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Le conflit syrien, épicentre
des affrontements communautaires
au Moyen-Orient

Les aspirations démocratiques de la population syrienne sont-elles étouffées par les enjeux communautaires à l’échelle de la région entre sunnisme et chiisme ? Les acteurs syriens semblent dépossédés de leur libre-arbitre, tant le poids des parrains étrangers, comme l'Iran, est devenu crucial.

Conflit multi-facettes

Publié le 2 août 2012
 
De violents combats entre l'Armée syrienne libre (ASL) et les troupes de Bachar el-Assad ont lieu ce mercredi à Alep. La capitale économique du pays est devenue le front principal du pays.

De violents combats entre l'Armée syrienne libre (ASL) et les troupes de Bachar el-Assad ont lieu ce mercredi à Alep. La capitale économique du pays est devenue le front principal du pays.  Crédit Reuters

"Le régime bénéficie de l’appui des minorités ». Cette affirmation de Mgr Jeanbart, archevêque melkite (grec-catholique) d’Alep, définit-elle l’enjeu du conflit en cours en Syrie ? En bref, les aspirations démocratiques de la population syrienne, dans la foulée des Printemps arabes, sont-elles désormais totalement étouffées par les enjeux communautaires ? Comme pour les alaouites (10 % des 22 millions de Syriens), ismaéliens, druzes (3%), chiites du pays, les chrétiens (entre 7 et 10 % de la population syrienne) souhaitent-ils le maintien du régime de Bachar al-Assad, au risque de devoir payer cher un tel choix en cas de chute du pouvoir actuel ?

On le voit, les Printemps arabes ont abouti à des résultats radicalement différents en fonction de la nature des sociétés concernées. Les sociétés qui connaissent une segmentation communautaire, qu’elle soit confessionnelle ou éthnique, voient la transition poser la question de l’Etat et des rapports entre communautés. Selon la formule très juste de Michel Seurat, l’Etat, au Moyen-Orient, est d’abord une ‘asabiyya (esprit de corps, solidarités familiales, claniques et régionales) qui a réussi. On ne doit jamais oublier que, en Syrie comme en Irak d’avant la chute de Saddam Hussein, le confessionnalisme avance toujours masqué. C’est-à-dire qu’il est rarement revendiqué en tant que tel. Il est d’abord la conséquence de solidarités locales. Ce sont elles qui rappellent à votre bon souvenir votre appartenance confessionnelle, au cas où vous seriez tenté de vous en dégager.

En Syrie comme en Irak, la légitimité des Etats, créations coloniales, demeure problématique. Lorsque les Américains ont mis à bas le régime de Saddam Hussein en 2003, ils ont mis fin à un système politique fondé en 1920 par les Britanniques, qui assurait le monopole du pouvoir à des élites issues de la minorité arabe sunnite du pays (environ 20% de la population irakienne). Le nouvel Etat irakien, sous patronage américain, s’est péniblement bâti avec les exclus de l’ancien système (les Kurdes et, surtout, les chiites). Cet attelage branlant chiito-kurde est aujourd’hui remis en cause. Des raisons internes (l’absence de projet commun) l’expliquent.

Mais les Printemps arabes et leurs conséquences, notamment en Syrie, ont aussi sonné l’heure de la revanche pour les Arabes sunnites. Revanche face à des communautés chiites qui, au Liban, en Irak, à Bahreïn, avaient partout entamé des marches d’émancipation politiques et sociales, dans des sociétés où elles étaient traditionnellement dominées politiquement et socialement (ce qui n’empêchait pas les bourgeoisies chiites de prospérer). L’enjeu communautaire syrien est directement lié à un enjeu régional de taille : ce qu’on nomme, par facilité, les islamismes (en fait, la manifestation moderne de l’islam) n’a pas rapproché sunnites et chiites, bien au contraire. C’est au nom de la solidarité confessionnelle que les Frères musulmans syriens ont soutenu la guerre de huit années déclenchée en 1980 par le régime « laïc » de Saddam Hussein contre la jeune République islamique d’Iran. Les islamismes ont exacerbé les identités confessionnelles (il suffit de se rendre à Bagdad pour en avoir une illustration terrifiante).

 
Commentaires

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  • Par Adonis - 03/08/2012 - 07:46 - Signaler un abus Ce n'est pas encore un clivage sunnite chiite

    Le clivage en Syrie n'est pas encore sunnite-chiite, le chair de canon de l'armée d'Assad sont les sunnites même si la majorité des officiers opérationnels sont alaouites.
    Si tous les sunnies étaient contre Assad il aurait déjà perdu cette guerre, comment faire face à plus de 70% de la population depuis 17 mois sinon ?
    Ces clivages existent mais la réalité du terrain est loin d'être si simple.

  • Par HdT - 02/08/2012 - 20:15 - Signaler un abus à FLOGO

    Je n'aime pas les mahométants, ce qui peut être différent d'être arabe. C'est là toute la différence. Il m'est impossible d'accepter une culture qui n'en accepte et n'en respecte aucune autre. Mes origines personnelles n'ont jamais croisé d'Arabes en nombre pouvant laisser croire qu'ils ont été d'un quelconque apport particulier. Vous êtes omnibulé par votre trouille de finir une lame en travers du cou en guise de pendentif, il y a bien des mois que je lis vos réactions et ceux de quelques autres sur ce forum pour comprendre sans effort ce que vous êtes: un double discours trempé de sueur capable de renier le jambon.

  • Par flogo - 02/08/2012 - 15:13 - Signaler un abus HdT : bof !

    Les chiffres arabes sont les dix chiffres (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 0[1]) et le système d'écriture décimale positionnelle qui les accompagne. Ils ont été inventés en Inde. Leur existence est mentionnée en Syrie, au milieu du VIIe siècle par l'évêque Sévère Sebokt[2]. Ils sont empruntés par la civilisation musulmane à partir du IXe siècle
    *****
    Par ailleurs, on sent bien le goût de fruit !
    Vous n'aimez pas les arabes...
    Pourtant vous leur devez beaucoup dans les civilisations ... passées!
    Vous devriez élargir votre ...culture!

  • Par carly - 02/08/2012 - 12:27 - Signaler un abus LES ISLAMISTES VEULENT LE POUVOIR EN SYRIE

    Les Pays occidentaux sauf la Russie et la Chine, continuent de défendre les insurgés et veulent que Barchar quitte le pouvoir. Ces insurgés se battent contre l'armée Syrienne sous prétexte d'être libre. Ils nous prennent tous pour des imbéciles !??. 90% des insurgés que je vois à la télévision, ont tous de la barbe (chercher l'erreur). Si Barchar capitule, ce sont encore les islamistes (les insurgés) qui auront le pouvoir en Syrie!. L'Egypte, la Tunisie, la Libye ; c'était les même prétextes "La Liberté". Aujourd'hui tous ces pays sont dirigés par la RELIGION MULSUMANE!!!. C'est ça vouloir être libre!?.

  • Par HdT - 02/08/2012 - 11:36 - Signaler un abus Laissons-les jouer dans leur grand bac à sable

    Au milieu de tous ces conflits et crises sans fin des Proche et Moyen-Orient, un acteur et facteur commun: l'islam. Exactement comme dans tous les lieux où cet anachronisme s'installe et se développe. Pas besoin d'être chercheur au CNRS pour le voir, il suffit d'y avoir vécu pendant des années, d'y comprendre langage et dialectes sans jamais l'avoir fait savoir ou encore plus simplement pour le pékin moyen de se souvenir des titres récurrents de ses cinquantes dernières années des journaux télévisés et autres presses. Au fait, c'est quoi le dernier modèle d'avion mis au point par ces rétrogrades? Les dernières prouesses médicales? Les dernières découvertes? Les dernières avancées en quoi que ce soit? Ah oui c'est vrai, des ATTALI et autres DEBOUZZE nous expliquent que les musulmans étaient là avant tous les autres, même en Gaule... Gaule pourtant née quelques siècles avant Momo le Prophète. Le comble, c'est que des c... en sont convaincus et écoutent de leurs grandes oreilles d'ânes. Rome bâtissait depuis fort longtemps que les chiffres arabes n'étaient pas connu du Monde Romain. Ils ne nous ont rien apporté à part leur désir de conquête et de mise en esclavage.

Pierre-Jean Luizard

Directeur de recherche au CNRS au sein du Groupe sociétés, religions, laïcités.

Spécialiste du Moyen-Orient, il a séjourné en Irak, au Liban, en Syrie, dans le Golfe et en Egypte.

 

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