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Le coup de coeur de la semaine : "Hostiles"

Il y a longtemps que l'on n'avait pas vu un bon film apparenté au genre western. Et bien, ce manque est comblé avec le dernier film de Scott Cooper. On peut le dire: c'est un chef d'oeuvre.

Atlanti-culture

Publié le
Le coup de coeur de la semaine : "Hostiles"

CINEMA
« HOSTILES »  
DE SCOTT COOPER 
AVEC CHRISTIAN BALE, WES STUDI, ROSAMUND PIKE

RECOMMANDATION : EN PRIORITÉ

THEME

Nous sommes en 1892, à la fin des guerres indiennes, à l’aube de la Révolution industrielle américaine. Dans un misérable Fort du Nouveau Mexique, Joseph Blocker (Christian Bale), un ancien militaire devenu gardien de prison, se voit contraint d’escorter un ex-chef de guerre Cheyenne (Wes Studi) et sa famille, jusque sur la terre de leurs ancêtres, dans le Nevada. Les deux hommes qui se sont affrontés jadis au nom de la violence impitoyable de leurs convictions réciproques, vont devenir, malgré eux, compagnons de route.

Viendra bientôt se joindre à eux une jeune femme (Rosamund  Pike), seule rescapée d’un massacre familial commis par des Comanches.

Une chevauchée fantastique va commencer… Où l’on verra que face à l’adversité, en l’occurrence, la cruauté de certaines hordes aussi sauvages qu’incontrôlables, la méfiance de ces deux anciens adversaires, leurs préjugés, leurs antagonismes et leur haine vont s’estomper, puis disparaître. Deux hommes vont se tendre la main…

POINTS FORTS

- Comment redonner du souffle au western, un genre pratiquement disparu du grand écran dans lequel, se sont illustrés des John Ford, Howard Hawks et autre Sergio Leone, qu’on pensait indépassables ?

L’américain Scott Cooper a trouvé. Pas question pour lui de faire s’affronter, dans de sanglantes batailles, d’un côté, de gentils soldats blancs munis de colts et de l’autre, de méchants indiens bardés de flèches et de couteaux. Il utilise habilement les circonstances pour faire se côtoyer des gens à priori irréconciliables - qu’importe qu’au début ce rapprochement se fasse contre leur gré -, et il les fait s’allier, baissant respectivement leurs gardes, pour combattre un ennemi commun, celui-là sans foi ni loi, aveuglément méchant.

- D’une pierre deux coups. En même temps qu’avec cette image de main tendue et de réconciliation, Scott Cooper donne à son épopée un ton  pacifiste et humaniste-quel que soit son passé, l’homme peut ne pas rester un loup pour l’homme et se laisser gagner par la compassion-, il démontre, qu‘en matière de saloperie humaine, le pire est et sera, quand même, toujours sûr. Très fort, Scott Cooper.

- D’autant plus qu’il a su trouver les rythmes parfaits pour raconter son histoire. Peu d’accélérations, réservées aux seules et rares scènes d’affrontements, mais au contraire des ralentissements, ressentis comme des suspensions du temps, pour nous laisser savourer, soit la force émotionnelle des  échanges entre les personnages, soit la splendeur grandiose des paysages. Car, bien évidemment, il a tourné  son épopée en décors naturels, dans le Colorado et au Nouveau Mexique.

- Autre bon point, il a travaillé avec de vrais cheyennes, qui se sont exprimés dans leur langue. Une performance pour le comédien Christian Bale qui, pour les besoins de son rôle, a dû apprendre à maitriser cette langue très difficile. Mais le résultat est là, émouvant. On est loin du carton pâte et de la reconstitution laborieuse. Tout respire l’authenticité.

- Dans un film de cette envergure là, il est presque inutile de préciser que les interprètes sont tous d’une justesse impressionnante, du magnétique et profond Christian Bale à la formidable Rosamund Pike, en passant par le très remarquable Wes Studi, l’acteur amérindien le plus célèbre d’ Hollywood.

- Ajouter pour finir, que cet Hostiles est porté par une  sublime partition musicale signée Max Richter

POINTS FAIBLES

Je n'en vois aucun

EN DEUX MOTS

- N’ayons pas peur des mots : western à la fois contemplatif, crépusculaire, philosophique et humaniste, Hostiles se classe, sans hésitation, dans la catégorie des chefs d’œuvre, tant il atteint la perfection à tous les niveaux, forme, fond, narration, interprétation, authenticité, et rythme.

- Hollywood est un microcosme plein de mystères à qui lui est étranger. On se demande en effet pourquoi ce magistral Hostiles n’a pas eu droit à la moindre nomination, ni aux Golden Globes, ni aux Oscars.

UN EXTRAIT

« J’ai toujours voulu réaliser un western, mais je tenais à le faire à ma façon; je voulais qu’il soit pertinent au regard des questions raciales et culturelles qui agitent actuellement l’Amérique. Nous sommes tous conscients des mauvais traitements qui ont été infligés aux Amérindiens, mais on peut voir le même schéma se reproduire aujourd’hui avec les Afro-Américains ou la communauté LGBTQ. Cette histoire soulève des problèmes universels »

(Scott Cooper, réalisateur).

LE REALISATEUR

Après des études d’art dramatique à l’Institut Lee Strasberg à New York, Scott Cooper, né le 22 juin 1970 en Virginie, débute sa carrière en 1994, en tant qu’acteur, à la fois dans une série télévisée et au cinéma. Mais c’est vers ce dernier qu’il va ensuite essentiellement se tourner. Après avoir enchainé plusieurs petits rôles, en 2003, dans Godsand Generals, il donne la réplique à Robert Duvall qui devient son mentor.

20O9 marque pour lui un tournant. Cette  même année, non seulement il signe son premier scénario, For Sale by Owner de Robert J. Wilson, où il tient le rôle principal, mais surtout, il réalise son premier long métrage, Crazy Heart,dont il écrit également le script, et qui vaut à Jeff Bridges, l’Oscar du meilleur acteur.

Depuis, Scott Cooper, qui est aussi  devenu producteur, se concentre sur l’écriture et la réalisation. En 2013, il signe son deuxième long métrage, Les Brasiers de la colère, un thriller au casting impressionnant composé entre autres de Casey Affleck, Woody Harrelson et Christian Bale. En 2015, c’est Strictly Criminal, qui vaut à Johnny Depp un de ses rôles les plus mémorables.

Premier western de sa filmographie, Hostiles permet à Scott Cooper de retrouver Christian Bale. Il travaille actuellement sur The Little Jewel, un polar qu’il produira avec Léonardo di Caprio.

 
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Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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