Atlantico : Les élus du comité central d'entreprise (CCE) de France télévisions ont vivement réagi au plan d'économies dévoilé par Rémy Pflimlin. Ils contestent l'hypothèse d'un plan social allant bien au-delà des 500 départs d'ores-et-déjà prévus d'ici 2015 ainsi que la fusion des rédactions de France 2 et France 3. Dans un second temps, le rapport Kaspar (sur les conditions de travail à La Poste) prône 4 500 embauches à dans l'entreprise pour répondre au malaise social dans l'entreprise publique. Dans les deux cas, les salariés et syndicats défendent-ils un acquis de confort professionnel ou en appellent-ils à des mutations nécessaires ?
Stéphane Sirot : Les deux situations ont un point commun. Il réside dans ce qui est depuis environ trois décennies une préoccupation centrale du syndicalisme : la défense de l’emploi.
Mais les deux entreprises présentent des problématiques assez différentes. A France Télévision, les suppressions de postes résultent de la baisse des recettes publicitaires et d’un cadrage budgétaire resserré. Les représentants des salariés sont ici confrontés à des choix politiques qu’un contre-pouvoir peut légitimement interroger. A La Poste, le rapport Kaspar répond à un profond malaise. Ici, il s’agit de restaurer la confiance, le dialogue et un climat social plus apaisé. D’ailleurs, les mesures d’embauche préconisées, si elles rejoignent une revendication des syndicats, n’émanent pas d’eux : c’est l’entreprise qui a demandé à l’ancien dirigeant de la CFDT de lui faire des propositions.
Si elles ont connu ces dernières années des changements considérables, France Télévision et France Télécom sont toujours censées remplir des missions de service public. Lesquelles ? Avec quels moyens et quelles perspectives ? C’est certainement bien davantage l’inquiétude que le confort professionnel qui domine.
Le secteur public ou semi-public est il capable de s'astreindre à vivre dans le même monde qu'un secteur privé concurrentiel, exposé à la mondialisation et aux fluctuations économiques ?
Le secteur public, par nature, n’est autant préparé que le privé aux règles de la concurrence. Historiquement, les entreprises nationalisées ont longtemps vécu en situation de monopole et la logique de service public s’est construite indépendamment des notions de compétitivité et de rentabilité. C’est d’ailleurs l’implosion de ce système qui explique pour une large part le mécontentement régulièrement exprimé par les salariés du secteur.
S’il n’est question pour quiconque de vivre hors du monde et des effets induits par ses évolutions, il n’en reste pas moins compliqué, voire contre-productif, de prétendre aligner tous les domaines d’activité sur les mêmes logiques. N’est-il pas plutôt souhaitable d’envisager des modes d’adaptation spécifiques à chacun ? C’est une condition nécessaire pour faire admettre les processus de transformation.
Les salariés et syndicats du public sont-ils allergiques à toute forme de changement ?
Salariés et syndicats ne sont pas par définition conservateurs. A l’opposé des idées reçues, plus que jamais dans notre histoire, ils considèrent aujourd’hui qu’il leur revient d’accompagner le changement plutôt que de systématiquement le contester. En même temps, la fonction du syndicalisme ne peut simplement consister à entériner des décisions remettant en cause des droits ou fragilisant le monde du travail. Comme toujours en démocratie, il y a un équilibre à trouver entre les attentes des différentes composantes de la société. D’où l’obligation d’un dialogue social nourri et d’une démarche de l’Etat soucieuse de compromis.
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
"soigner et éduquer les pauvres et les classes moyennes"
Vous avez fumé quelque chose ? L'Education Nationale les éduque en en faisant systématiquement des analphabètes et en s'appuyant sur une palanquée de personnels non enseignants passant l'essentiel de leur temps à donner dans le militantisme politique le plus bête ??!! Les hôpitaux pulics les soignent grâce à une armada de personnels non médicaux qu'il faut payer au détriment des vrais professionnels ??!!
Il faut vraiment sortir de ce schéma de pensée : l'enseignement et les soins peuvent être prodigués de manière mille fois plus efficace par des structures privées, avec l'Etat dans un rôle de donneur d'ordre. Ça a marché notamment en Suède pour l'enseignement.
"Avec Internet et la concurrence de messageries privées, le bon temps est terminé."
Les messageries privées, je ne sais pas, je n'en entends pas trop parler. Mais cela fait déjà quelques années qu'Internet fait plonger le trafic courrier. C'est une des principales raisons qui conduisent La Poste à se réorganiser. L'ennui est que ça dure, d'où un certain malaise.
NON. Justement c'est un secteur du public qui n'a absolument pas bougé depuis 30 ans. Avec les brillants résultats que l'on sait, qui ne font qu'empirer (il est vrai que l'évolution de la composition des populations scolaires ne sont pas pour rien dans l'effondrement du niveau).
Un rapport (encore un) pondu par Jean Kaspar, ancien mineur de potasse, n°1 de la CFDT et même diplomate avec le titre d'ambassadeur à Washington (de par la volonté de Tonton). C'est aussi cela la France. La Poste commençait à repartir du bon pied mais cela risque de ne pas durer. Avec Internet et la concurrence de messageries privées, le bon temps est terminé.
"L'économie concurrentielle et mondialisée", François Hollande, qui est peut-être un "Flanby", mais qui en tant que chef d'état dispose tout de même de certaines sources d'informations privilégiées, lui a attribué, en parlant sur TF1 dimanche passé, une espérance de vie de trois à quatre mois...
Après l'évacuation des déchets toxiques de ce système criminel, nous pourrons enfin commencer à bâtir un monde nouveau !
" Soigner ou éduquer les pauvres et les classes moyennes n'est pas rentable "
Pourquoi distinguer les pauvres et les classes moyennes ? c'est aussi valable pour les riches et les très riches...
L'article porte sur le service public audiovisuel et les économies à y faire, rien à voir avec l'éducation ou la santé qui sont les missions de base de l'Etat.
le service public doit perdurer....
mais
- avant de penser à leurs poches les dirigeants doivent penser au service
- il manque un esprit d'organisation pour économiser ce qui peut l'être des fonds provenant du public
- il manque des règles d'éthique qui seraient supérieures aux protocoles
"la logique de service public s’est construite indépendamment des notions de compétitivité et de rentabilité."
Soigner ou éduquer les pauvres et les classes moyennes n'est pas rentable . Aucune boite privée ne peut donc le faire. Si on soumet ces services publics à la concurrence et à la rentabilité, ça ne marchera pas. C'est malheureux de découvrir cela en 2012