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"Confident royal" : Stephen Frears au top, et c'est pas peu dire...

Atlanti-culture

Publié le
"Confident royal" : Stephen Frears au top, et c'est pas peu dire...

CINEMA

Confident royal

De Stephen Frears

Avec Judi Dench, Ali Fazal, Michael Gambon, Olivia Williams, Eddie Izzard

RECOMMANDATION

EN PRIORITE

THEME

Rien ne destinait Abdul Karim, petit employé indien musulman à devenir le confident de la reine Victoria. En 1887, il est distingué pour sa grande taille par l’occupant britannique dans le but d'apporter un présent à la reine, impératrice des Indes, pour ses 50 ans de règne. Il fait le voyage avec un coreligionnaire, un petit gros qui n’a pas sa prestance. Et les voilà propulsés dans les fastes d’une fête royale. C’est là que la vieille reine, 81 ans, qui n’a rien perdu de son coup d’œil en ce qui concerne les hommes beaux, remarque le jeune Abdul Karim, 24 ans.

La suite est comme un conte de fée traversé d’orages jusqu’au décès de la reine en 1901.

POINTS FORTS

- Les fastes de la cour d’Angleterre, Stephen Frears en avait façonné de fortes images pour « The Queen » (2006). Là, il se surpasse. Le premier dîner de gala de « Confident royal » est extraordinaire. Il y a autant d’invités assis que de domestiques debout, sans compter ceux qui sont préposés au service des plats et des alcools. Ce qui n’empêche pas la reine (Judi Dench), parfaitement insensible à tout ce tra la la, de s’assoupir.

- Le spectateur visite les magnifiques domaines, ouverts au cinéaste, qui abritaient la vie privée de la souveraine, le château de Windsor, Balmoral en Écosse et Osborne House sur l’île de Wight. Mais aussi Glassat Shiel, retraite aménagée par son mari, le prince Albert, trop tôt disparu, que la reine avait choisi quand elle voulait s’isoler de ses courtisans. Elle y allait, après la mort de son mari, avec son serviteur et ami John Brown. Et, bien sûr, à la fin de sa vie, avec Abdul Karim.

- Judi Dench est royale… Elle fait partie des actrices favorites de Stephen Frears qui l’avait engagé pour « Mrs Henderson presents » et «  Philomena ». Elle avait incarné la reine Victoria plus jeune dans « La dame de Windsor » de John Madden. Elle impose une autorité que nul, dans cette histoire, ne songe à contester ouvertement. En revanche, les intrigues de couloirs vont bon train.

- Stephen Frears a toujours dénoncé dans ses films l’intolérance, la bêtise, le racisme. À travers cette amitié entre une reine chrétienne et son serviteur musulman, il enfonce le clou. Cette Victoria qui apparaît si rigide dans l’Histoire semble prête à tout entendre et tout connaître de ce monde méconnu, l’Inde, qu’elle ne peut pas visiter à cause d’une fatwa prononcée contre elle.

POINTS FAIBLES

On regrettera peut-être que cette histoire vraie soit traitée comme une romance. Certes « Confident royal » n’est qu’un divertissement, quoique de grande qualité. Il révèle toutefois un moment de la vie d'une fameuse souveraine longtemps tenu secret par nos amis anglais si réservés.

 
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François Quenin pour Culture-Tops

François Quenin est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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