l’Hexagone depuis le début des années 2000, c’est qu’au-delà du malaise – pour ne pas dire du vide – idéologique manifeste se cache en réalité un fonds de commerce électoral important sur lequel elle a prospéré mezzo voce. En effet, longtemps, les quartiers populaires où se conjuguent souvent mal d’appartenance et parfois même sentiment anti-français – terreaux fertiles des extrémismes – ont été politiquement corsetés par l’ensemble des franges de la gauche, du rouge vif au rose pâle. Longtemps, sur l’autel des équations électoralistes les plus viles, la « gauche plurielle » a courbé l’échine face aux poussées communautaires, faisant tomber une à une les digues soutenant l’édifice républicain. Sur cette démission coupable, elle a ainsi bâti sans vergogne ses succès électoraux locaux comme nationaux ; 86% des Français de confession musulmane ayant par exemple voté pour François Hollande en 2012 selon l’INSEE.

Comme l’a révélé au grand jour en 2011 une étude du think tank Terra Nova (proche du PS), la gauche de gouvernement a, depuis les années Mitterrand, pris sur la pointe des pieds ses distances avec le monde ouvrier pour se recentrer sur les questions sociétales et la défense des minorités ; passant grosso modo de la lutte des classes à un militantisme ethnoculturel. Une stratégie électoralement payante mais, in fine, réalisée au détriment et de la majorité de la population hexagonale et des minorités elles-mêmes, dont elle se dit être pourtant tantôt le bouclier, tantôt le porte-parole. En effet, à des slogans aussi cosmétiques que lénifiants vantant sa lutte pour l’ « égalité des chances » ou encore la « justice sociale » (quel quidam serait contre !), la gauche a en réalité opposé des discours aux accents néocoloniaux, confondant avec autant de laxisme que de cynisme tolérance et condescendance, compassion et sujétion.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 28/11/2015 - 11:09 - Signaler un abus "Un fonds de commerce électoral important sur lequel la gauche

    a prosperé mezzo voce"...bob, ben maintenant que les journaleux et "doctorants" (quelle horreur!) savent ce que les patriotes dénoncent depuis quarante ans, peut-être pourraient-ils enquêter sur les responsabilités de cette complicité "mezzo voce"? et nous dire si des syndicats, associations ont impliquées dans ce vaste trafic électoral d'êtres humains? alors, qui sont les responsables de cet électoralisme malsain, trouvant son apogée dans des attentats prévisibles? Comme il est prévisible que ces attentats vont se renouveler, puisqu'ils naissent sur le terreau de la frustration, que la gauche croyait pouvoir instrumentaliser à son profit...

  • Par ocean5 - 28/11/2015 - 11:29 - Signaler un abus Article désuet

    Mr Escurat votre article sent le ranci, la gauche n'existe plus et vos solutions sont en retard d'une guerre, ce que veut une très grande majorité de français c'est de se sentir à nouveau chez soi et pas à Alger, Rabat ou Tunis, cela passe passe obligatoirement par le départ de beaucoup d'adversaires de notre pays, ce n'est pas une immigration maitrisée qu'il faut à la France mais une moins 100.000/an

  • Par morsang - 28/11/2015 - 11:34 - Signaler un abus le peuple a mal voté changeons le peuple

    En somme le raisonnement ci dessus c'est l'application de ce qu'Althusser reprochait au parti communiste "le peuple a mal voté changeons le peuple" pour les puristes la paternité en revenant antérieurement à un dramaturge allemand dont je ne sait plus orthographier exactement le nom (Goethe ? )Quant à l'éventuelle "repentance" de la part de la nébuleuse gauchiste n'est ce pas illusoire de l'esperer

  • Par lasenorita - 28/11/2015 - 12:06 - Signaler un abus La religion musulmane.

    Les musulmans disent que leur religion est ''une religion de paix''....pourtant:1)le roi du Maroc a puni de la prison 2 jeunes gens qui avaient bu une orangeade pendant le Ramadan, cet été..2)un enfant syrien a été attaché au soleil (avec une température de 40 degrés)parce qu'il désirait boire un verre d'eau, pendant le Ramadan.3)en Arabie Saoudite, un poète a été condamné à mort parce qu'il ne voulait plus être musulman.4)en Algérie, une femme a été tuée parce qu'elle avait refusée les avances d'un automobiliste...etc...etc...Dans les ''pays musulmans'', on détruit les églises, on sassage les cimetières chrétiens.,etc .etc...en France, on construit une mosquée tous les 15 jours...dans les pays musulmans les non-musulmans ne peuvent ni voter, ni jouer un rôle politique, ni acheter des propriétés... en France, les musulmans sont ministres,députés,sénateurs,etc...et ils sont propriétaires de nombreux édifices (achetés parfois avec l'argent de la drogue ou des allocs..)...en France, des ''ordres'' ont été donnés aux policiers pour qu'ils laissent ''tranquilles'' les ''padalmagames'',ainsi cet été les musulmans ont pu empêcher de se reposer les non-musulmans pendant le Ramadan...

  • Par Texas - 28/11/2015 - 12:17 - Signaler un abus Un bel article...

    ....sans concessions , Mr Escurat . De sa " Prison Doctrinaire " , la Gauche ne sortira plus .....ou trop tard , et ce n' est pas le ton martial de Mr Valls qui changera quoique ce soit au destin discrédité qu' elle mérite . La compromission n' a jamais été une valeur sûre dans le temps .

  • Par GP13 - 28/11/2015 - 12:32 - Signaler un abus Tres bien

    Le diagnostic est sévère, sans concession. Ce n'est pas la gauche actuelle qui pourra redresser la situation. Tout le monde le sait: un bouleversement politique est sur le point d'arriver.

  • Par borissm - 28/11/2015 - 13:26 - Signaler un abus @ocean5

    Oui, d'accord avec vous, la gauche n'existe plus -- et elle ne le sait pas encore. Hollande est à 2015 ce que Guy Mollet était à 1955 : un zombie vidé de substance. La vraie question est de savoir qu'est-ce-qui va remplacer la doxa (opinion évidente, couramment admise sans être remise en question) qui nous tient lieu de pensée depuis 1968 ? Les réponses actuelles (FN, LR) sont précisément dépendantes de cette doxa demi séculaire -- en fait ne sont que son inverse. Reste à inventer. Il paraî que les Français sont très forts pour cela. Oui. Mais reste-t-il encore des français ?

  • Par ERVEFEL - 28/11/2015 - 15:50 - Signaler un abus TRÈS BONNE ANALYSE

    des manquements et turpitudes électorales de la gauche. Mais qui peut encore croire aujourd'hui à "ce faisant, à la lumière blafarde de l’horreur, de cette cécité coupable peut encore naître la clairvoyance du repenti"?. Seulement ceux qui espèrent convaincre par la pratique de l'écran de fumée engendrée par la gesticulation mortifère communicante et qui n'ont ni la volonté, les capacités et les compétences pour se changer eux mêmes et à fortiori les évènements dont ils sont la cause.

  • Par Borgowrio - 28/11/2015 - 18:58 - Signaler un abus Mafia , on peut dire ça comme ça

    On ne se débarrassera pas de la gauche comme ça . Même désavoués dans les urnes , ils noyautent la société française , ils ont fait voter des lois protégeant à vie leur base ( fonctionnaires, régimes spéciaux) .Une équipe de droite, élue, se heurte à une fonction publique , une justice , une éducation nationale, des artistes ,des syndicalistes, des journalistes, hostiles , tous veulent préserver leurs prébendes et s'y emploient intelligemment . Peu d'entre nous y voient clair en fin de compte

  • Par BOCE64 - 29/11/2015 - 09:57 - Signaler un abus bonne analyse

    Il manque le fait que :cela c'est passé avec l'aide des médias qui à chaque occasion a fait passé la droite pour des fachos ou des ultras libéraux (comme ils disent) et la betise du peuple ...

  • Par BOCE64 - 29/11/2015 - 10:24 - Signaler un abus vote de droite /vote de gauche

    Prenez une personne qui n'a pas d'opinion particulière, Elle choisira la gauche ... plus facile, l'amour du prochain, solidarité, pas de lien avec la "richesse" etc; Mais pour voter à droite, il faut une conviction ! Et la défendre devant ses amis ou autre et là Tu passe pour un sans coeur, un libéral, un facho dans le pire des cas. Regardez les artistes qui ont soutenus Sarko ... pchittt leurs carrières, pour ceux qui n'étaient pas encore bien installés. Et regardez Éric Brunet, le journaliste qui a osé ce dire de droite... il fait tache! Parmis ce petit monde! Quand je pense que certain dise que les medias sont de droite ..... Rdv en 2017 ... Hollande va repasser car le peuple français a la mémoire courte ! Qui se souvient de Urba et autre affaire de gauche Qui se souvient des nationalisations Enn1981 les caisses de l'état etaient pleine, 3 ans plus tard 2, 5 millions de chomeurs et depuis cela ne baisse pas . De 1997 à 1999 jospin a eu une croissance de + de 4% et il a créé que des postes de fonctionnaires. En 2002 la droite n'a pas repondu face à la gauche pour le "front républicain" lol moi perso c'est la seul fois ou je n'ai pas été voter.

  • Par tchoupette - 30/11/2015 - 00:36 - Signaler un abus solution paradoxale

    Entendue au JT de 13h sur tf1, samedi : la solution pour éviter la radicalisation, c'est mettre l'arabe à la place de l'anglais, en seconde langue, en primaire puis au collège. Si, je vous assure, ce n'est malheureusement pas une blague !!!!! Ça permettrait de commercer avec les pays du Magreb .... Faut se pincer pour y croire....

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Anthony Escurat

Anthony Escurat est doctorant en science politique à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence.

Il est l'auteur de la note "Le lobbying : outil démocratique" pour la Fondation pour l'innovation politique.

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