Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 20 Décembre 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

La crise est-elle enfin en train de donner naissance à une révolution de la pensée économique ?

L'économie mondiale connait une dépression d’une ampleur au moins équivalente à celle qui a débuté dans les années 1970. Les réponses apportées aujourd'hui se différencient pourtant des solutions proposées il y a trente ans.

A quelque chose malheur est bon

Publié le
La crise est-elle enfin en train de donner naissance à une révolution de la pensée économique ?

Jusqu'alors bastion de l'austérité, le FMI se met depuis quelques mois à se prononcer en faveur de politiques fiscales expansionnistes. Crédit Reuters

Quatre ans après le début de la Grande Récession, l'économie mondiale ne va pas toujours pas mieux, les électeurs perdent patience et les gouvernements tombent comme des quilles. Selon les données de l’OCDE, le PIB des Etats-Unis a reculé de 3,9% entre la fin 2007 et la fin 2009. En comparaison, la contraction économique fut plus sévère au Royaume-Uni (5,5%), moins prononcée en France (-2,8%), et à peu près identique en Allemagne (-4,0%). Cette situation laisse ainsi de l'espace à une révolution dans la manière de penser, et si ce n'est pas encore en politique, on commence à assister à une modification de la pensée économique.

Prenons d'abord l'exemple du Fond monétaire international (FMI).

Jusqu'alors bastion de l'austérité, l'institution se met depuis quelques mois à se prononcer en faveur de politiques fiscales expansionnistes. La Réserve fédérale américaine (Fed) s'est quant à elle engagée en faisant tourner la planche à billets sans limite, tant que l'emploi ne s'est pas rétabli. Et la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé des achats d'obligations illimités avec l'impression de billets, une politique dénoncée comme étant le travail du démon par le président de la Bundesbank allemande.

Sir Mervyn King, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, a lui choisi de se battre contre un raz-de-marée de soutiens en faveur d'un “dropping money from helicopters”, c'est-à-dire de laisser tourner la planche à billets. King a tenu à distinguer "la bonne et la mauvaise création d'argent". Selon lui, de telles opérations combineraient des politiques fiscales et monétaires et il n'y a aucun besoin de le faire. Lorsque la Banque a décidé combien d'argent elle devrait créer, c'est au gouvernement seul d'augmenter la dépense ou de réduire les taxes. Il estime cette répartition des responsabilités nécessaire et démocratique.

Une solution extrême comme celle-ci commence à trouver un certain écho en Angleterre. Le principal rival de King à la tête de la Banque d'Angleterre, Lord Adair Turner, est connu pour trouver des solutions imaginatives dans des situations insolubles et il soutient l'idée d'une grosse création d'argent. Son discours a d'ailleurs été soutenu par pas mal d'éditorialistes.

Sir King, comme la plupart des banquiers centraux, redoute la perspective de combiner politique fiscale et monétaire. Pourtant, les deux deviennent presque indiscernables du moment où les taux d'intérêt avoisinent les zéro, parce qu'il n'existe quasiment plus aucune différence entre l'argent et les obligations de l'Etat. Ces dispositifs pourraient ainsi être mis en place sans augmentations fiscales pénibles ou coupes passantes, en restituant aux gouvernements le droit exclusif de créer de l'argent qu'ils ont perdu progressivement aux banques commerciales. Mais si la stagnation économique globale continue, la patience publique pourrait se lasser des réponses habituelles… Les idées qui semblent maintenant révolutionnaires pourraient-elles alors devenir la sagesse conventionnelle ?

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par ZOEDUBATO - 20/11/2012 - 09:39 - Signaler un abus c'est être réactionnaires et antique que de répondre

    à une nouvelle crise par des modèles économiques et idéologiques du passé Chaque problème a besoin de l'expérience dus passé pour en analyser une partie mais pas pour faire du copier-coller La ou les réponses doivent tenir compte de l'environnement, des changements de société et des possibilités d'action Alors oui il commence à émerger une nouvelle pensée d'économie régulée (voir les discours et actions de la Chancelière MERKEL, des Présidents OBAMA et SARKOZY et des BICS)

  • Par Ganesha - 20/11/2012 - 21:59 - Signaler un abus Assemblée Constituante

    D'après les témoignages des survivants, dans les minutes qui précèdent un tsunami, les animaux sentent venir le danger et un grand silence s'établit... Ici, il y a deux économistes qui bavardent sur la plage, et un commentateur nostalgique du président précédent, et qui croit à la réussite de la politique d'austérité. Samedi soir, chez Ruquier, Olivier Besancenot a proposé l'élection d'une assemblée constituante européenne : une formule qui a été utilisée avec succès dans plusieurs pays au cours des siècles passés...

  • Par DEL - 20/11/2012 - 23:32 - Signaler un abus Pensée des économistes

    Celle que l'on perçoit en ce moment est la suivante: que tout le monde meure de misère , sauf nous...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Atlantico.fr

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€