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A la Cour des comptes (non plus), François Hollande n’a pas laissé un souvenir impérissable

Vénérable institution créée par Napoléon, la Cour des comptes s'enorgueillit d'avoir formé deux présidents, François Hollande et Jacques Chirac. Pourtant, ces derniers n'ont pas laissé un grand souvenir rue Cambon. Notamment l'actuel chef de l'Etat. Extrait de "Et si on enquêtait sur la Cour des comptes ?" publié aux Editions du Moment (1/2).

Bonnes feuilles

Publié le - Mis à jour le 8 Février 2015
A la Cour des comptes (non plus), François Hollande n’a pas laissé un souvenir impérissable

"Si je n’étais plus député je redeviendrais conseiller référendaire à la Cour des comptes, cela veut dire que si je ne faisais absolument rien à la Cour de comptes, je continuerais à toucher 15 000 francs par mois, 25 000 si je faisais des rapports, sans forcément en faire énormément. Je pourrais doser mon travail, rester chez moi quand je suis fatigué, aller à la Cour des comptes dans mon bureau pour passer des coups de télé- phone… Bref, je serais totalement libre, je serais un vrai privilégié comme je l’étais avant d’être élu député… ".

Celui qui parle ainsi en 1989, interrogé dans le cadre d’une émission d’Antenne 2 consacrée aux privilèges deux cents ans après la Révolution française, est un jeune député socialiste de Corrèze, qui se nomme François Hollande. Cet extrait toujours visible sur Internet fait lever les yeux au ciel, à la Cour des comptes, dès qu’on l’évoque. François Hollande n’a pas laissé un grand souvenir rue Cambon, là où le jeune énarque de la promotion Voltaire de 1980 a débuté comme auditeur.

L’institution est pourtant fière d’avoir "donné" deux présidents de la République à la France en vingt ans, Jacques Chirac et François Hollande. Invité début 2014 à préfacer un livre de la Cour sur la Cour, le chef de l’État n’est évidemment pas revenu sur les conditions de travail qu’il décrivait dans les années 1980, soulignant juste que l’institution "ne ressemble plus vraiment à celle [qu’il a] connue comme auditeur". "En 1980, à ma sortie de l’École nationale d’administration, j’ai choisi de rejoindre la Cour. Je souhaitais contribuer au contrôle du bon emploi de l’argent public", se souvient François Hollande. Classé dans la "botte", le futur président de la République a bien fait le choix de la Cour alors qu’il aurait pu prétendre à l’élitiste Inspection générale de finances (IGF). La petite histoire veut qu’en optant pour la rue Cambon, il ait permis à son pote de promo, Jean-Pierre Jouyet, arrivé juste derrière lui au classement, de partir à l’IGF qu’il convoitait tant. Généreux François Hollande ? Peut-être bon camarade mais surtout intéressé par la liberté que laissait la Cour à ceux qui voulait faire de la politique.

Car, à l’époque, contrairement à Jean-Pierre Jouyet, qu’il nommera trente-quatre ans plus tard secrétaire général de l’Élysée, François Hollande est démangé par la politique. Au début des années 1980, un jeune auditeur qui débarquait rue Cambon ne subissait pas la même pression qu’aujourd’hui. Tout en étant officiellement magistrat financier, François Hollande pouvait être chargé de mission officieux à l’Élysée sous François Mitterrand, enrôlé par Jacques Attali. Suffisamment disponible pour faire campagne en Corrèze lors des législatives de 1981 et affronter un autre magistrat de la Cour à la carrière politique déjà riche, Jacques Chirac. En 1983, à vingt-neuf ans, François Hollande semble déjà bien loin de la rue Cambon puisqu’il part à l’assaut de la mairie d’Ussel puis est nommé directeur de cabinet du porte-parole du gouvernement, Max Gallo puis Roland Dumas. François Hollande n’est plus officiellement en fonction à la Cour mais en position de détachement. Il revient rue Cambon au changement de gouvernement en 1984, est promu conseiller référendaire de 2e classe. Il trouve alors le temps d’écrire régulièrement une chronique économique dans Le Matin de Paris, quotidien dont le directeur de la rédaction s’appelle Max Gallo. Il signe « François Holland – sans e –, maître de conférences à Sciences Po », prenant alors bien soin de ne pas mentionner sa qualité de magistrat à la Cour.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 07/02/2015 - 10:47 - Signaler un abus Un politicien du passé...un passé bien pourri!

    La France doit mettre à la porte tous ces politiciens corrompus et véreux, qui profitent d'un système clientéliste créé de toute pièces pour eux et par eux, si elle ne veut pas voir son déclin s'accélérer brutalement. Les institutions réclament des réformes urgentes, car elles sont pourries à la base, donnant naissance à des nains politiques, sans vision et sans cervelle (excepté l' hypertrophie maligne du clientélisme). Il y va du destin de la France, et c'est urgent...dehors!

  • Par Benvoyons - 07/02/2015 - 11:13 - Signaler un abus C'est comme cela que la France est gouvernée. Par un groupe

    d'homme né d'un même berceau et ayant en plus d'être dans la Fonction Publique, être des élus (55 à 60% des élus députés et sénateurs sont des Fonctionnaires. Cela était parfaitement interdit par les premières constitutions après la Révolution. Comme quoi nos anciens avaient un brin d'intelligence et d’honnêteté intellectuel. Maintenant nous pouvons voir que les pays qui se transforment dans le Monde (USA, UK, Allemagne, Pologne, etc..) et bien un fonctionnaire n'a pas le droit d'être un élu.Il faut qu'il démissionne mais en plus s'il n'est pas réelu et bien il ne peut redevenir Fonctionnaire.La France vie avec comme avant avec la Royauté une oligarchie qui ne fait que copuler entre elle.

  • Par Benvoyons - 07/02/2015 - 11:18 - Signaler un abus vangog - 07/02/2015 - 10:47 Tu as raison dehors Phillipot

    dehors Aliot, dehors Bruno Gollnisch etc.;C'est normal que cela soit dans tous les partis la même chose.Un Principe d’Égalité bien utilisé!

  • Par bjorn borg - 07/02/2015 - 11:52 - Signaler un abus Philippot oui

    Bruno Gollnisch non. Dire qu'il aurait pu être président du FN! Aymeric Chauprade, on n'en parle plus et pourtant... Marion, très bonne se fait discrète. Elle ne veut pas embêter Marine.

  • Par zouk - 07/02/2015 - 12:55 - Signaler un abus Cour des Comptes

    Les résultats des deux Présidents qu'elle donna à la République prouvent que ni l'un ni l'autre ne sortirent jamais des habitudes prises à la Cour des Comptes: ne rien faire et se contenter des avantages de la position.

  • Par bebert2 - 07/02/2015 - 13:35 - Signaler un abus Comment créer une nomenklatura?

    Il suffit d'autoriser les fonctionnaires à être élus.

  • Par assougoudrel - 07/02/2015 - 14:50 - Signaler un abus Un exemple qui montre où passe l'argent des français

    http://lejournaldusiecle.com/2013/11/08/21-gendarmes-pour-surveiller-la-residence-secondaire-de-jean-marc-ayrault/

  • Par ombelline - 07/02/2015 - 16:04 - Signaler un abus Honteux!

    Lorsqu'on voit Flanby parader et dire qu'un français est riche à partir de 4000 euros en matraquant même tous ceux et celles qui gagnent moins de 4000 euros, on se demande ce qu'il faut faire pour réformer ces institutions qui nous gouvernent et ne respectent plus le citoyen lambda qui s'appauvrit à les payer. Leur donner toujours plus et recevoir de moins en moins de leur part: où est l'égalité et "Que fait Charlie"?

  • Par cloette - 07/02/2015 - 16:26 - Signaler un abus Bjorn borg

    J'ai le pressentiment que Marine Le Pen sera élue , ce n'est qu'un pressentiment , on verra, mais si elle l'est, et si les institutions démocratique fonctionnent , rien ne changera de façon révolutionnaire car les lobbies de Bruxelles lui mettront le grappin dessus .....

  • Par jurgio - 07/02/2015 - 17:13 - Signaler un abus En plus des trois B,

    il y a, en effet, les trois C : copinage, collusion, clientélisme. Il y avait le Mur, maintenant, il y a la Cour.

  • Par langue de pivert - 07/02/2015 - 18:01 - Signaler un abus F comme feignasse ! ☺

    "Si je n’étais plus député je redeviendrais conseiller référendaire à la Cour des comptes, cela veut dire que si je ne faisais absolument rien à la Cour de comptes, je continuerais à toucher 15 000 francs par mois, 25 000 si je faisais des rapports, sans forcément en faire énormément. Je pourrais doser mon travail, rester chez moi quand je suis fatigué, aller à la Cour des comptes dans mon bureau pour passer des coups de téléphone… Bref, je serais totalement libre, je serais un vrai privilégié comme je l’étais avant d’être élu député " § Il emploie un conditionnel prudent ! Et pourtant les témoignages de ses proches (Royal, Aubry...) abondent dans ce sens. Ces faits étaient connus de tous citoyens moyennement informés en 2012 et pourtant...! Il n'a pas changé, une crapule cynique et sans morale, doublée d'une feignasse ! § On se demande si son électorat était au courant ! Sont-ils naïfs ?, demeurés ? abrutis ? Difficile de répondre. C'est la première fois que je relis cette déclaration dans dans un média ! C'est tellement plus intéressant de répéter des centaines de fois ! Fouquet's, Fouquet's, Fouquet's... pour les journalistes d'investigations ! Solidarité de feignasses !

  • Par bjorn borg - 07/02/2015 - 19:03 - Signaler un abus @cloette

    exact, je croyais que vous aviez fait maternelle supérieure???

  • Par bjorn borg - 07/02/2015 - 19:05 - Signaler un abus Punaise la langue!

    quelle facilité d'écriture! C'est bien tôt le temps des nids!

  • Par pc85 - 07/02/2015 - 19:33 - Signaler un abus La Cour des Comptes ...

    ... à ne pas confondre avec la Cour des Miracles. Quoique ...

  • Par l'enclume - 07/02/2015 - 22:05 - Signaler un abus Tous pourris, certain(e)s plus que d'autres

    Tous ces enfoirés vivent sur le dos des contribuables et, et, ils se disent socialistes.

  • Par LA RICHARDIERE - 07/02/2015 - 22:47 - Signaler un abus Plutôt un beau parcours, je dirais!

    Au bout du bout, pour un type nase de chez nase, il se démerde 1001 fois mieux que nous tous, braves intervenants! Il s'en tape grave de ce qu'on dit et pense! lui président, il touchera des zeuros tout plein jusqu'à la fin de ses jours, et pas pour le smic!. Clair, si c'était à refaire...

  • Par langue de pivert - 08/02/2015 - 10:53 - Signaler un abus

    ♫ Quoi ma langue ? ♫♪ Qu'est-ce qu'elle à ma langue ? ♪♪♫ quelque chose qui n'va pas ?♫ elle ne te revient pas ? ♫

  • Par Eolian - 08/02/2015 - 12:59 - Signaler un abus Mais puisqu'on vous dit

    que la République doit être exemplaire! On y est, non?

  • Par EREC56 - 08/02/2015 - 13:55 - Signaler un abus Esprit corrompu

    Les institutions de la république ont été capté de fait par une classe sociale dirigeante voulant assurer en toute sécurité leur prospérité et leur domination. C'est un dévoiement de la démocratie. Mais cela n'est pas un problème puisqu'on nous dit quotidiennement que c'est le populisme qu'il faut dénoncer

  • Par jurgio - 08/02/2015 - 14:23 - Signaler un abus Le souvenir de Hollande, j'en doute fort

    mais la vidéo est bien partie pour devenir impérissable !

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Bruno Botella

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