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Le coup de cœur de la semaine : Chocolat, une formidable réussite

Une belle histoire, un très bon film et un tandem d'acteurs, Omar Sy et James Thierrée, exceptionnels : cette fois le battage médiatique est amplement justifié.

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Le coup de cœur de la semaine : Chocolat, une formidable réussite

Dans "Chocolat", Omar Sy est génial dans le rôle du clown noir. Crédit Mandarin Cinéma - Gaumont / Julian Torres

Le réalisateur

Né en 1965 à Gennevilliers au sein d’une famille d’origine marocaine, Roschdy Zem a fait une grande carrière d’acteur avec la fine fleur du cinéma français, André Téchiné, Michel Deville, Xavier Beauvois, Pascale Ferran, on ne va pas les citer tous puisqu'il a tourné dans près de soixante-dix films. Il a commencé à réaliser des films en 2006 avec un coup d’essai qui fut un coup de maître, « Mauvaise foi », sur le mélange des cultures, la rencontre d’une juive (Cécile de France) avec un musulman (Roschdy soi-même).

Vint ensuite « Omar m’a tuer » (2011), inspiré d’un fait-divers qui mit en cause un jardinier marocain sans doute innocent. Puis « Bodybuilder » (2014) qui se déroulait dans le milieu des culturistes. Et voici « Chocolat », formidable réussite.

Thème

Rafaël Perdilla, dit le clown Chocolat, interprété par Omar Sy, l’inoubliable Driss de « Intouchables », est né à Cuba en 1860. Roschdy Zem  et son scénariste Cyril Gély se sont inspirés du livre de Gérard Noiriel, « Chocolat, clown nègre. L’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française ». Le cinéaste a également effectué des recherches aux Archives nationales où il existe de nombreux documents sur les spectacles de Chocolat. Il arrive en France très jeune et se fait embaucher dans un cirque où il joue forcément le méchant sauvage. Quand le célèbre clown Footit (James Thierrée), en perte de notoriété, le rencontre, il a l’idée d’un duo inédit, le clown blanc, et l’Auguste noir. Ces deux-là vont faire courir les foules parisiennes. Coqueluche de Montmartre dans le Paris de la Belle Epoque, Chocolat, comme plus tard Joséphine Baker, inspira Toulouse-Lautrec, se fit filmer par les frères Lumière et apparut dans les publicités de Félix Potin et du Bon Marché. Mais il rêvait d’autre chose : il en avait marre d’être le faire valoir d’un clown blanc et de se faire botter les fesses. Il gagnait un argent fou qu'il dépensait aussitôt dans le jeu et la compagnie des jolies femmes jusqu'à ce qu'il rencontre une jeune veuve (Clotilde Hesse) qui lui resta fidèle jusqu'à sa mort dans l'anonymat et le dénuement.

Points forts

- Omar Sy est génial dans le rôle du clown noir. Il en fait des tonnes pour montrer qu’il est un sauvage sans éducation comme on le pensait alors dans l’Occident très chrétien. Son partenaire, James Thierrée, ressemble de plus en plus, à 45 ans, à son fameux grand-père, Charlie Chaplin, et il en a toute l’envergure, dans un jeu subtil et intelligent. Leur duo vaut le déplacement.

- Roschsdy Zem a pu reconstituer le Paris de l’Exposition universelle de 1889 avec sa Tour Eiffel toute neuve et ses dizaines de palais sur les bords de Seine. Mais aussi ces zoos humains dans lesquels on considérait les Africains comme des bêtes.

- Le fond de l’histoire rappelle, comme on le voit, le colonialisme triomphant. Il était question d’apporter la civilisation aux autochtones. Quant à leur mode de vie, à leurs arts, on les découvrira bien après, quand ils auront chassé l'homme blanc.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 07/02/2016 - 17:02 - Signaler un abus article sympa

    sauf que la politique coloniale suprémaciste blanche était très radicale socialiste et franc-mac. Ces puissants buveurs d'absinthe et amateurs de putes n'entraient pas en contact direct avec ceux qu'on appelait les nègres, il laissait cela aux missionnaires, religieuses, plus tard Dr Schweitzer et autres pères blancs. Leurs racaille de descendants politiques refont l'histoire comme d'hab. Pour eux ce qui n'a pas changé c'est le cul et l'alcool. Ceux qui ont fréquenté les ONG occidentales en Afrique me comprendront.

  • Par Gré - 08/02/2016 - 14:10 - Signaler un abus Couvrons-nous la tête de cendres ...

    Il paraît que "Le fond de l’histoire rappelle, comme on le voit, le colonialisme triomphant. Il était question d’apporter la civilisation aux autochtones. Quant à leur mode de vie, à leurs arts, on les découvrira bien après, quand ils auront chassé l'homme blanc".------------------ Après avoir lu ça, je me demande vraiment bien quel masochisme pousse des Africains à venir vivre en Europe et à quitter un mode de vie si agréablement découvert. Pfff, quel bla-bla soixante-huitard !

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François Quenin pour Culture-Tops

François Quenin est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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