L'interminable tragédie
400 milliards d’euros pour sauver
une Grèce au PIB de 200 :
l’Europe sait-elle compter ?
L'accord sur le deuxième plan de renflouage de la Grèce attend toujours l'accord entre les principaux partis grecs, le gouvernement, le FMI et les représentants de l'Union européenne. Une obstination socialement désastreuse pour la Grèce, et financièrement coûteuse pour l'Europe.

Mis bout à bout, nous en sommes à quelques 400 milliards d'euros déboursés en deux ans. Crédit Reuters
Les hommes sont-ils en train de perdre la raison ? A force de vouloir « sauver la Grèce à tout prix » pour « sauver le système tout entier », ne sont-ils pas tout simplement en train de nier le sens de l’histoire ?
Sauver la Grèce n’est-il pas un non-sens ? Car à l’insoutenable drame humain que nous infligeons et imposons à ce pays, s’ajoute une dimension financière absolument déraisonnable. Pourquoi diable autant d’obstination ? Pour garder la Grèce dans l’euro ? Pour « sauver l’euro » ? A moins que ce ne soit le grand saut dans le vide qui effraie nos politiques. Pousser la Grèce dehors… certes, mais comment ? Et que va-t-il se passer après ?
Il faut parfois savoir être réaliste, humble et pragmatique. Les hautes sphères politiques et technocrates en ont-elles encore la capacité ? Il y a de quoi s'interroger...
Des chiffres astronomiques qui ne font plus sens
Souvenez-vous...
- En mai 2010, nous avons apporté 110 milliards d'euros à la Grèce pour la « sauver de la faillite » ;
- Aujourd’hui, nous allons signer un nouveau chèque de 130 milliards d'euros pour « sauver à nouveau la Grèce » qui va une fois de plus « faire faillite » le 20 mars si elle ne trouve pas l’argent pour faire face à ses engagements ;
- Parallèlement, les créanciers privés vont s’assoir sur 70% de leurs avoirs sur l’État grec. Soit 100 milliards d'euros de pertes irrécouvrables à provisionner dans leurs comptes au seul profit de la Grèce.
Mis bout à bout, nous en sommes à quelques 400 milliards d'euros déboursés en deux ans. De quoi parlons-nous ? D’un PIB de 200 milliards d'euros par an. C’est ce que pèse la Grèce. 400 milliards d'euros investis pour en sauver 200 milliards ? N’est-ce pas déraisonnable ?
Et 400 milliards pour l’instant… car il est fort à parier que nous aurons à sauver la Grèce encore et encore. Car sous couvert de lui venir en aide tel un preux chevalier sur son beau destrier, nous sommes en train de détruire ce pays jusqu’à la moelle, d’anéantir sa capacité de production, et de semer les conditions d’une révolte sociale sans précédent.
Qui sème le vent, récolte le chaos
Les coupes dans les salaires et pensions ont été massives, et ce mouvement va se poursuivre puisque nous sommes en train d’imposer à la Grèce une nouvelle réduction des dépenses sur 2012 de 1,5% du PIB.
Le taux de chômage est de 18%, la déflation est à l’œuvre, la récession s’installe et s’aggrave (sur 2009/2010/2011 respectivement -3,2%, -3,5% et -6,1% selon l’Organisation de coordination et de développement économiques), le capital fuit, le pays est exsangue et les politiques déchirés. La dette publique atteindra 189% cette année et le plus alarmant est sans doute que ce pays n’a aucun moyen de s’en sortir. Pas l’ombre d’un espoir, d’une lueur au bout du tunnel.
Quand vous atteignez un tel niveau de chaos, comment voulez-vous faire naître les conditions d’une croissance pour vous en sortir…
Isabelle Mouilleseaux
Isabelle Mouilleseaux est directrice de publications chez Publications Agora.
Elle a notamment co-écrit Le déclin du Dollar : une aubaine pour vos investissements ? (Valor, 2008).
- Grèce : une partie des aides pourrait être versée sur un compte séparé
- La Grèce échappe à la tutelle budgétaire, pas au défaut de paiement
- Comment l’Allemagne a-t-elle pu ne pas voir que mettre la Grèce sous tutelle ferait perdre son âme à l’Europe ?
- Quand les Allemands gouverneront la Grèce
- La Grèce exclut un contrôle européen de son budget


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en laissant la Grece quitter l'UE et la zone Euro, les banques allemandes et francaises vont se retrouver avec des ardoises farmineuses. Qui paiera ? Les clients evidemment. Ainsi les societaires de Groupama ressentent deja les folies de Cerise en terre hellene...
Tous les grands empires de l'histoire se sont écroulés pour n'avoir su ni dominer leur taille ni le chômage ...
J'ignore si l'Europe survivra à la folie ambiante, mais les nations ont, à mon sens, leur sort déjà écrit : la disparition !!
Bravo à tous nos politiques et un super bravo à nos élites autoproclamées qui ont une si lourde responsabilité dans la libanisation de nos pays !!
Ce qu'ils veulent sauver, ce sont les dividendes des actionnaires des banques...
Mais il faut aussi que les députés européens fassent mieux leur travail. Plutôt que réglementer à tout va et de façon parfois absurde, il auraient mieux fait de vérifier la destination de leurs subventions allouées de façon aussi absurdes. Un exemple de la gabegie: l'île de St Barthélemy, qui avait un besoin urgent de l'aide au développement Européenne(SIC), s'est fait payer un aérodrome tout neuf par l’Europe, quelques mois avant de voter sa transformation en COM qui lui donne des compétences en terme de fiscalité. Les résidents de Saint-Barthélemy ont toujours refusé de payer l’impôt sur le revenu, celui sur les sociétés, ainsi que l’ensemble des impôts directs locaux (taxes foncières, taxe d’habitation, taxe professionnelle...) mais ils ont accepté avec empressement les généreuses subventions Européennes; il est vrai que St Barth est une des îles les plus pauvres de l’Europe...Mais les dirigeants Européens sont si stupides!
Je crois que certaines tournures de la langue française vous échappent...
Relisez mon écrit :
"...les dires de, comme le disait si bien La Fontaine, ces chétives pécores qui se veulent être boeufs..."
Monsieur De LaFontaine m'a seulement fourni la comparaison ...qui reste une comparaison et seulement cela.
C'est incroyable ce que les gens travestissent ce que disent ceux avec lesquels ils ne sont pas en accord.
Toujours ce problème de civili...tés.
"...
@flogo si vous avez quelque chose a dire, autant le dire. Traiter de pécore l'auteur de l'article en dit long sur ce que vous vous avez comme éléments de réflexion.
@c ésar66689 Talleyrand n'est pas un exemple a suivre, les assignats pour ceux qui ont eu des cours d'histoire (de plus en plus rares) ça s'est très mal terminé. De plus on a beaucoup mieux que les assignats qui étaient censés être gagés sur des biens réels, on a notre monnaie qui est gagée sur rien du tout et ne vaut pas plus que le papier et l'encre qui la constituent.
Nos dirigeants politiques, conseillés par quelques très brillants économistes style A. Minc, sont tellement convaincus qu'un état ne se gère pas comme une société ou un famille qu'ils oublient les plus élémentaires bases de l'économie. Le sauvetage de la Grèce que l'on peut juger nécessaire demande certes du financement à court terme, par des prêts aujourd'hui mais 'jiceco' êtes vous prêt à garantir qu'ils ne se transformeront pas demain en créances irrécupérables. Mais le 'sauvetage' de la Grèce demande aussi une totale réorganisation de ses finances comme de celles des autres pays européens. Et de choisir entre plus d'Europe et les pays doivent converger vers des systèmes compatibles - ou moins d'Europe, c'est à dire, entre autre, continuer les dumping fiscaux entre pays ( tel l'Irlande), les paradis fiscaux (tels la City, le Luxembourg, Monaco), le moins disant en social etc
Je me demande bien pourquoi cette dame, ayant commis cet article, n'est pas en haut des sommités de l'Europe pour régler les problèmes.
Mais, je suis enclin à penser que cette dame n'a pas tous les éléments de réflexions pour bien maitriser ce sujet ...
Il est de plus en plus difficile de supporter les dires de, comme le disait si bien La Fontaine, ces chétives pécores qui se veulent être boeufs...
Des que l'Union européenne prend un dossier en mains, c'est un desastre.
Il ne faut surtout pas donner "le Sahara aux europcrates sinon il faut chercher du sable ailleurs, au bout de dix ans !".
de toute facon, c'est pas compliqué c'est plus d'europe et tout le monde dans le meme sens ou moins d'Europe et chacun gere son pays comme il veut sans rendre de compte!! Tant qu'on ne sera pas d'accord sur le plus ou le moins, nous resterons bloqué dans cette crise!!
envers la grèce de manière à éviter l'effet domino puis organisé la sortie de la grèce de l'Euro, cela nous aurait couté moins cher? c'est bien joli de parler de la Grèce, mais qu'aurait il fallu faire?
Remettons en place l'ECU (des parités fixes mais ajustables) pour les pays en difficulté , (au moins pour quelques années), en commençant par la Grece.
Observons un Grec ancien: il est enveloppé dans un drap, il tient un parchemin et il apporte au monde la civilisation.
P; Desproges
et il n'y a pas de détonateur plus puissant pour la Démocratie qu'un nationaliste... c'est par définition un con vaincu.
Et l'Europe en est truffée Brrrr
Les économistes libéraux ne croient pas à au raisonnement de réciprocités sur les balances commerciales. Jugeant ses conséquences; protectionnisme, contraction économiques néfastes et ils ont raison. Cependant quand il y a un risque de prendre une bombe (Clash économique du moribond system anglo saxon) , on peu tout de même mettre un casque et resserrer les rangs.
mais on continue à faire joujou avec la Grèce pendant que l'implosion du système financier mondial guette. Peuples et politiques Européens, vous êtes quasi autonomes et quasi intouchables si vous resserrez les rangs. Que l'Allemagne , la France et l'Italie ne convergent pas très rapidement et vous allez sentir la douleur. c'est inéluctable. vous aurez juste servi de détonateur.
Contrairement à ce que laisse penser cette artcile, la Grèce n'a pas reçu 400 Mds d'aide mais de refinancement. Nuance. Il s'agit d'argent préter par l'Europe pour rembourser une dette existente, éviter le défaut et reporter dans le temps la date de remboursement effective (sans contracter une nouvelle dette, donc ...). La seule vraie perte est celle des investisseurs privés, soit 100 Mds.
Et dans cette catastrophe financière, il faut bien noté que la spéculation et la finance "ennemi du peuple", n'y est pour pas grand chose. Ce sont les exces de dépense et le laisser-aller sur la collecte des recettes pendant des années qui ont coulé la Grèce.
Que le peuple grec se regarde dans une glace : il a été le premier bénéficiaire par les sureffectifs dans la fonction publique, les aides en tout genre aux personnes et aux entreprises, la gabegie, la fraude fiscale, ... Qu'il soit aujourd'hui touché de plein fouet ne me semble pas choquant ... Je renvoie les amateurs à une fable d'un certain La Fontaine sur l'histoire de deux insectes dont un devrait danser après avoir longtemps chanté ...
L'europe et le neuro ne sont que des idéologies. Ceci expliquant cela. Une idéologie ne peut avoir tort. Si elle ne marche pas, c'est que l'idéologie n'a pas été assez appliquée. C'était pareil avec le communisme. Nos dirigeants appliquent ce principe à la lettre. Grâce à nos dirigeants, à l'europe et au neuro, nous serons tous des grecs dans pas longtemps.
@c ésar66689 ; les assignats ont certes empêché la ruine de la France, et sa faillite, mais ils n'ont pas vécu bien longtemps. Cette expérience a été un échec.
Quand la France a eu besoin d'argent en 1789, Talleyrand a fait nationaliser les immenses biens du clergé et créer les assignats.
Le gouvernement grec pourrait nationaliser les énormes biens du clergé grec et les vendre. Cela diminuerait sa dette de façon considérable.
Clovis
a force de s'enteter a vouloir l'élargissement de l'europe sans avoir résolu les problemes actuels ils vont finir par la couler définitivement. s'il avait refuser l'entrée de la grece et bien d' autres on en serai probablement pas la
a une dette égale à 2 fois son PIB
la faillite de la Grèce sera le signal de départ de faillites en chaine, quand les autres états se rendront compte que eux aussi ils peuvent faire faillite ... comme les pétroliers qui profitent d'une marée noire pour dégazer ... tous les autres états imposeront une décote à leurs créanciers et se sera la fin du système et des faillites de banques à la chaine