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Concours de libéralisme à la primaire de droite : attention, mot piégé !

On n’entend plus que ça. Pour en dire du bien ou du mal. Trop c’est trop.

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Il était en colère Henri Guaino au micro de France Info. "Marre d’entendre parler sans arrêt du libéralisme". Sur ce point, et sans aucunement partager ses nostalgies gaulliennes, on ne peut que lui donner raison. Le libéralisme ? Une machine monstrueuse conçue pour permettre au loup capitaliste de dévorer les agneaux du prolétariat, crient les syndicats et la gauche de la gauche.

Le libéralisme ? Une panacée qui permet de remettre sur pied une économie délabrée par la crise, dit le MEDEF et la droite où ils sont de plus en plus nombreux à se dire "libéraux".

Bof ! Combien peut-on manger de tartes à la crème sans en avoir une indigestion ? La flexibilité de l’emploi, la dégressivité des allocations chômages, la baisse des retraites, la fin des régimes spéciaux… C’est ça qu’on veut ? C’est ça qu’on entend combattre ? Tel qu’il est présenté, ou caricaturé, le libéralisme ne serait pas autre chose qu’une technique d’ajustement économique.

Comment peut-on réduire le débat nécessaire sur la crise de la France (crise morale, crise idéologique, crise identitaire) à une histoire de cotisations ou de points d’indice ? Ceux qui se réclament, un peu trop bruyamment, du libéralisme sont tombés dans le piège tendu par leurs adversaires. Ils oublient que le mot "libéralisme", dans la période récente, a été remis au goût du jour par la gauche extrême ou paléolithique.

Contre Margaret Thatcher, affreuse "libérale", qui brutalement, mais à juste titre, cassa la grève des mineurs anglais pour fermer enfin les charbonnages britanniques, un gouffre financier. Contre Ronald Reagan autre abominable "libéral" qui dérégula à tout va pour laisser toute liberté à la main invisible du marché. Contre le social-démocrate Gerhard Schröder qui réforma l’Allemagne et aujourd’hui elle s’en porte bien. Contre le "social-traître" Tony Blair. Et maintenant chez nous contre le "social-libéral" Manuel Valls.

Les libéraux français, c’est-à-dire pour l’essentiel la droite et le centre, feraient bien de réfléchir avant de se vautrer dans les chiffres et les statistiques. Ça c’est le travail du MEDEF et il n’a sans doute pas tort de le faire. La réforme du code du travail est une affaire d’experts, d’économistes et de techniciens. Elle ne vaut pas un grand débat national voulu d’ailleurs par la gauche de la gauche. Le salut est à chercher dans les livres.

Ceux écrits par deux vraies icônes du libéralisme, les penseurs (pas des économistes !) Alexis de Tocqueville et Raymond Aron. Il y a chez Tocqueville dans sa De la démocratie en Amérique une analyse fascinante des ressorts des sociétés modernes, une réflexion profonde sur la liberté et les passions des hommes. Et chez Aron une éblouissante interrogation sur le monde et sur l’Histoire. C’est de lui qu’est cette phrase superbe : "le problème de Valéry Giscard d’Estaing c’est qu’il ne sait pas que l’Histoire est tragique". Une autre citation pour conclure. Elle est de De Gaulle (non, je ne cherche pas à faire plaisir à Henri Guaino) : "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille*".

*La corbeille était l’endroit où se rassemblaient à la Bourse les agents de change.

 

 
Commentaires

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  • Par Benvoyons - 26/02/2016 - 09:59 - Signaler un abus De Gaulle naissance en 1890 mort en 1970

    Que dirait De Gaulle avec une naissance en 1936 universitaire en 1956 mort début 2016 :)::)) Franchement la phrase d'un moment n'a aucune profondeur après 60 ans d'économie :)::)) Les nostalgiques de De Gaulle pour ses phrases rejoignent en fait les nostalgiques qui étaient contre les pensées de De Gaulle à son époque :)::)) Dire il faudrait pour la France un homme politique de sa stature est intéressant et juste mais dire qu'il faudrait refaire ce que DE Gaulle a fait à son époque est une immense connerie. D'ailleurs lui même dirait messieurs il faut faire ce qu'il est nécessaire de faire avec les ingrédients du moment. De Gaulle n'a utilisé que les éléments du moment coordonnés autrement :)::))

  • Par cloette - 26/02/2016 - 11:15 - Signaler un abus Les principes du libéralisme economique

    datent de la fin du 19 eme siècle , mais le monde a changé ( et c'est récent ) . Personne ne sait ce qui va surgir de la mue .

  • Par Cervières - 26/02/2016 - 15:56 - Signaler un abus De Gaulle...

    n'était pas un libéral mais surtout un pragmatique. Son conseiller économique était Jacques Rueff, l'un des meilleurs économistes libéraux au Monde (pas très aimé en France pour avoir salement bousculer Sir Keynes de vingt ans son ainé).

  • Par Benvoyons - 26/02/2016 - 17:52 - Signaler un abus cloette - 26/02/2016 - 11:15 Tous les économistes qui veulent

    diriger l'économie avec leurs pensées se sont trompés. Personne n'a réussi encore à plier l'économie avec 7 milliards de pensées différentes. C'est pour cela que le Libéralisme a des beaux jours devant lui car c'est la seule pensée non fermée à l'évolution et même sa vie est l'évolution permanente des individus. Donc qui ne cherche aucunement à plier 7 milliards d'individus avec un seul mode et solution de fonctionnement.

  • Par Texas - 26/02/2016 - 19:58 - Signaler un abus Et pourtant

    ...ce ne sont pas les penseurs Libéraux qui manquent . De Tocqueville et Rueff qui viennent d' être cités en passant par Bastiat , Hayek...etc . Un site de référence pour ceux qui aimeraient s' endormir moins stupide : www.wikiberal .org . Ou l' on y apprend que la Liberté est plus importante que l' économie .

  • Par cloette - 26/02/2016 - 20:59 - Signaler un abus Benvoyons, la main invisible

    Benvoyons, la main invisible des marchés est sympathique, elle fait que les intérêts individuels (donc la liberté de chacun ) convergent vers l'intérêt général, et c'est vrai ,c'est le libéralisme, mais à présent la financiarisation de l'économie produit des crises boursieres bancaires monétaires...les marchés financiers n'ont plus de rapport avec l'économie réelle la production, la consommation ,ils peuvent doper l'économie mais faire pas mal de dégâts et on voit bien en ce moment qu'il n'y a plus de croissance (voir lexinter.net "logique des marchés financiers")

  • Par Benvoyons - 27/02/2016 - 09:42 - Signaler un abus cloette - 26/02/2016 - 20:59 Tu es toi tu es libre tu fais

    tout pour ne pas être malade et pourtant il t'arrive d'être malade :)::)) Personne n'a réussi à contraindre la Mer (économie) pour qu'elle reste juste à l'endroit ou tu veux qu'elle soit. Mais la masse des courants froids et chauds les températures extérieures , des tremblements de terre etc... modélisent des phénomènes ou l'humain ne fait que subir. Mais cela retombe et la Mer redevient utilisable par l'humain avec des bateaux etc...:)::))

  • Par Ganesha - 27/02/2016 - 10:17 - Signaler un abus Casse-pieds

    Ces jours-ci on nous parle des élections en Irlande, pays où les statistiques du chômage ont magnifiquement baissé, mais où la pauvreté touche désormais 30 % de la population ! On a ''résolu'' le problème en créant des travailleurs pauvres ! Les vieux fous qui viennent ici nous faire la promotion du ''Libéralisme Intégriste'', sont des rêveurs en chambre qui fantasment sur des combats de ''Tyrannosaures Rex'' entre Google, Microsoft et Amazon ! Ils ressassent perpétuellement les souvenirs leur jeunesse dans les ''Trente Glorieuses'', mais celles-ci étaient de la Social-Démocratie, avec contrôle étatique et volonté d'égalitarisme. Exactement le contraire du Libéralisme. Je sais bien que je suis ''casse-pieds'', mais la seule solution ''humaine'' qui s'offre aujourd'hui à nous, c'est le Revenu de Base !

  • Par cloette - 27/02/2016 - 10:26 - Signaler un abus Benvoyons

    La mer qu'on voit danser le long des golfes clairs fait partie du monde concret et du monde poétique , tout le contraire des marchés financiers !

  • Par Benvoyons - 27/02/2016 - 10:39 - Signaler un abus Il y a toujours des gens pour croire comme dans les livres

    de contes que leur lisait leur Maman que l'homme peut être parfait que la pensée humaine peut être parfaite :)::)) Mais non rien n'est parfait car l'homme n'est pas parfait tout simplement. Mais le Socialisme le Sida de la pensée Humaine pense qu'il peut régler les affaires du Monde pour tout le monde avec l'obligation d'un comportement "UNIFORME" en fait la "DICTATURE". Le Libéralisme ne pense pas que l'homme peut être parfait et donc il dit qu'il faut corriger et adapter en permanence sans bloquer sans se fermer de toutes les créations de toutes solutions. Car en fait le blocage est plus nuisible à l'humain que l'adaptation. D'ailleurs l'Homme est né de l'adaptation permanente depuis la cellule initiale. :)::))

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Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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