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La Confédération proposée par Valéry Giscard d’Estaing pour relancer l’Europe peut-elle rencontrer plus d’adhésion ailleurs dans l’Union que les projets d’Emmanuel Macron ?

Dans les colonnes de L'Opinion, l'ancien président, Valéry Giscard d'Estaing, plaide en faveur d'une Confédération européenne, organisée autour du noyau dur européen. L'objectif : retrouver du leadership en Europe, notamment par le biais d'une convergence fiscale et et sociale.

Nouvelle Europe

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La Confédération proposée par Valéry Giscard d’Estaing pour relancer l’Europe peut-elle rencontrer plus d’adhésion ailleurs dans l’Union que les projets d’Emmanuel Macron ?

 Crédit EMMANUEL DUNAND / AFP

Atlantico : Dans une interview à L'Opinion, Valéry Giscard d'Estaing évoque "un groupe d'États qui accepteront de se dessaisir d'un certain nombre de compétences pour les confier à des organisations communes qui agiront pour leur compte".

Il plaide pour que les pays qui intègrent la confédération soient les nations fondatrices de la Communauté européenne : l'Allemagne et la France, rejoints par l'Italie et le Benelux, l'Espagne et le Portugal. Est-ce une idée, dans son ensemble, qui vous paraît réaliste ?

Florent Parmentier : Le terme de « confédération européenne » n’est pas nouveau dans les débats européens en France : on se souvient notamment de la proposition de François Mitterrand lors de sa cérémonie de vœux du 31 décembre 1989. A l’époque, l’idée est d’assurer la stabilité du continent, afin de permettre les échanges, la paix et la sécurité sur le continent européen. Mal ficelé, le projet était mort-né suite aux pressions américaines, au recul allemand et aux réticences centre-européennes, la Mitteleuropa craignant que cette opération ne serve qu’à retarder un élargissement qu’elle souhaitait rapide.

Naturellement, les débats ont depuis grandement évolué, puisque l’élargissement a été l’horizon indépassable des années 1990 et 2000, concentrant une bonne partie de l’attention des observateurs. La tension mainte fois relevée entre les dynamiques d’élargissement et d’approfondissement de l’Europe, autre débat en vogue jusqu’aux années 2000, est également derrière nous. Au-delà de la fin de l’élargissement, la question est également celle du reflux de l’Etat de droit en Europe Centrale, avec l’érosion des institutions en Pologne et en Hongrie, mais également au-delà. Cette nouvelle géographie politique interne, couplée au reflux de l’Europe au niveau international, amènent les Européens à douter de leur modèle.

Telle que présentée par VGE, la confédération est un mélange d’Europe carolingienne autour d’une vision française : elle revient à conserver les six fondateurs, auxquels s’ajoutent deux Etats méditerranéens, l’Espagne et le Portugal. Quid des pays d’Europe du Nord, dont certains respectent mieux les directives européennes que la France ? Tous les Etats font partie de la zone euro, mais que faire des Etats utilisant l’euro et qui ne seraient pas membre de la confédération – la Slovaquie, la Grèce… ? Comment couper l’Allemagne de deux de ses proches voisins, l’Autriche et la Pologne ?

Et enfin, demeure une question de fond : pour faire avancer l’Europe, doit-on s’appuyer sur un noyau dur – le même – ou une Europe à géométrie variable, en fonction des sujets – ce qui peut faire perdre en cohérence. Le débat en Europe est loin d’être tranché…

VGE propose de débuter cette confédération par un "système appliqué en commun" en ce qui concerne la fiscalité, à la fois des entreprises et de l’impôt sur le revenu. Quelles sont les limites actuelles à ce principe d'une fiscalité commune aux pays de cette confédération ?

L’idée d’une convergence fiscale n’est pas nouvelle, mais elle ne peut vraisemblablement pas de se réaliser selon le modèle français. Un certain nombre d’Etats vont s’estimer plus avantagé dans une compétition fiscale, quitte à distordre des règles de concurrences et à accueillir des géants du net américain dont la capacité à contourner la fiscalité européenne est forte.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 13/04/2018 - 10:20 - Signaler un abus Dans confédération, j’entends...

    « Fédération »...VGE est le premier Président gauchiste qui a livré la France à la finance internationaliste alliée à la gauche archaïque...décrédibilisé totalement!

  • Par Deudeuche - 13/04/2018 - 11:14 - Signaler un abus Il suffit d’attendre la démographie aidant

    La fin des Européens de souche et le problème sera réglé.

  • Par Ganesha - 13/04/2018 - 11:24 - Signaler un abus Vice fondamental

    Tout comme l'aventure hitlérienne était condamnée dès le départ par un ''vice fondamental'' : la croyance dans une hiérarchie des races, le système européen actuel va exploser à très court terme, s'il ne renonce pas à la ''Concurrence Libre et Non-Faussée'' !

  • Par philippe de commynes - 13/04/2018 - 11:59 - Signaler un abus Einstein

    disait que la définition de la folie, c'est de refaire toujours la même chose, et d'attendre des résultats différents. En voilà une illustration archicaricaturale : tout ce qui a été fait dans le sens d'une Europe fédérale depuis le début des années 90 ( ou dit autrement dans le sens de l"approfondissement") a abouti à des catastrophes (en premier lieu l'euro, si aujourd'hui on peut débattre de comment sortir l'europe du pétrin dans lequel elle s'est mise en l'adoptant, la solution de la fin de l'euro n'étant pas forcément la meilleure, il est indéniable que cela aura été un désastre pour l'Europe du sud, et même la france, il suffit de voir l'état de notre industrie), réaction de gens tel que VGE : c'est pas grave, on a qu'à réessayer, ca finira bien par marcher un jour ...

  • Par gerint - 13/04/2018 - 15:57 - Signaler un abus Pour ma part je ne veux pas de convergence sociale ni fiscale

    Chaque pays a des conceptions différentes et les leviers ne doivent pas être utilisés partout de la même façon. Il y a notamment des différences fortes entre les Anglo-Saxons et les Latins, entre L'Allemagne et la plupart des autres pays (surtout ceux du Sud, et aussi la France).

  • Par Deudeuche - 13/04/2018 - 19:59 - Signaler un abus On passerait de l’union à la confédération

    Un truc pour sudistes...Européens bien sûr.

  • Par Anouman - 13/04/2018 - 21:32 - Signaler un abus Avenir

    Pierre Dac disait dans un sketch: Monsieur a son avenir devant lui et à chaque fois qu'il se retournera il l'aura dans le dos. L'Europe de Maastricht c'est exactement le contraire.

  • Par GP13 - 14/04/2018 - 10:57 - Signaler un abus L'abaissement de la France n'est pas la solution.

    Il faudrait toujours renoncer à la souveraineté de la France pour que ce pays retrouve son dynamisme et son influence en Europe et dans le monde. Qui peut croire que ça pourrait marcher ?

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Florent Parmentier

Florent Parmentier est maître de conférences à Sciences Po et chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC. Il a récemment publié, aux Presses de Sciences Po, Les chemins de l’Etat de droit, la voie étroite des pays entre Europe et Russie. Il est le créateur avec Cyrille Bret du blog Eurasia Prospective et est vice-président de Global Variations, un think tank travaillant sur les effets géostratégiques des innovations disruptives.

Pour le suivre sur Twitter : @FlorentParmenti

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