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Les Constructifs face à leur destin : mais entre l’UDI, LaREM ou l’indépendance, comment ne pas faire le choix qui plombe ?

Pari risqué d'un côté et effacement de l'autre entre Jean-Christophe Lagarde et Emmanuel Macron, le cœur des constructifs balance. Leurs intérêts aussi.

Finis LR

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Les Constructifs face à leur destin : mais entre l’UDI, LaREM ou l’indépendance, comment ne pas faire le choix qui plombe ?

Atlantico : Les constructifs sont divisés. Une partie souhaite aller avec Jean Christophe Lagarde et une autre partie veut aller vers En Marche à la demande d'Emmanuel Macron. Qu'est-ce qu'ils ont de plus intérêt à faire ?

Bruno Jeudy : Cette division est logique, elle reflète les diverses origines des membres de ce groupe parlementaire créé après les législatives. Des centristes, des Républicains en rupture de banc, des élus de droite de divers horizons, et tous n'ont pas la même bienveillance avec Macron. Rien à voir entre un Thierry Solère qui vote le budget les yeux fermés et un Maurice Leroy ou un Courson qui sont beaucoup plus indépendants d'esprit et autonomes par rapport au président. Chacun voit midi à sa porte et donc il y a un risque d'explosion du groupe.

Les radicaux de droite sont entrain de se réunir aux radicaux de gauche, les UDI qui sont divisés entre les partisans de Jean-Christophe Lagarde et ceux d'Hervé Morin, et puis les Républicains autour de Franck Riester et Thierry Solère qui voudraient créer un parti "Les Constructifs". La seule solution serait de récréer une sorte d'UDF, un grand parti libéral de la droite libéré.

Jean Petaux : J’aurais, spontanément, tendance à répondre par une troisième solution : « Ils devraient rester groupés »… Lorsque votre groupe parlementaire est de 35 députés et qu’il se divise en deux fractions (2/3 – 1/3) différentes pour le vote de confiance au gouvernement « Philippe 2 » (23 abstentions et 12 voix « pour ») vous êtes non seulement structurellement faible mais potentiellement menacé d’éclatement. Pour autant, il en va de la force politique d’un groupe comme du classement dans un concours : tout est relatif. Avec 35 membres le groupe « Les Constructifs » figure au 4ème rang des groupes parlementaires. Les groupes LREM : 314 membres ; Les Républicains : 100 ; le MODEM : 47 précèdent le groupe « Les Constructifs », mais il est devant le groupe « Nouvelle Gauche » (qu’on pourrait appeler les « Naufragés du Solférino ») avec 31 membres suivis par les députés de la France Insoumise (17) ; ceux de la Gauche Démocrate et Républicaine (en fait le PCF) (16) et les 17 non-inscrits parmi lesquels les élus FN. « Les Constructifs » souffrent donc autant d’un manque de cohésion interne que d’un sous-effectif dont on voit, compte tenu de la fragmentation de l’Assemblée qu’il n’est pas si important que cela. Il reste que la différence avec les élus FI est flagrante. Les mélenchonistes sont totalement dans l’adoration du « grand maître », unis comme dans une secte et bien que seulement 17 ils occupent totalement l’espace politico-médiatique à grands renforts de « coups » mais aussi par une présence dans les débat parlementaires très « professionnelle » et constamment « mise en intrigue ». Adeptes du « story telling » les membres de FI racontent constamment de nouvelles histoires à la bête médiatique qui en redemande pour se nourrir de nouvelles fraiches tous les jours. La complaisance journalistique et l’assurance d’attirer l’auditeur ou le lecteur en relayant les sketches des députés de FI font le reste : « ça marche ». Face à cela les députés « Les Constructifs » apparaissent comme ternes, sérieux ou, tout simplement, n’apparaissent pas  du tout. Certains parmi eux sont de « bons clients » des plateaux télés des chaines d’infos en continu : Thierry Solère ; Franck Riester ; Laure de La Raudière, mais cela ne fait réellement pas une ligne politique. Cela aurait même tendance à en faire deux. La réalité est simple : composé de deux sous-groupes, entre les « dissidents » de LR et les membres de l’UDI, le groupe « Les Constructifs » est un agglomérat de deux entités qui n’ont pas coagulé ensemble. Même si leurs référentiels ne sont pas si différents que cela : europhiles, économiquement libéraux, socialement progressistes et sociétalement ouverts, les deux composantes des « Constructifs » sont surtout confrontées à des problèmes d’égo de leurs leaders putatifs. Se confondre avec l’UDI de Lagarde, lequel est sérieusement « dragué » par Bayrou et le MODEM, ou rejoindre « En Marche » pour obtempérer au souhait du président Macron (on sait ce qu’il en est de ce genre de « souhait » : il est préférable de s’y conformer…) : dans les deux cas c’est se condamner à une forme de fusion absorption qui équivaudra, à plus ou moins court terme, à disparaitre en tant qu’entité autonome.

 
Commentaires

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  • Par Salgado - 06/10/2017 - 10:44 - Signaler un abus Parfait

    La bonne vieille poilitique des partis style 4° republique.

  • Par Yves3531 - 07/10/2017 - 08:29 - Signaler un abus Honnêtement, les girouettes on s’en tape ...

    Point...

  • Par l'enclume - 07/10/2017 - 11:42 - Signaler un abus Traître tu es, traître tu resteras

    Ces mecs sont les dignes successeurs de leurs ancêtre Giscard d'Estaing, D'Ornano et Poniatowsky qui ont trahi de Gaulle lors du référendum de 1969.

  • Par l'enclume - 07/10/2017 - 11:43 - Signaler un abus Traître tu es, traître tu resteras

    Ces mecs sont les dignes successeurs de leurs ancêtre Giscard d'Estaing, D'Ornano et Poniatowsky qui ont trahi de Gaulle lors du référendum de 1969.

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Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, grande école dont il est depuis 27 ans le directeur de la Communication et des Relations extérieures. Auteur d’une dizaine d’ouvrages,  il dirige aux éditions « Le Bord de l’Eau » la collection « Territoires du politique » et y a publié en avril 2017 un livre d’entretiens avec Michel Sainte-Marie, ancien député-maire de Mérignac  intitulé « Paroles politiques ».  Parmi ses publications antérieures il a  codirigé aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

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Bruno Jeudy

Bruno Jeudy est rédacteur en chef Politique et Économie chez Paris Match. Spécialiste de la droite, il est notamment le co-auteur du livre Le Coup monté, avec Carole Barjon.

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