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Coup d’Etat silencieux ? Pourquoi l’éviction de Mike Flynn de la Maison Blanche pourrait ressembler à la 1ere étape d’un projet réfléchi visant à neutraliser Donald Trump

L'éviction de Mike Flynn de la Maison Blanche, regrettée publiquement par Donald Trump lui-même, montre la guerre silencieuse qui fait rage entre le nouveau président et l'ancienne administration démocrate, qui semble ne pas vouloir lui faciliter son mandat.

Au bon souvenir d'Edgar Hoover

Publié le - Mis à jour le 17 Février 2017

Si comme Eli Lake l'affirme, la NSA et le FBI travaillent contre la Maison Blanche, quels intérêts Donald Trump met-il en danger pour susciter une telle réaction ?

Michel Nesterenko : Le Président Trump est un Président hors “etablishment” et qui n’est pas corrompu pas la caste politique à Washington. Il ne doit rien à personne. Il veut changer les choses. La NSA et la CIA ont un certain nombre de hauts cadres qui ont dépassé largement l’âge de la retraite. Certains pour la CIA ont même été condamnées par les Tribunaux à l’époque du Président Reagan et ramenés aux affaires par le Vice-Président Cheney suie à l’attentat des deux Tours. Derrière tout cela la vraie question est : qui contrôle les immenses comptes secrets des agences de renseignement ?

Le FBI quant à lui est beaucoup moins en cause car il n’a pas joué le jeu du Président Obama et d’Hilary Clinton contre le camp Républicain. Il ne faut pas oublier que le Sénateur Républicain McCain avait appelé à voter pour Hilary Clinton contre le Républicain Trump.

Donald Trump est-il un isolationniste et pro-Russe contre une administration anti-russe et interventionniste ?

 

Jean-Sylvestre Mongrenier : La tradition isolationniste censée dominer la politique étrangère américaine, depuis la fondation des Etats-Unis jusqu’aux deux guerres mondiales, ne doit pas être comprise comme une forme d’isolement. Lorsque George Washington, dans son "adresse" au Congrès de 1796, recommande de rester à l’écart des grandes puissances de l’époque, à savoir l’Angleterre et la France, la jeune république des Etats-Unis est une puissance de second ordre. Il s’agit alors d’éviter la satellisation par l’une et par l’autre et de jouer le rôle de force d’appoint dans les guerres européennes. Cela n’empêche pas les Etats-Unis d’être présents et actifs dans le monde. Ainsi mènent-ils en Méditerranée la guerre contre la régence de Tripoli et la piraterie barbaresque (1805). Ils sont aussi très actifs dans l’océan Pacifique et contraignent le Japon à s’ouvrir au commerce international (1853). Les autres puissances occidentales s’engouffrent dans la brèche.

Dans notre monde plein et interconnecté, balayé par les satellites, l’isolationnisme n’est pas une option géopolitique tenable. Au vrai, il n’est pas sûr que Donald Trump cultive cette illusion. Il incarne plutôt un "américanisme" hostile au multilatéralisme, cette pratique qui atténue les rapports de force et privilégie la négociation. Dans le cas du "Partenariat transpacifique" (le TPP), le retrait annoncé ne signifie pas le refus de commercer avec l’Asie-Pacifique, mais le président américain entend négocier une série d’accords bilatéraux avec les partenaires commerciaux des Etats-Unis. Trump est-il pro-russe ? Ce ne serait plus de l’isolationnisme ! Confondant la diplomatie avec la pratique des affaires, Trump paraît croire qu’une rencontre au sommet entre "hommes forts" permettrait de passer des "deals" satisfaisants. Ainsi devrait-il en aller avec Vladimir Poutine. Les membres de son Administration ont été nommés par ses soins et ils ne lui sont pas hostiles, mais certains d’entre eux ont le sens des réalités géopolitiques et des enjeux stratégiques.

 

 
Commentaires

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  • Par Alain07 - 16/02/2017 - 08:44 - Signaler un abus TRUMP en danger.

    Effectivement le nouveau président est confronté à une opposition féroce qui utilisera tous les moyens pour le neutraliser. Et si celui-ci résiste, il n'est pas exclus que cela se termine dans le sang. Mais c'est oublier les millions d'électeurs qui l'ont choisi et qui ne veulent plus de l'ancien pouvoir corrompu. Il est fort probable qu'une 'élimination' définitive de Trump créée un chaos gigantesque dans le pays avec des affrontements armés. Les 'démocrates ' jouent avec un feu qui risque de détruire l'unité du pays.

  • Par zouk - 16/02/2017 - 09:45 - Signaler un abus Trump, Poutine

    Après lecture de ces 5 pages, je suis incapable d'en tirer la moindre conclusion, ni même le résumer, tant sont nombreuses les hypothèses et les inconnues. Brouillard épais, donc article inutile.

  • Par Texas - 16/02/2017 - 10:51 - Signaler un abus Mr Nesterenko

    a pourtant parfaitement résumé la situation .

  • Par assougoudrel - 16/02/2017 - 10:55 - Signaler un abus Les démocrates veulent

    la guerre en Europe et aux Moyen-Orient, loin de chez eux. Je suis certain que, appuyé par le lobbies des armes, tout est mis en œuvre pour virer Trump qui est un homme d'affaire. L'Irak leur a permis de tester les nouvelles armes, surtout le bombardier furtif B2. Seulement, il n'y a eu que 20 vendu au Pentagone au lieu de 130 prévus, car la chute du Mur de Berlin a tué la Guerre Froide, alors que 20 milliards de dollars avait été dépensée rien que pour cet avion. Tous les concepteurs d'armes sont derrière tout ça. Tout était prêt pour Clinton et le Prix Nobel de la Paix, Obama, avait nivelé le terrain et Trump, "maudit soit ces sans dent merdeux", est arrivé tel un chien dans un jeu de quilles, mettant le binz en jetant un seau de sable dans leur dispositif si bien huilé. Quand on voit l'armement que possède les USA et tout ce qui vient de sortir, un bon conflit permettrait de le tester (et surtout de s'enrichir), car l'Irak est déjà loin. Donald Trump est un obstacle qu'il faut franchir par tous les moyens. Peut-être même que certains pensent à Kennedy.

  • Par Solon92 - 16/02/2017 - 12:01 - Signaler un abus Les Russes...

    ...ont fait main basse sur la Crimée, envahissent l'est de l'Ukraine, massacrent les populations syriennes, menacent les états baltes, manipulent les élections US et française, achètent les politiciens, assassinent les journalistes, mais à part ça, les méchants, ce sont les démocrates américains bien sûr...

  • Par assougoudrel - 16/02/2017 - 12:39 - Signaler un abus En core un gaucho pro islamiste

    qui n'est pas content., bien sûr...

  • Par Citoyen Ordinaire - 16/02/2017 - 12:48 - Signaler un abus Cf message précédent

    Incroyable de lire de tels commentaires au 21ème siècle... Il faut arrêter de lire les journaux de propagande française...pour vous ouvrir sur qui dirige le monde en sous main derrière les gouvernements, ce que cet article explicite un peu... Les soi disant "révolutions" depuis des années dans les pays de l'Est sont préparées en sous main par Cia et compagnie pour détruire l'influence russe...Ukraine y compris. Les russes, les Syriens, ne font que se défendre à des agressions et des guerres sous faux drapeaux. D'autres n'ont pas réussi à résister comme ces pauvres Irakiens qui avaient des armes chimiques bien sûr (ps qui dans l'histoire a utilisé des armes chimiques en Irak ou au Vietnam), et ces Lybiens massacrés sans réels motifs...pour leur apporter la démocratie ben sûr ! Regardez comme ils sont heureux en Irak depuis 2003, un vrai paradis ! Cet article soulève une bonne question, que reste t'il de la démocratie et qui dirige vraiment le monde ? La voix des populations bafouée qu'on aime Trump ou pas est inquiétante.

  • Par Anguerrand - 16/02/2017 - 14:17 - Signaler un abus " Coup'd'etat silencieux"

    Je croyais que l'on parlais des juges français, qui font tout pour laisser le doute sur Fillon, et le feuilleton quotidien, Il est maintenant totalement certain que les juges et les medias tentent tout pour " faire " l'élection " Présidentielle selon leur orientation à gauche ( mur des cons ) au profit de Macron qui dans sa grandeur socialiste qui a été dire en Algérie que la France y avait fait un crime contre l'humanité, rien que ça. Macron retrouve bien sa gauche Hollandaise et les ex députés pro Hollande . Les rapatriés apprécieront que l'ont les traitent de criminelle .

  • Par Texas - 16/02/2017 - 17:11 - Signaler un abus @ Solon 92

    Evidemment que les Russes auraient dû se laisser départir de leur seule base navale en Crimée alors qu' ils payent un loyer aux Ukrainiens pour Sebastopol depuis 1992 , évidemment qu' ils n' ont pas eus besoin d' envahir le Donbass qui leur était déjà acquis , bien sûr que la guerre civile Syrienne a vu arriver les contingents de Daesch avant les bombes Russes , bien sûr que les Etats Baltes sont inquiets de voir des troupes Russes et ...Américaines avant la fin de du mandat Obama sur leurs frontières , bien sûr que des journalistes sont assassinés en Russie , et bien sûr que les Démocrates sont des faux-culs de la pire espèce qui n' ont rien à envier à nos Socialistes .

  • Par Anguerrand - 16/02/2017 - 17:17 - Signaler un abus Ce qui arrive à Trump arrivera en France a MLP

    L'administration, inamovible en France, contrairement à celle des USA va pourrire une éventuelle présidence MLP. rajoutez les départs de capitaux avec l'arrivée du franc, les grèves des fonctionnaires, la CGT, FO , SUD, l'augmentation des taux de la dette 1% d'augmentation c'est plusieurs milliards de plus de dépenses en plus, l'hémorragie des capitaux gros et petits ( économies des particuliers) , un programme économique irréalisable, tout cela nous ruinera.

  • Par brennec - 16/02/2017 - 17:52 - Signaler un abus Flynn a été limogé par Obama pour son "style de management"

    "Qui pourrait avoir intérêt à une telle campagne de déstabilisation ?" La réponse se trouve sur TTU dans un article publié bien avant les élections. On est en droit de regretter l'éviction du général qui avait l'intention de porter le fer de la réforme dans la CIA. Ce qui en dérangeait plus d'un dans cette agence. On peut se demander ce qu'il en coutera en termes d'attentats. http://www.ttu.fr/lanticonformiste-general-flynn/

  • Par Eolian - 16/02/2017 - 17:56 - Signaler un abus Eisenhower

    disait déjà, lorsqu'il était président qu'il fallait se méfier comme de la peste du complexe militaro-industriel américain. Les Etats-Unis ont un besoin "vital" d'avoir un ennemi. Le démantèlement de l'union soviétique ne les ont pas du tout arrangés et il n'ont de cesse de fomenter des "révolutions de couleur" comme ils les appellent, Ukraine, printemps arabes dans d'autres pays et s'arrangent quand cela tourne mal d'y mettre leurs gros doigts dans le pot de confiture. et les pays occidentaux n'y voient que du feu, ah les belles valeurs démocratiques, les droits de l'homme, et patati et patata!

  • Par JonSnow - 16/02/2017 - 20:00 - Signaler un abus L'Etat profond en cause

    L'Etat profond, soutenu par les Démocrates, l'administration et surtout les services de renseignement américains surpuissants, tous liés au lobby militaro-industriel autrefois dénoncé par Eisenhower, et qui ont leurs entrées au sein des médias les plus en vue, tente de dicter sa politique à Trump en jouant une forme de chantage. Toute l'équipe de Trump sait maintenant qu'elle est surveillée et que rien ne lui sera passé. L'Amérique est-elle encore une démocratie ou un simulacre de démocratie gouverné par le lobby militaro-industriel? La présidence Trump nous donnera la réponse.

  • Par vangog - 16/02/2017 - 23:52 - Signaler un abus Un mauvais point pour Donald!

    Avoir cédé à la pression des medias et de l'establishment, en démissionnant Michael Flynn, est un gage d'obédience accordé au pouvoir mediatico-politique, surpuissant. Donald prouve ainsi à Poutine qu'il est aussi manipulable qu'Obama, et le joueur d'échec se servira de cette faille. Mais Donald possède deux avantages par rapport à Obama et Hillarious: il n'est pas un bien-pensant droidelhommisteborné, comme l'étaient ces deux-là, capables de faire la guerre à tout ce qui ne se conformait pas à leur schéma de pensée archaique. Et Donald est malléable, adaptable et pragmatique, ce qui constitue des atouts forts, afin de construire un partenariat américano-russe fondé sur le respect mutuel et sur l'assurance que personne ne veut l'escalade, ni la guerre. Reste à savoir si Poutine, habitué depuis le KGB à profiter des faiblesses de ses adversaires, considère Trump comme un adversaire, ou comme un partenaire potentiel?....

  • Par Texas - 17/02/2017 - 09:50 - Signaler un abus @ vangog

    Dans sa conférence de presse du 16 /02 , qui fût aussi une belle leçon d' éthique aux journalisme , Donald Trump a dit regretter le départ de Mike Flynn , motivé non par des faits répréhensibles , mais par la manière dont ses entretiens avaient été rapportés au Vice-Président Mike Pence . La Presse Démocrate s' offre entre-temps une diversion Russe aux dizaines de milliers de mails évanouis qu' elle oublie d' expliquer .

  • Par vangog - 17/02/2017 - 09:58 - Signaler un abus @Texas "you are unwatchable!"...

    tweetait Donald aux medias colporteurs de fake-News, il y a quelques jours. Il sera obligé, tôt ou tard, d'introduire du pluralisme dans ces medias inféodés au mondialisme socialisant des grands groupes financiaro-mediatiques. Sinon, jusqu'à la fin de son mandat, il devra subir une meute aboyante telle que nous l'avons vue, tous les deux, lors de sa conférence de presse mouvementée. Cette hallali médiatique est intolérable, comparable à ce que nous connaissons en France, vis à vis du choix patriotique. Je pense que Donald réagira vite, en coupant le son et la lumière de ce terrorisme intellectuel gauchiste qui a fait tant de mal aux démocraties...

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Michel Nesterenko

Directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).

Spécialiste du cyberterrorisme et de la sécurité aérienne. Après une carrière passée dans plusieurs grandes entreprises du transport aérien, il devient consultant et expert dans le domaine des infrastructures et de la sécurité.

 

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Jean-Sylvestre Mongrenier

Jean-Sylvestre Mongrenier est docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie, et chercheur à l'Institut français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).

Il est membre de l'Institut Thomas More.

Jean-Sylvestre Mongrenier a co-écrit, avec Françoise Thom, Géopolitique de la Russie (Puf, 2016). 

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Florent Parmentier

Florent Parmentier est maître de conférences à Sciences Po et chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC. Il a récemment publié, aux Presses de Sciences Po, Les chemins de l’Etat de droit, la voie étroite des pays entre Europe et Russie. Il est le créateur avec Cyrille Bret du blog Eurasia Prospective.

Pour le suivre sur Twitter : @FlorentParmenti

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