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Coupe du monde 2018, allez la France ! Et au fait, le nationalisme c’est la guerre... ou la garantie de la démocratie et du vivre ensemble ?

Événement sportif extrêmement médiatisé, la Coupe du monde de football a débuté jeudi en Russie. L'occasion pour les différentes populations des pays participants de "sortir les drapeaux".

On est champions ! On est tous (ou pas) ensemble !

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Coupe du monde 2018, allez la France ! Et au fait, le nationalisme c’est la guerre... ou la garantie de la démocratie et du vivre ensemble ?

 Crédit FRANCK FIFE / AFP

Atlantico : Alors que le coup d'envoi de la Coupe du monde de football vient d'être sifflé en Russie, ce qui sera l'occasion pour les différentes populations des pays participants de "sortir les drapeaux", la question du retour des nations et du nationalisme occupe les débats politiques​. Comment analyser le nationalisme entre deux visions, entre celle du "nationalisme c'est la guerre" et celle d'un nationalisme qui serait une garantie de la démocratie et du vivre ensemble ? En quoi les défis actuels, entre le pouvoir des multinationales et les enjeux relatifs à la mondialisation - qui ont pu déstabiliser les électeurs - modifient-ils la donne ?

Edouard Husson : Nous touchons au tabou essentiel des sciences politiques depuis les années 1960. La démocratie est toujours incarnée : depuis l’Antiquité, dans une cité; à l’époque moderne, dans des communautés nationales. Il vaut mieux  le dire d’emblée: une fois que l’on franchit les limites d’une cité, une démocratie sans nation, cela n’existe pas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a pas de démocratie européenne: il n’existe pas de nation européenne. S’il n’existe pas de démocratie moderne en dehors de la nation, il existe en revanche des nations sans démocratie. Le nationalisme moderne est la forme collective que prend l’émancipation individuelle.  Et la modernité n’a pas produit que des individus épris de démocratie. Il serait faux, pour autant, d’affirmer que les nationalismes sont responsables de la Première Guerre mondiale; C’est la formule qui a justifié toutes les attaques contre les nations, après 1945, au nom de la lutte contre le nationalisme. La Première Guerre mondiale naît du choc entre quatre volontés de conflit non maîtrisables: l’incapacité de Vienne à contenir le bellicisme de Budapest au sein de la monarchie austro-hongroise; la volonté du régime tsariste russe d’effacer la honte de la défaite de 1905 contre le Japon; le fatalisme du gouvernement et de l’armée allemande qui préfèrent en découdre immédiatement plutôt que de laisser France et Russie se réarmer un peu plus; le mélange de haine de l’Autriche catholique et de revanchisme post-1870 qui est largement partagé au sein des milieux dirigeants de la IIIè République. En 1914, les peuples partent en guerre par patriotisme, pour défendre la nation. Le nationalisme est surtout le fait de classes moyennes (supérieures) urbaines. A l’époque, partout en Europe, ce qui était chic, ce n’était pas d’être bobo mais d’être nationaliste.

Chantal Delsol : Les nations sont à la fois nécessaires et comme toute chose, dangereuses si on les magnifie excessivement. Bien comprise, aimée avec modération, la nation est une maison accueillante qui abrite une culture, des moeurs, une histoire, un destin – et dont nous avons besoin parce que nous ne pouvons vivre paisiblement qu’en nous attachant à des particularités, des groupes d’appartenance. Mal comprise, transformée en religion, adorée, la nation devient fauteur de guerre. En raison des nationalismes fauteurs de guerre que nous avons connus au XX° siècle, nous préférons, en bonne part, parler de patriotisme. 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 15/06/2018 - 10:07 - Signaler un abus Bon! L’internationalisme, c’est la guerre!

    Vous vous trompez, Chantal Delsol: Le national-socialisme allemand et le fascisme italien faisaient partie de l’internationale-socialiste mondialisate, de connivence avec les capitalistes qui voulaient abolir les frontières par la négociation...ou par la force! Car l’internationalisme gauchiste (on dirait, aujourd’hui, macronisme!), c’est la conquête des voisins par l’idéologie et par la force!...le nationalisme, c’est la défense des frontières, et c’est la paix des Nations libres, respectueuses les unes des autres...

  • Par J'accuse - 15/06/2018 - 10:44 - Signaler un abus Le nationalisme est un bouc-émissaire de politiciens

    Ce ne sont pas les nationalismes qui déclarent les guerres, mais les dirigeants politiques, étiquetés nationalistes ou pas, qui manipulent les peuples (au besoin les envoient s'entre-tuer) pour servir leurs intérêts personnels, aujourd'hui comme hier. Il faudrait aussi qu'on cesse d'utiliser le terme "démocratie" pour désigner certains pays, ce qui signifie que le peuple y détiendrait le pouvoir, alors que c'est le cas nulle part. Il ne faut pas lutter contre les nationalismes, mais pour la vraie démocratie, terreur des politiciens.

  • Par kelenborn - 15/06/2018 - 12:17 - Signaler un abus Bon

    Vangode est maintenant en phase de delirium tremens et.... on sait qu'on peut tjs appeler le SAMU !!!!

  • Par kelenborn - 15/06/2018 - 14:02 - Signaler un abus Sérieusement maintenant

    Husson fait bien de souligner le paradoxe de la Nation. ..Il y a de fait une sorte d'antinomie: l'horreur de la première guerre le démontre car qu'elles qu'en soient les causes et des lors qu'elle est déclenchée la guerre 14 devient un défouloir pour les généraux qui avaient été privés de leur jouet . lors de la guerre d'Irak ils auraient été frustrés! Et cela des deux côtés car la conception française de la Nation ( vivre ensemble en est le ciment) n'est pas la conception allemande fondée sur la langue ou la race! Pourtant, de chaque côté les généraux sont des bouchers et la Nation acquiesce : le 11 novembre est bien férié. Et dans le même temps, la Nation est le fondement indispensable de la démocratie, ce qui fait que l'Europe n'étant pas une nation , elle ne peut être une démocratie! entendons nous bien: non parce que les peuples européens ne veulent pas vivre ensemble mais parce que ne parlant pas la même langue la démocratie y est impossible (sauf dans la tête des abrutis de la Commission qui imposent l'anglais, langue officielle des eurocrates) c'est, in fine......la revanche de la conception allemande de la Nation !

  • Par kelenborn - 15/06/2018 - 14:08 - Signaler un abus Pauvre Vangode

    Il n'a même pas compris que derrière Hitler et Mussolini, il y avait Lucifer et Satan, dangereux agitateurs trotskistes d'une horde de diables socialo-gauchistes parmi lesquels un certain Belzebuth qui revient tous les quatre ans pour la coupe du monde car c'est lui qui baise les buts,alors que le reste du temps il baise les putes en compagnie du vrai crypto stalinien Trousse Cane ainsi appelé car il ne trousse qu'Anne! C'est clair ?

  • Par ajm - 15/06/2018 - 20:07 - Signaler un abus Absence d'un vrai projet européen

    Kelenborn : il y a la Suisse et ses trois, et même quatre, langues. Mais c'est un cas particulier, il est vrai. Si on voulait que l'Europe soit une nation , il faudrait un coup d'accélérateur énorme sur les langues principales de l'Europe et leur apprentissage commun, la culture, l'art et l'histoire de l'Europe, alors que l'on fait l'inverse en réduisant ce continent à n'être qu'une grande plate-forme migratoire, sans autre existence que la commémoration indéfinie d'une moraline bas de gamme , pitoyable catéchisme droit de l'hommiste pour minus habens et décérébrés en réseau.

  • Par Anouman - 15/06/2018 - 20:59 - Signaler un abus Coupe du monde

    Le supporter de foot sort les drapeaux mais il n'est pas nationaliste, il est juste abruti ou bourré. Quant à l'article il est vraiment sans intérêt. A mon avis Husson et Delsol sont payés au forfait.

  • Par kelenborn - 15/06/2018 - 22:26 - Signaler un abus Anouman

    boh ils ont fait mieux mais.... c'est quand même autre chose que Sylvestre, Garibal et le docteur Gayet! Et puis quand c'est un peu compliqué les lecteurs blaireaux restent au terrier

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Chantal Delsol

Chantal Delsol, philosophe, membre de l'Institut, poursuit une oeuvre majeure à la croisée de la métaphysique et du politique. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages aux éditions du Cerf dont "Le Nouvel âge des pères" (2015), "Les pierres d'angles" (2014) et "L'âge de renoncement" (2011).

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Edouard Husson

Edouard Husson est spécialiste d’histoire politique contemporaine, en particulier de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Il est professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (Université de Cergy-Pontoise). Il a été membre du cabinet de Valérie Pécresse, avant d’être vice-chancelier des universités de Paris puis directeur général d’ESCP Europe et, enfin, vice-président de l’université Paris Sciences et Lettres. Il est membre du conseil scientifique de la Fondation Charles de Gaulle. 

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