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Compétitivité : la gauche déflationniste en passe d'obtenir la peau du rapport Gallois... et de l'avenir de la France

Le gouvernement récuse déjà le terme, mais le rapport du commissaire à l'investissement, Louis Gallois, proposera bien "un choc de compétitivité sur deux ou trois ans de 30 milliards" d'euros, selon Le Figaro daté de samedi.

Keynes, reviens !

Publié le

Depuis quelques semaines, Jean-Marc Ayrault a fait de la « compétitivité » le levier de sa politique de communication personnelle et un outil de promotion de l’action de son gouvernement ; et le rapport Gallois accompagne cette thématique en réfléchissant sur les pistes à considérer pour stimuler une reprise de la croissance qui s’appuierait sur des bases solides et non pas seulement sur des mesurettes aux effets éphémères. On devrait ainsi se réjouir de retrouver « l’esprit de la gauche » classique, celui de gouvernements engagés résolument dans une relance « keynésienne » de la croissance, s'appuyant sur le « développement » de l’économie par des investissements et non par une stimulation immédiate de la consommation.

On avait vécu cela à l’époque des années 1945-1950, du « verbe mendésiste » et enfin des espérances portées par « le chevènementisme » sous la première présidence de Mitterrand - quand Jean-Pierre Chevènement était ministre de l’Industrie et de la Recherche au nom d’un activisme jacobin qui anticipait celui d’Arnaud Montebourg.

Rappelons que les plans de stabilisation de l’après-guerre (plan Mayer en 1948, gestion du ministre des Finances Petsche en 1948-1949, voire petit plan Pinay de 1952) n’avaient pas porté atteinte aux grands courants de l’investissement productif, nourris par le premier plan de développement et d’équipement. On coupait dans les budgets courants - on parlait alors de la « commission de la hache » -, en maintenant peu ou prou les budgets d’investissement, et Edgar Faure (responsable des Finances en 1954-1956 comme ministre ou président du Conseil) avait établi un ancêtre de notre « règle d’or », mais pragmatique : équilibre d’exploitation, emprunts pour financer l’investissement - et les gaullistes avaient repris grosso modo ce distinguo dans les années 1958-1974.

Cela nous conduit à soupeser de façon critique le panier de décisions en cours de maturation dans les cabinets et commissions de la gauche au pouvoir aujourd’hui… Le chirurgien esthétique qui gère notre budget s’est mis en tête de manier « la hache » avec une brutalité souriante ; et les annonces de coupe ou de gel se succèdent à rythme soutenu ! Or l’on peut percevoir, en cette fin d’octobre, une logique inquiétante : les dépenses courantes sont peu contenues ; mais des dépenses « durables », orientées vers les investissements et les infrastructures, paraissent menacées.

Tout d’abord, au grand dam de la gauche gérant la Région Ile-de-France, les programmes du Grand Paris sont dans le collimateur : tel qu’il se dessine, le plan 2013-2015 repousse plusieurs projets importants vers son successeur, les projets que droite et gauche considéraient sous Sarkozy comme « structurants » (des lignes de métro en banlieue, des gares, la liaison avec Roissy, etc.). On ne supprime rien, mais on freine, on reporte, on retarde. Or c’est la compétitivité globale de la région parisienne qui est en cause, à travers la mobilité de la main-d’œuvre, des touristes, des hommes d’affaires, et c’est l’efficacité de la plate-forme aérienne qui pourrait être rognée.

Ensuite, des doutes surgissent quant à l’allocation de ressources budgétaires étatiques en 2013 et en 2014 en faveur des investissements d’infrastructures : lignes à grande vitesse, travaux de remise à niveau des lignes ferroviaires normales (société RFF) ; réseaux électriques monopolistiques (sociétés RTE et ERDF) ; nombre de projets semblent devoir être eux aussi « étalés » dans le temps ; un plan de réexamen du plan de transports défini pendant le précédent quinquennat va aboutir inéluctablement à des coupures, à des reports et même à des annulations - comme le craignent nombre de présidents (de gauche) de Région.

Or la droite avait tout de même compris en 2002 que la compétitivité basique du pays pâtissait de la crise de ces réseaux ; et de gros programmes d’investissements avaient été lancés et sont en cours d’accomplissement - malgré les effets négatifs sur la circulation des trains ou les égoïsmes des défenseurs des paysages vierges. C’est la compétitivité des régions, le désenclavement, la stabilité énergétique - pour les usines -, etc., qui sont en cause. Par ailleurs, la droite n’avait pas géré de façon assez « interventionniste » le plan de lancement des premiers programmes de sites d’énergie éolienne ; mais l’on ne sent pas chez la gauche un volontarisme plus net…

 
Commentaires

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  • Par ZOEDUBATO - 21/10/2012 - 11:28 - Signaler un abus Une France éclatée en voie d'assujettissement aux nantis

    1/ L' OCDE, le FMI, ... considèrent que la politique industrielle du Chef de clan conduit à un chômage dément 2/ Les impôts confiscatoires servent à enrichir les nantis à statuts ou à créer les parcs à moutons des occupations aidés Il n’y a aucune volonté pour créer les emplois économiquement rentables indispensables, ni la croissance, ni rembourser la dette. 3/ Le PS divise pour régner entre : Le Privé soumis à des impôts confiscatoires et où les pauvres sont de plus en plus pauvres. Le Public, les élus, les syndicalistes : des nantis de plus en plus nantis protégés et vivant de l’argent facile des impôts. La clientèle qui vit des aides sociales et du système 4/ Abandon de la démocratie citoyenne : Remplacement des citoyens dans leur droits constitutionnels par des organismes intermédiaire et Nationalité Française en voie de devenir produit importé 5/ Pas d'égalité et de justice sociale entre Public et Privé au niveau de la participation à l’effort de redressement, des prélèvements sociaux, des impôts et des retraites Les citoyens veulent une France forte avec une droite forte et non une République bananière et totalitaire des nantis (Elus par défaut sans majorité d’idées)

  • Par Lepongiste - 21/10/2012 - 12:02 - Signaler un abus Un sacré Gaulois

    ce Gallois !!! Et comme il a raison le Flamby et son équipe obtiendront '' la peau '' de son rapport....

  • Par JP34 - 21/10/2012 - 12:42 - Signaler un abus Après l'augmentation massive

    Après l'augmentation massive des impôts sur l'activité économique en général, la prise de conscience par le gouvernement de la nécessité d'un choc de compétitivité pourrait donner un peu d'espoir aux entrepreneurs. Or il s'avère par des fuites bien orchestrées, que le rapport de mr GALLOIS, ne serait qu'un faire valoir sans aucune influence sur l'orientation économique gouvernementale. S'il en était ainsi,on peut d'ores et déjà dire que cette augmentation de fiscalité, sans initiative d'amélioration de la compétitivité, donc d'encouragement des entrepreneurs, sera le coup fatal qui déclenchera une fuite sérieuse et durable des compétences et des investisseurs à l'étranger.

  • Par jerem - 21/10/2012 - 13:23 - Signaler un abus on se demande qui

    " Il faut relancer une planification à moyen terme, cohérente, constante : on aimerait une « gauche éclairée », et non pas une « gauche comptable » !" on se demande bien qui a supprimer le commissariat au plan ? on se demande depuis 8 ans ou sont les explications "par le menu" des resutlats des fameux poles de competitivité mis en place par chirac en milieu de son 2e mandat ? "à l’heure où les gestionnaires des fonds d’investissement - ...... mettent en concurrence France, Allemagne, Royaume-Uni et Europe centrale, c’est bien la compétitivité globale du pays qui doit être au centre des préoccupations." C'est sur c'est tout nouveau , special crise !!! au fait il n'ya pas un classement recent qui a mis paris devant londres pour le nombre de jobs dans la finance (en voila bien une bonne , special revelation sur idée reçue) . et le chomage de londres n'est il pas supérieur a la moyenne nationale (on parle meme pas de berlin avec son royal 13% pour 6% national) ? paris n'est il pas en dessous de la moyenne nationale ? ET LE RAPPORT GALLOIS si on nous en parlait UNE FOIS QU'IL SERA SORTI et pas avant le 5 novembre 2012

  • Par allan92fr - 21/10/2012 - 13:29 - Signaler un abus Heuuuu

    Faut pas pousser, ce rapport est surtout un message et un coup de pied de l'âne à ses encombrants pseudo partenaires les verts !

  • Par pier21 - 21/10/2012 - 16:04 - Signaler un abus Keynes a bon dos!

    Mais arrêtez donc avec votre "Keynésisme" mal digéré! L'emprunt ne devrait servir qu'à financer des investissements productifs, c'est à dire qui s'auto-amortissent directement ou par l'intermédiaire du budget général! Tout le reste, fonctionnement régalien (au sens large, dont on peut peut-être exclure les dépenses de formation réalistes et non pas bidon) et subventions devarient être financé par l'impôt! Vous imaginez les coupes alors que 1/3 du budget est financé par l'emprunt, c'est pas une hâche, mais une tronçonneuse! Or depuis 1974, le pays vit à crédit jusqu'à ce que les prêteurs fassent défaut. Et c'est vrai, la LACHETE de ce gouvernement c'est de tailler dans les dépenses d'investissement d'avenir pour sauvegarder, par clientélisme, les dépenses courantes: salaires et autres indemnités, subventions ou allocations! Mais comment faire autrement quand, toujours par laxisme ou pis cynisme, on a fait en sorte que la société compte plus d'assistés que de productifs?

  • Par MONEO98 - 21/10/2012 - 16:28 - Signaler un abus pas d'accord

    vous voulez des entrepreneurs?laissez les s'enrichir.... vous voulez moins d'impôts ? diminuer le train de vie de la puissance publique et son organisation structurelle vous voulez attirer de s entreprises étrangère s?faites leur un pont d'or , alignez la fiscalité sur celle d'Irlande vous voulez un plan?mais pourquoi un groupe de hauts fonctionnaires sauraient mieux que l'individu de base ce qui est bon pour lui et par ricochet son pays.? l'individu est égoiste ?certes mais pourquoi revêtu d'une casquette officielle deviendrait il altruiste? bref il faudrait faire ce que la nelleZélande a fait sous les années 80 (par un gouvernement d Gauche) pas besoin de payer un nouveau rapport ;le sénat en possède déjà un fort bien fait et qui dort comme tous les autres rapports là ce qu'on nous propose c'est la continuation de la politique éclairée des élites qui vont nous forcer à faire ce que nous ne voulons pas faire à coups d'incitations et de punitions fiscales Le monde vert nous tend les bras avec sa cohorte de catastrophes annoncées en un moment comme en cent nous n'avons pas besoin de keynésianisme de plus d'Etat mais de moins d'Etat

  • Par vigil - 21/10/2012 - 16:34 - Signaler un abus qui intellectuellemnt honnête

    attend encore un sursaut des socialiste ? Personne. Il y a longtemps que l'on sait qu'ils sont dogmatiques et que leur avenir politique (à court terme), prime sur l'intérêt supérieur de la France et des français. leurs politiques et leur idéaux démagogiques ont conduit notre pays dans la situation catastrophique où nous sommes. Chirac et VGE ont suivis peu ou prou les mêmes chemins, pour ne pas subir les foudes des médias. Sarkozi a osé une autre politique, mais en partie seulement (contraint lui aussi par le poids de "l'environnement médiatique et social"). Que croyez-vous que l'on puisse espérer de bon de Hollande ? RIEN !

  • Par jmpbea - 21/10/2012 - 18:25 - Signaler un abus le rapport gallois sera enterré!

    mais NOUS NOUS EN SOUVIENDRONS!

  • Par vlang - 21/10/2012 - 19:08 - Signaler un abus Casse toi Louis..

    François Hollande a déjà réagi : "C'est un rapport qui engage son auteur, qui n'engage pas le gouvernement, pas le président de la République." Alors "circulez il n'y a rien a voir" Il a fait l'ENA Gallois mais pas la Voltaire.... alors ...

  • Par flogo - 21/10/2012 - 20:29 - Signaler un abus PARIONS :

    Si Mitterrand revenait pour dire : Gallois à raison ! Je vous parie que le fromage mou de Hollande dirait qu'il a tort... Et pourtant je n'ai jamais aimé et je n'aime toujours pas les sequelles laissées par Mitterrand...

  • Par boblecler - 21/10/2012 - 20:34 - Signaler un abus La Droite a refusé la CSG à

    La Droite a refusé la CSG à plus deux pourcent avec la fusion avec l'impôt sur le revenu, en plus il faudrait baisser la contribution balladur sur l'impôts sur les sociétés et mettre deux taux un à 8% pour les PME et un autre à 12 % et il faut revoir le régime de l'intégration fiscale. Il faut supprimer les 11 milliards du RSa chez pôle emplois. Il faut simplifier la création de société en la rendant possible par internet via un simple site déclaratif via un scan des papiers d'identité et un contrat de société à scanner avec les titres de propriétés notariés. Moi c'est vite fait. Il faut aussi démanteler les banques pour en faire des régionales dont la partie crédit bail sera repris par la BPI et les sociétés d'affacturage avec la redistribution d'une grosse partie du LIVRET A vers les sociétés de crédit bail et d'affacturage au sein des banques. Il faut réouvrir le second marché par l'Etat au lieu de nyse euronext et laisser tomber alternext pour les cotations.

  • Par boblecler - 21/10/2012 - 20:37 - Signaler un abus Il faut monter plus de

    Il faut monter plus de coopératives ouvrières de production comme ils font à clermont ferrand et faire des partenariats universités entreprises dans la métrologie et la qualité comme les Allemands. Il faut former les chômeurs dans les lycées techniques. En France on recherche 300 soudeurs, on en trouve plus. Parallèlement ces gens pourraient faire paysans.

  • Par Gilles - 22/10/2012 - 10:51 - Signaler un abus Evident

    Le rapport Gallois finira comme le fameux rapport Charpin sur les retraités commandé par Juspin il y a un peu plus de 10 ans. Au destructeur de documents.

  • Par evans94 - 22/10/2012 - 11:38 - Signaler un abus Tenons bon !!!

    Gardons notre calme ( démocratique et apaisé) jusqu'en 2014 et nous flanquerons une dégelée à cette gauche qui nous pollue l'intellect depuis bientôt 50 ans....Puis ensuite à toutes les élections jusqu'aux législatives de 2017...Je rêve, mais il neme reste plus que cela pour l'instant

  • Par esurlo - 22/10/2012 - 14:43 - Signaler un abus Qui a pris le pouvoir ?

    La famille régnante est issue d'une gauche intellectuelle marxisante , rompue aux subtilités du discours politique , des techniques de débat . Spécialisé en esquive sur les sujets génants , et doté d'un grand sens de l'utilisation des forces de l'adversaire. Si l'on ajoute à cela une idéologie bien campée sur des dogmes non négociables , on abouti à une armée de moines-politiques , qui n'ont en face d'eux que nonnettes et novices , en manque de formation.... On pourra toujours épiloguer sur les mesures prises , elles iront toutes dans le meme sens , en force, ou en détours stratégiques ponctuels ,vers ... le paradis socialiste . En etes-vous ?

  • Par JN Tribolo - 22/10/2012 - 15:34 - Signaler un abus Tous dans le même sac

    Le rapport Gallois ne sera pas plus suivi par le gouvernement Hollande, que celui d'Attali l'a été du gouvernement Sarkozy. Le problème est le courage des hommes politiques français. Nous n'avons pas de Thatcher ou de Schroeder en France. Nous n'avons que les nabots Sarkozy ou .Hollande. Des politicards miséreux sans aucune envergure.

  • Par michoulacolere - 22/10/2012 - 22:06 - Signaler un abus La grande peur de la gauche

    est de voir un jour défiler tous les partis et associations bien-pensants qui crieront à la traîtrise de la gauche sociale-démocrate. N' 'oublions pas en effet que 34 (oui , trente quatre) milliards d' € de subventions sont chaque année octroyées chaque année par l' Etat et les collectivités locales aux associations de tout poil , sans parler des 20 000 fonctionnaires "détachés" auprès des mutuelles (MAIF, MGEN, etc...) ou des syndicats, véritables subventions en nature. Quel gouvernement aura un jour les c.....pour mettre fin à cette gabegie ? Pas le gang des hollandais en tous cas, dont Manuel Valls est à peu près le seul à avoir la tête sur les épaules (sauf exception de laxisme dans ses critères de naturalisation des étrangers).

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Hubert Bonin

Professeur d'histoire économique à Sciences Po Bordeaux.

Chercheur au Groupe de recherche en économie théorique et appliquée du CNRS de Bordeaux.

 

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