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Un contrepoids à l'OTAN à l'Est ? Quand l'Inde et le Pakistan envisagent de rejoindre l'Organisation de coopération de Shanghai

Alors que l'Organisation de Coopération de Shanghai réunit d'ores et déjà le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, la Chine ainsi que la Russie, l'Inde et le Pakistan ont fait part de leur volonté de rejoindre l'organisation à l'occasion d'un sommet ce week-end à Tachkent.

Géopolitique

Publié le - Mis à jour le 1 Juillet 2016

Dans quelle mesure de nouvelles arrivées au sein de l'OCS sont-elles susceptibles de diluer l'influence de la Chine dans l'organisation ? Les relations entre l'Inde et la Chine pourraient-elles, à l'inverse, renforcer Vladimir Poutine ? Pour quelles conséquences ?

Les discussions devraient être assez intéressantes car, à ma connaissance, la Chine s'est toujours opposée à l'arrivée de pays disposant d'autres qualités que celle de co-observateurs, et tout particulièrement à l'arrivée de l'Inde. Alors que, effectivement, le poids de la Russie et de l'Inde qui ont des rapports forts pourrait contrebalancer le poids de la Chine au sein de l'Organisation de coopération de Shanghai. L'Inde, si elle devient membre à part entière, nourrira des exigences qui compliqueraient la tâche de la Chine.

Il est probable que de son côté, la Chine cherche à jouer sur un axe avec le Pakistan pour équilibrer le tout.

La question qui se pose est donc de savoir si l'OCS continuera à fonctionner sur un plan très technique relatif aux échanges de données, ou si ses acteurs vont commencer à ne plus se montrer l'ensemble des cartes. Il existe d'ores et déjà des jeux de poker menteur et les renseignements sur les pénétrations musulmane – éventuellement terroriste – ou mongole – éventuellement terroriste – en Chine représentent des possibilités pour la Russie, le Pakistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan. Toute l'évolution dépend également des cultures : nous sommes là confrontés à un monde asiatique, dans lequel on ne prend pas d'engagement par écrits, à un monde slave qui s'est plus occidentalisé – le monde indien plus encore – ou les engagements écrits sont essentiels. Ces deux façons de travailler vont entrer en collision… plus les communiqués seront longs et détaillés, moins il est probable qu'il y ait d'accord.

 
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Jean-Vincent Brisset

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset est directeur de recherche à l’IRIS. Diplômé de l'Ecole supérieure de Guerre aérienne, il a écrit plusieurs ouvrages sur la Chine, et participe à la rubrique défense dans L’Année stratégique.

Il est l'auteur de Manuel de l'outil militaire, aux éditions Armand Colin (avril 2012)

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