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Les constructeurs automobiles français contrattaquent pour résister aux ambitions des GAFA

Les grandes marques françaises réalisent désormais des ventes mondiales qui vont les mettre en capacité de relever le défi de l’autonomie digitale.

Atlantico Business

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Les constructeurs automobiles français contrattaquent pour résister aux ambitions des GAFA

« Le vrai enjeu de l’automobile française n’est pas de grossir pour le plaisir mais d’être en mesure de rentrer dans le club mondial de ceux qui fabriqueront la voiture électrique autonome ». Cette ambition est au cœur de la stratégie des deux grands groupes français : Renault et Peugeot.

Les chiffres des ventes records réalisés en 2016 et 2017 sont très intéressants. Ils prouvent que les deux groupes français ont su prendre le vent de la mondialisation. Les ventes en France sont très importantes certes, mais la performance est beaucoup plus significative à l‘étranger.

C’est vrai pour Peugeot qui est en Europe de l’Est et en Chine, même si le marché chinois s’avère plus difficile que prévu pour toutes les marques étrangères.  

C’est vrai pour le groupe Renault, Renault qui n’a jamais autant vendu de voitures qu’en 2016. Sachant que Renault est allié à Nissan qui connaît les mêmes progressions. Les ventes sont en partie tirées par la marque Lada en Russie, par l’Iran et d’autres émergents comme le Brésil, où l’entreprise possède des usines. Le seul bémol au tableau est la Chine où le marché s’avère encore compliqué à dompter par les marques occidentales, mais la plupart sont en couple avec des opérateurs chinois, donc les risques sont partagés.

Globalement, toutes ces performances prouvent que les constructeurs français se sont bien redressés. Quand on se souvient de l’état dans lequel étaient les groupes automobiles français au cœur de la crise il y a dix ans. A l’époque, Renault et Peugeot étaient au bord de la faillite. L’Etat français a du intervenir et la famille Peugeot a modifié la gouvernance du groupe au profit d’une gouvernance à trois avec l’Etat et des actionnaires chinois.

La réorganisation des gouvernances et la restructuration financière des deux groupes ont donc été efficaces. La compétitivité prix est meilleure mais l’offre produit a été complètement rénovée pour se hisser pratiquement à la hauteur de la concurrence allemande. Mieux, il se sont mis en ordre de marche pour assumer les normes écologiques, se désengager du diesel et se préparer à l’électricité.

Alors, ce qui va être très intéressant à observer à l’avenir, c’est la façon les constructeurs vont assumer la révolution digitale. Parce que les véritables concurrents des marques automobiles pourraient être dans un proche avenir les grands fournisseurs d’équipements digitaux.

Dans la chaîne de valeur d’une automobile, la composante digitale, électronique, est de plus en plus importante. Les automatismes, les équipements, l’intelligence artificielle qui va prendre place dans l’automobile vont être de plus en plus lourds (plus de 50%). A tel point que Microsoft ou Google aurait presque intérêt à sortir des voitures sous leurs marques. Ils en  fabriquent d’ailleurs des prototypes à titres expérimentaux.

 
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  • Par Deneziere - 18/01/2018 - 07:15 - Signaler un abus Moui...pas perdu, mais pas gagné non plus

    C’est vrai qu’ils se sont plus ou moins réveillés. Mais ils ont un avantage comparatif faible, un net déficit culturel, et ils restent passablement arrogants. Quant à s’imaginer qu’il suffit d’aller montrer ses cartes de visite au CES pour avoir un brevet de « digitalitude », ça, c’est du macronisme tout craché.

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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