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Coupe du monde 2018 : comment la Russie est en train de réussir un sans-faute dans son organisation

L'organisation de la Coupe du monde de football 2018 en Russie n'était pas vue d'un bon œil par bien des analystes pour bien des raisons. Pourtant, Vladimir Poutine semble déjouer les pronostics, tant l'organisation de la compétition semble pour l'instant réussie.

Pronostics démentis

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Coupe du monde 2018 : comment la Russie est en train de réussir un sans-faute dans son organisation

Atlantico : L'organisation de la Coupe du Monde de la FIFA en Russie avait fait l’objet de critiquesa priori. De même, des menaces de boycott avaient pu voir le jour. Enfin, des inquiétudes relatives à une volonté de Vladimir Poutine d'utiliser l’événement au service de sa gloire avaient pu voir le jour. Malgré tout, le résultat semble positif. Quel est le véritable bilan à la mi-temps de l’événement pour le président russe ? 

Cyrille Bret :A la mi-temps, cette Coupe du Monde est un succès incontestable pour la Russie comme pour Poutine IV. En effet, les objectifs de la compétition sont largement remplis.

La tenue de la Coupe du Monde en Russie est un succès en soi.

C’est la première fois que la FIFA choisit la Russie comme pays organisateur d’un événement à la couverture médiatique quasi-universelle. C’est également la première compétition sportive mondiale organisée en Russie depuis les JO de Moscou en 1980. Les JO de Sotchi de 2014 n’avaient pas pu avoir le même retentissement car c’étaient des JO d’Hiver et ils ne bénéficient pas de la même visibilité globale que les JO d’été ou la Coupe du Monde de football.

D’un point de vue médiatique, le succès est évident : les télévisions du monde entier retransmettent des images magnifiques d’un pays très beau, de stades ultra-modernes et rénovés, de supporters accueillis dans de belles fan zones comme à Moscou ou à Kaliningrad. Avec ce mois de compétition, la Russie a réussi à changer son image de pays froid et délabré qu’elle avait souvent conservée à l’Ouest. En termes footballistiques, il s’agit d’une occupation du terrain réussie.

D’un point de vue diplomatique, le succès est éclatant. Malgré le boycott politique décidé par le Royaume-Uni et suivi par l’Islande et la Pologne dans le sillage de l’affaire Skripal, plus de 17 chefs d’Etats et de gouvernements sont venus à Moscou rencontrer Vladimir Poutine : le président coréen Moon, l’héritier saoudien Ben Salmane, le président sénégalaisSall, etc. Le roi des Belges est venu soutenir sa sélection nationale et le Secrétaire général de l’ONU Gutierres s’est lui aussi rendu en Russie. Même Donald Trump  - dont l’équipe n’est pas qualifiée – est annoncé après le Mondial. Le boycott est finalement limité aux membres de la famille royale est aux autorités gouvernementales britanniques ainsi qu’au président polonais Duda. Les controverses sur les conditions d’attribution de la compétition, sur le dopage des athlètes russes à Sotchi puisPyeongchang ou encore sur l’utilisation de la compétition sont aujourd’hui largement couvertes par la satisfaction exprimée par les fans, les journalistes, les supporters… et la population locale.

En effet, la Sbornaïa a terminé deuxième du groupe A, a atteint les buitièmes de finale et a même écarté l’Espagne pour parvenir à un stade de la compétition jamais atteint par la sélection soviétique ou russe.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 05/07/2018 - 10:18 - Signaler un abus A propos de Donald, de Poutine, de Macrouille...

    les analystes et pronostiqueurs semblent beaucoup se trumper, depuis que la gauche archaïque a colonisé les médias occidentaux ...encore un empire qui menace de s’efondrer, par absence de pluralisme et excès de médiocrité!

  • Par Liberdom - 06/07/2018 - 19:55 - Signaler un abus Pour le moment...

    En voilà de bonnes nouvelles! Sans attendre la fin de la compétition les Sience-Potologues se mettent à plusieurs pour commenter l'organisation de la Coupe du Monde de Football en Russie. Bien sûr un petit rappel des Skripal empoisonnés (rejoints depuis par deux autres) , de l'annexion de la Crimée (à 95 % Russe soit dit en passant) et des méfaits des terribles hooligans du CSKA Moscou; est bien utile. "Poutine 4" apparaît dans le texte pour bien rappeler que la Russie reste "illibérale" comme diraient nos analystes politiques dans leur novlangue en parlant de dictatures qui ne disent pas leur nom. Bref des brassées de fleurs jetées aux russes pour leur organisation impeccable; "pour le moment" n'oublient-ils pas de souligner. A quand un petit article sur les classements des universités françaises et singulièrement des nombreuses Science Pot qui maillent le territoire ? Pour le moment on attend.

  • Par ajm - 06/07/2018 - 23:47 - Signaler un abus Article sans signification.

    La capacité d'organisation de grands événements sportifs sonr censés prouver quoi ? Les jeux olympiques Allemands en 1936 n'etaient-ils pas grandioses ? L'organisation du goulag n'était il pas impressionnant ( du sport de masse contraint pour des millions de personnes )? A vrai dire, personne ne mettait en doute la capacité du gouvernement d'un grand pays comme la Russie à organiser une coupe du monde de football. Le gouvernement Grec , avant sa faillite, dans les années 2000, avait très bien maîtrisé, contre toutes attentes, l'organisation sur son sol des jeux olympiques. Cet article n'a pas de sens.

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Cyrille Bret

Cyrille Bret, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, de Sciences-Po Paris et de l'ENA, et anciennement auditeur à l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) est haut fonctionnaire et universitaire. Après avoir enseigné notamment à l'ENS, à l'université de New York, à l'université de Moscou et à Polytechnique, il enseigne actuellement à Sciences-Po. Il est le créateur avec Florent Parmentier du blog Eurasia Prospective.

Pour le suivre sur Twitter : @cy_bret

 

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Florent Parmentier

Florent Parmentier est maître de conférences à Sciences Po et chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC. Il a récemment publié, aux Presses de Sciences Po, Les chemins de l’Etat de droit, la voie étroite des pays entre Europe et Russie. Il est le créateur avec Cyrille Bret du blog Eurasia Prospective et est vice-président de Global Variations, un think tank travaillant sur les effets géostratégiques des innovations disruptives.

Pour le suivre sur Twitter : @FlorentParmenti

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