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Le coup de cœur de la semaine : "Qui a peur de Virginia Woolf ?" - le choc des mots, le poids des vies

Grande pièce, admirablement montée, au Théâtre de l'Oeuvre, ce "Qui a peur de Virginia Woolf ?" restera comme l'un des événements marquants de cette rentrée théâtrale.

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Le coup de cœur de la semaine : "Qui a peur de Virginia Woolf ?" - le choc des mots, le poids des vies

L'auteur

Né en 1928 aux Etats-Unis, Edward Albee est un enfant adopté. Ses parents travaillent dans le monde du théâtre. Lui souhaite devenir écrivain, mais il est finalement rejeté par sa mère d’adoption qui n’accepte pas son homosexualité. Au début des années 60 sont créées à New York ses deux premières pièces, « Zoo story » et « La Mort de Bessie Smith ». En 1962, « Qui a peur de Virginia Woolf ? » lui apporte une renommée internationale. Mike Nichols en tire un film avec Elizabeth Taylor et Richard Burton.

Suivront une trentaine de pièces dont « Délicate balance », « Trois femmes grandes », « La Chèvre, ou Qui est Sylvia ? ». Il a obtenu trois fois le Prix Pulitzer.

Thème                                                                                           

A l’issue d’une soirée très arrosée, deux quinquagénaires George, un professeur de faculté, et son épouse, Martha, reçoivent chez eux un jeune couple, récemment installé dans leur campus universitaire, pour boire un dernier verre. L’alcool aidant, George et Martha se livrent en présence de leurs deux invités à une grande scène de ménage d’une violence inouïe.

Points forts

1 La pièce est tellement riche qu’on peut la lire, comme tous les chefs-d’œuvre, de différentes façons. « Comme il vous plaira », semble nous dire l’auteur, Edward Albee. 

En adoptant comme scénographie une absence de décor (un grand mur blanc et seulement un canapé en cuir et une volée d’escalier qui conduit à l’étage), le metteur en scène, Alain Françon, nous propose de ne pas prendre la situation pour argent comptant : le logis de George et de Martha n’est pas une réalité, le spectacle ne peut donc pas être naturaliste.

2) Alors où sommes-nous ? Et si ce couple de théâtre disait tout haut par la voix d’Albee ce qu’aucun couple dans la vraie vie ne pourra jamais se dire, même tout bas ? Qu’il s’est construit en partie sur des non-dits ? Au moins George et Martha ne craignent pas de regarder la vérité en face... 

Et qui sont ces jeunes tourtereaux invités à finir la soirée ? Les témoins indispensables sans qui aucune catharsis ne peut se faire ? Ou ne sont-ils que George et Martha trente ans auparavant, fantômes de leur jeunesse confrontés à leur présent ? Il est permis de le penser puisque les deux couples se ressemblent d’une manière troublante: les deux hommes sont professeurs d’université, sincèrement attachés à leurs femmes mais sans perdre de vue que leurs beaux-pères peuvent être très utiles à leurs carrières. Autre point commun : les deux couples sont stériles, en tout cas marqués cruellement par l’absence d’enfant. L’hypothèse se tient, d’autres se défendent. Les explications sont nombreuses, passionnantes, et la pièce gardera toujours un mystère excitant.

 
Commentaires

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  • Par besicles - 24/01/2016 - 18:51 - Signaler un abus Hypocrisie du théâtralement correct ?

    "en aucun cas proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux" Très bien mais pourquoi l'ironie serait-elle interdite ? Que Billetreduc n'admette que des commentaires énamourés du type " Quelle soirée, venez tous, ils sont formidables", c'est déjà éclairant sur l'objectivité de ces avis, mais chez vous, ici, sur Atlantico, la censure d'une opinion sarcastique n'a aucun sens ! Ce billet extatique et sirupeux ne rend pas compte de la réalité et induit en erreur le spectateur potentiel. Cette interprétation d'une pièce, certes excellente à l'origine, n'a que peu d'intérêt. Est-ce rendre service au spectateur de lui dire le contraire, je ne le crois pas. D'autant moins que le billet est déjà aux oubliettes et mon commentaire aussi. Mais c'est à l'anastasiste de service que je m'adresse : Atlantico a pour intérêt d'offrir au lecteur des opinions éclairées, pas des banalités (j'allais dire de collégien mais je le retire tout de suite, je serais à la limite de la brutalité mentale).

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Philippe Jousserand pour Culture-Tops

Est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.

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