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Le coup de cœur de la semaine : Saint-Amour, ça sent bon la France profonde...

Scénario, dialogues, comédiens, humour et émotion, tout concourt à faire de ce road-movie qui sent bon le terroir une réussite exceptionnelle.

Atlanti-culture

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Le coup de cœur de la semaine : Saint-Amour, ça sent bon la France profonde...

Depardieu et Poelvoorde forment un couple qui explose à l’écran. Certes, il y a les dialogues de Kervern et Delépine, merveilleux d’inventions jusqu'au surréalisme. Mais il y a aussi, ce duo d’acteurs pour les dire et les porter à leur incandescence.

Les réalisateurs

Ils ont quatre ans d’écart, mais cela fait  environ dix ans qu’ils s’entendent comme les deux doigts d’une main pour dynamiter le cinéma français. Avec des films, dont pas un n’a emprunté un sentier déjà battu.

Quand Gustave Kervern (né le 27 août 1962 à l’Île Maurice) et Benoît Delépine (né le 30 août 1958 à Saint-Quentin) font connaissance dans les années 90, ils ont déjà des galons. Le premier est le chroniqueur reconnu de plusieurs émissions de télévision dont « Le Plein de Super » ; le second écrit des sketches pour les Guignols de l’Info. C’est sur une drôle de « terreau » que leur rencontre a lieu, « Groland » une émission parodique de Canal. Leur entente est immédiate. Ils se mettent à tester de nouvelles techniques de récit.

Encouragés par Maurice Pialat, ils décident de se frotter au cinéma.

En 2004, ils réalisent « Aaltra ». Devant son succès critique, ils décident de continuer. En 2006, ce sera « Avida »; en 2008, « Louise Michel » ; en 2010, « Mammuth », avec Gérard Depardieu; en 2012, « le Grand Soir », avec Benoît Poelvoorde ; en 2014, « Near Death Experience ».

Cette année  c’est donc « Saint-Amour », avec un duo d’acteurs choc, Gérard Depardieu/Benoît Poelvoorde et en guest star, Vincent Lacoste, un jeune qui monte, qui monte…

Thème

Comme « Aaltra », « Saint-Amour » est un road-movie. Mais la ressemblance s’arrête là. Dans le premier film des réalisateurs, la route se traçait dans des fauteuils roulants (si,si !),  ici on va la faire en taxi.

Tous les ans, Bruno, agriculteur de son métier (Benoit Poelvoorde) fait la route des vins. Mais sans quitter le Salon de l’Agriculture... Uniquement par le truchement de ses stands de dégustation. Cette année là, son père (Gérard Depardieu), venu y présenter son taureau champion, Nabuchodonosor, décide de lui offrir un vrai tour de la France vinicole. Il déniche  donc un chauffeur de taxi  (Vincent Lacoste) qui leur fera faire le voyage. Et c’est parti pour une tournée à hauts risques, entre cuites mémorables, rencontres improbables et découvertes de lieux formidables…

Points forts

Ils sont quatre, de la même importance:

- Le scénario. Quel plaisir, cette histoire qui nous fait visiter l’Hexagone par les petites routes et nous emmène à la découverte de villages ignorés par les guides touristiques, avec des haltes dans des bistrots authentiques où on « picole » sans chichi, mais avec de sublimes vins de terroir ! C’est un tour de France inédit qu’on fait là, en compagnie de deux poivrots célestes, poésie à tout va et larme à l’œil facile. On part du Salon de l’Agriculture (après une scène de cuite d’anthologie), et quand on y revient, une heure trente plus tard, c’est comme si on avait  trinqué et vécu avec la France rurale! Cela transpire à chaque plan : les deux réalisateurs aiment cette France là, pour sa générosité  et sa noblesse de cœur malgré ses difficultés et son isolement.  Leur propos est aussi touchant et passionnant que drôlissime et subversif.

- Les dialogues. Non seulement ils sont d’une finesse décapante, mais ils font jouer les montagnes russes à nos émotions. Car évidemment, s’ils nous grisent - avec un sujet pareil, c’était presque « contractuel »! -, ils nous  dessaoulent  aussi sans cesse, et sans qu’on s’y attende, au détour de répliques à sortir son mouchoir. Qui n’a pas entendu Gérard Depardieu avouer son chagrin d’être un veuf inconsolable avec des mots d’une simplicité bouleversante, qui n’a pas entendu, non plus, Benoît Poelvoorde exprimer, en une phrase d’une justesse cisaillante, son désespoir d’être considéré comme un «  bouseux », celui-là n’a pas idée du tragique que charrie ce film… Mais, à l’opposé, qui n’a pas regardé ce même Poelvoorde hoqueter les dix stades de l’ivresse, ne mesure pas la force des fous rire qu’il déclenche aussi.

 
Commentaires

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  • Par 2bout - 06/03/2016 - 18:36 - Signaler un abus Hein ? Ah oui !

    Le coup de cœur, … mais aussi les coups de gueule, le coup de bol, les coups de cul, etc ..., et même celui du Père François.

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Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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