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Londres ne sera jamais Berlin : les générations ont beau changer, le couple Franco-britannique peine à exister politiquement

De nombreux intérêts lient les deux pays. Mais ils n'ont jamais permis un rapprochement politique véritable, les deux pays étant avant tout des adversaires idéologiques.

Ydille ?

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Londres ne sera jamais Berlin : les générations ont beau changer, le couple Franco-britannique peine à exister politiquement

France et Grande-Bretagne sont deux nations sœurs, liées à jamais par l’histoire, elles n’en restent pas moins fondamentalement différentes l’une de l’autre. Crédit Reuters

Existe-t-il un couple franco-britannique comme il existe un couple franco-allemand ?

Il est évident qu’il existe des intérêts communs très forts entre les deux pays.

Un couple de ce type, c’est avant tout une rencontre d’intérêts convergents. Le couple franco-allemand fut la rencontre du besoin de l’Allemagne, débarrassée de ses ambitions hégémoniques, de réintégrer l’Europe le plus rapidement possible et de la volonté française d’utiliser l’Union européenne pour se transcender politiquement tout en contenant la puissance allemande.

L’attelage inattendu entre le conservateur Helmut Kohl et le socialiste François Mitterrand en fut une excellente illustration.

Dans le cas la Grande-Bretagne et de la France, il y a tout d’abord des intérêts militaires, tout d’abord, en effet ce sont seuls à détenir l’arme nucléaire en Europe et à conserver un niveau de force suffisant pour mener des opérations en propre. Le traité de coopération en matière de défense signé le 2 Novembre 2010 est venu renforcer ces liens.

Des intérêts diplomatiques, ensuite car ils siègent tout deux au Conseil de Sécurité des Nations-Unies.

Des intérêts économiques enfin ; le Royaume Uni étant la première destination des investissements français à l’étranger (11% du total) et les investissements britanniques en France, arrivent au 2ème rang (15,4% du total).

On pourrait y ajouter des intérêts communs en matière de lutte contre le terrorisme et l’immigration illégale.

Mais ces intérêts objectifs n’ont jamais permis un rapprochement politique véritable ; les deux pays étant avant tout des adversaires idéologiques.

Mitterrand le socialiste étatiste ne pouvait s’entendre avec Margareth Thatcher la conservatrice libérale. Le gaulliste Chirac n’avait que peu à voir avec Blair l’atlantiste et je ne parle même pas de Lionel Jospin. Enfin Nicolas Sarkozy, le régulateur, ne peut s’entendre sur le fond avec David Cameron, le défenseur de la City (à titre personnel, je pense qu'il existe une véritable amitié entre les deux hommes. David Cameron n’a jamais oublié que Nicolas Sarkozy a mis à sa disposition un hélicoptère pour qu’il puisse se rendre à Toulon au chevet de son père mourant en 2010).

Toutefois il a existé un couple, improbable au premier abord, qui a bien fonctionné.  C’était celui formé par Nicolas Sarkozy et Gordon Brown. Au-delà de l’amitié existante entre les deux hommes et ce malgré des caractères diamétralement opposés ; il y eut une véritable convergence politique entre eux au moment de la crise financière de 2008 notamment sur les nouvelles règles de gouvernance des marchés financiers.

France et Grande-Bretagne sont deux nations sœurs, liées à jamais par l’histoire, elles n’en restent pas moins fondamentalement différentes l’une de l’autre. C’est donc compréhensible qu’il en aille de même pour leurs dirigeants. 

 
Commentaires

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  • Par Imragen - 18/02/2012 - 13:38 - Signaler un abus Nations soeurs ?

    Beau titre, mais vide de sens. Il existe trop de préjugés de part et d'autre pour qu'il y ait une véritable amitié. Tout juste un éventuel partage d'intérêts communs. Il faut avoir des choses à partager en plus du fric, et avoir un minimum de respect réciproque. Je n'en vois pas beaucoup de part et d'autre. Et surtout, i l faut avoir envie. Est ce que les anglais ont envie de la France comme nation soeur ?

  • Par letroll - 18/02/2012 - 14:18 - Signaler un abus nos meilleurs ennemis

    j'ai d'excellents amis en UK, et le lien UK-UE est un sujet de plaisanterie , ainsi que les liens France-UK, mais à priori c'est mission impossible. La grande-bretagne est définitivement tournée vers les USA, alors que nous devons nous en éloigner.

  • Par alankin - 18/02/2012 - 15:42 - Signaler un abus et pourtant l'auteur se trompe tellement....

    les allemands ont une position qui consiste à faire plier les autres sur son point de vue sans compromis --> c'est de l'hégémonie. dès qu'il y a un français fort à la BCE (en dehors du docile trichet) ils sont écoeurés --> l'axe franco britannique sert à équilibrer la position allemande actuellement. l'auteur dit : tournés vers les USA? mais enfin ils se posent la question désormais sur cette arnaque perpétuelle..quand les USA misent sur l'asie et sur l'amérique latine, croyez vous que les anglais les préoccupent? mais ils s'en fichent complètement. faudra que les anglais changent de logiciel. et ils le feront car ils sont pragmatiques. pour les anglais, la planche de salut est une convergence avec la France.sinon ils se perdront dans les limbes de l'illusion de la "fusion" anglo américaine.

  • Par sheldon - 18/02/2012 - 15:47 - Signaler un abus GB et France : les 2 grandes puissances européennes.

    Dire que l'on est très proche de l'Allemagne : je veux bien, ça fait partie de notre fantasme, certainement pour nous rassurer et pour refouler au plus profond de nous mêmes les conflits qui ont fait tant de morts des deux côtés. Mais voyez vous tant de jeunes partir s'installer en Allemagne et y travailler ? La GB et la France sont les deux grandes puissances politiques de l'Europe, et une défense "européenne " passe automatiquement par ces deux pays. Quant aux Français allant travailler, séjourner, visiter : nombreux vont en GB, comme si l'on y allait un peu pour trouver ce que notre société refuse par sa lourdeur : le bonheur et la possibilité d'entreprendre et une ouverture au "global", à cette mondialisation qui nous fait tellement peur pour conserver nos "acquis" franco-français du XXème siècle. Et le climat londonien est tellement ouvert sur la réalité qu'Hollande s'y sent une âme libérale !!

  • Par alankin - 18/02/2012 - 15:48 - Signaler un abus ce qui pourrait faire réfléchir les anglais c'est que...

    la France a rejoint l'OTAN. cette barrière a sauté. avec les allemands la France est en "mésentente cordiale" avec les anglais la France est en "entente non cordiale" Je préfère le N°2 .

  • Par Jean-Francois Morf - 18/02/2012 - 19:34 - Signaler un abus L'Angleterre vit en empruntant toujours plus, sans rembourser!

    ...La dette totale de l'Angleterre est déjà de 9 PIB! C'est le pays le plus endetté au monde, 2 fois plus endetté que les USA, et l'Angleterre ne pourra JAMAIS rembourser 9 chiffres d'affaires total annuels! Plus aucune industrie, sauf si vous considérez les banksters comme des industriels!

  • Par Gilles - 18/02/2012 - 22:32 - Signaler un abus Toujours une île

    Elle est loin l'Entente cordiale. Pénétrer chez la Perfide Albion est parfois aussi complique que d'entrer aux USA. Il faut montrer patte blanche dans des files dignes des contrôles de l'ex RDA. En tout cas 300 000 Français vivent a Londres. Et ils ne sont pas revenus au pays comme le souhaitait Nicolas. Pour s'inscrire a Pole Emploi ?

  • Par protagoras - 19/02/2012 - 00:43 - Signaler un abus Perfide Albion

    Le grand polémiste Léon Bloy, à la fin du XIX siècle disait : "L' Angleterre n'est pas seulement l'ennemie naturelle de la France, elle est son ennemie surnaturelle". Il n'y a a rien à rajouter à cette formule qui résume bien les relations séculaires que nous avons eu avec ces insulaires.

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Bruno Bernard

Anciennement Arthur Young.
Ancien conseiller politique à l'Ambassade de Grande-Bretagne à Paris, Bruno Bernard est aujourd'hui directeur-adjoint de cabinet à la mairie du IXème arrondissement de Paris.

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