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Les conglomérats du Web peuvent-ils faire plier les Etats ?

Internet a consacré l'émergence de nouveaux acteurs sur l'échiquier politique mondial : les conglomérats. Mais ces derniers peuvent-ils faire fi de la souveraineté des Etats ? David Lacombled décrypte le phénomène. Extrait de "Digital citizen : Manifeste pour une citoyenneté numérique" (2/2).

Bonnes feuilles

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On le voit avec Google, Internet a consacré l’émergence de nouveaux acteurs sur l’échiquier de la politique internationale : les conglomérats. Ces conglomérats auront-ils à l’avenir les pleins pouvoirs de faire fi de la souveraineté des Etats ? En l’occurrence, dans le cas de l’Egypte, ce fut un bienfait puisque Google a aidé les Egyptiens à se libérer du joug d’un régime illégitime. Mais l’effet de cette nouvelle puissance peut aussi se révéler dans certains cas moins positif. Car à travers ce pouvoir démiurgique de faire ou de défaire les réseaux d’un pays, les conglomérats se révèlent sur ce point plus puissants que les États eux-mêmes.

Une situation inédite et qui soulève quelques critiques. En cause, la domination américaine sur le Net pointée du doigt par certains pays. Selon eux, les Etats-Unis imposeraient, via un discours sur la liberté, la vision occidentale du progrès de la démocratie du développement. C’est ce qui a fait notamment réagir violemment la Chine et même - plus pacifiquement - la Russie qui a pris la décision de se doter de son propre réseau… On reconnaît là, les prolongements de la thèse de l’échange inégal développée par Bourdieu et Wacquant où « un seul pays dans l’histoire est en situation d’imposer son point de vue au monde »

Évangélisme technologique ou nouvel impérialisme?

La domination de la technologie américaine sur Internet est indéniable. Les Etats-Unis possèdent et fournissent actuellement les outils utilisés dans le Monde entier. Il n’en demeure pas moins vrai que Twitter ou Facebook, s’ils veulent conserver leur image de village global, se doivent de rester dans leur rôle de simples instruments de communication sans épouser une quelconque visée idéologique. Et bien que certains s’ingénient à les dépeindre comme des instruments de la domination de l’Occident, c’est tout à fait contraire à l’esprit de leurs fondateurs.

Cependant, même aux Etats-Unis, certains professeurs s’insurgent contre la domination du Web par des géants mus par la recherche du profit. Robert Darnton, Professeur à Harvard et directeur de la Bibliothèque de Harvard, qui fait campagne depuis peu pour la création d’une bibliothèque numérique américaine qui soit publique - au sens français du terme – appelle de ses vœux un autre modelé, non générateur de profit, pour classer les connaissances mondiales. Une initiative qui peut être mise en parallèle avec celle d’un ancien Directeur de la BNF, Jean-Noël Jeanneney, qui, dès 2005 a fait campagne pour la création d’une bibliothèque numérique européenne, (Europeana) propre a concurrencer Google. Selon lui, un Etat à le devoir d’archiver tout ce qui circule sur la toile faute de quoi « nos descendants auront grand peine à comprendre par exemple la victoire d’Obama en 2008 ».

[...]

En tout état de cause, le plus grand nombre de dirigeants s’accordent sur la nécessité de laisser un Internet organisé et classé et le moins dangereux possible aux générations futures.

Devant la démultiplication des acteurs sur le Net aux desseins incertains, certains Etats prônent la création d’un ensemble de règles afin de canaliser et de réguler les réseaux.

 
Commentaires

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  • Par warren11 - 31/03/2013 - 10:57 - Signaler un abus Bidon..je crois

    Comme pour l'immobilier en son temps, la valeur des principaux sites WEB,n'est en rien intrinsèque aux services que ces sites proposent, mais à l'estimation qualitative quantitative de l'audience qu'on leur prête.Un minimum de législation sur leurs pratiques ferait déà retombé le soufflé,et permettre à de vrais prestataires de services ou industriels d'émerger. Personne ne le veut à ce jour, ce qui explique que l'on s'extasie devant n'importe qu'elle prestation de service WEB souvent redondante, créatrice effectivement d'emplois( 100m2 40 plateaux bureaux et un prise téléphonique,soit déjà aucune valeur ajoutée d'infrastructure, donc pas de sous traitance active autour comme les sites industriels, et un trading sauvage au près d'industriels sous-traitants dont on passe la journée via le Web à leur tondre la dernière laine des moutons qu'ils sont devenus( conf Vente pr....et confrères)

  • Par iznogoud - 01/04/2013 - 10:51 - Signaler un abus Belle propagande étatiste....

    "même les plus libéraux reconnaissaient qu’un peu de régulation serait nécessaire" : HEIN ?!?!?!? Un VRAI libéral REFUSE toute régulation ! Donc, par définition cette affirmation est un oxymore.... "tous les dirigeants présents se sont accordés sur la nécessité d’une forme de régulation plus ou moins encadrée" : aAAAaAAahhHHhh ! OK... C'est plus clair : les gouvernants cherchent des solutions pour conserver leurs pouvoir, ils veulent éviter à tout prix qu'on démontre qu'Internet fonctionne mieux en totale liberté !

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David Lacombled

David Lacombled est journaliste de formation. Après ses missions gouvernementales comme chargé de cabinet entre 1993 et 1995, il devient consultant et fonde en 1997 la Société européenne de conseil et de communication, Orange bleue. Il est aujourd'hui directeur délégué à la stratégie des contenus du Groupe Orange. En mars 2013, il a publié Digital Citizen, manifeste pour une citoyenneté numérique chez Plon.

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