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Comment les "voyous" finissent par gagner et par “privatiser” certaines banlieues

Les musulmans français sont-ils en pleine régression par rapport à la promesse d’un « islam français » bien intégré qui s’annonçait dans les années 70 ? N’avons-nous plus que des « quartiers perdus de la République » ? Un grand connaisseur de l’islam politique dans le monde interroge une praticienne de terrain de confession musulmane, en colère contre les dérives et les travers de la politique de la ville. Extrait de l'ouvrage "Et tout ça devrait faire d'excellents Français" de Naïma M'Faddel et Olivier Roy, publié aux Editions du Seuil (2/2)

Bonnes feuilles

Publié le
Comment les "voyous" finissent par gagner et par “privatiser” certaines banlieues

Olivier Roy : Vous nous avez mis en garde contre une vision fantasmée des « jeunes de banlieue », considérés comme une sorte de classe ou de génération en soi dangereuse. Vous avez plutôt insisté sur sa relégation dans les quartiers et sur ses difficultés subjectives et objectives pour s’intégrer dans la société plus vaste. Pourtant, cette vision, nous l’avons vu, est un des principaux prismes d’approche de la question « musulmane » en France. Dix ans après les émeutes de 2005, trente ans après la Marche des Beurs.

Où en est-on ?

Naïma M'Faddel : Je me souviens de ce dimanche 30 octobre 2005 où je faisais le tri dans mes dossiers professionnels. Quelques jours plus tard, je quittais le poste de chef de projet en développement social et urbain, que j’occupais depuis quatre ans à Trappes, pour une nouvelle fonction et de nouvelles missions sur la ville de Mantes-la-Jolie. J’ai reçu alors un appel de la directrice générale adjointe de la ville, qui m’invitait à une réunion de crise avec le maire et le sous-préfet : la flambée de violence suite à la mort de deux jeunes, Zyed et Bouna, électrocutés trois jours plus tôt dans un transformateur électrique de Clichy-sous-Bois, menaçait de s’étendre à d’autres villes. Poursuivis par des policiers, les deux adolescents avaient trouvé refuge dans ce transformateur, où ils avaient été électrocutés. En prévention, nous mettons immédiatement en place une veille avec les animateurs et les éducateurs des quartiers. Ils patrouillent en soirée. Sur Dreux, on enregistre quelques voitures brûlées et surtout beaucoup de feux de poubelles, rien de comparable à d’autres banlieues.

Très vite, nous nous rendons compte que les coupables de ces actes sont des gamins de douze à quatorze ans, que la surenchère médiatique excite. Les animateurs en ont attrapé quelques-uns en possession de bouteilles d’essence ; ils prétendent avoir juste envie de voir leur ville citée dans le journal télévisé… Je ne dis pas cela pour excuser ces violences, mais pour comprendre leur origine. Ces événements me rappellent la désespérance des agriculteurs, mais eux peuvent manifester avec violence, ou encore celle de ces pêcheurs incendiant le Parlement de Bretagne et trouvant de la compréhension chez les Français. Les uns et les autres sont des enfants de la République, qui leur reconnaît le droit de protester et de revendiquer, bien évidemment sans violence. Mais quand les citoyens « dérapent », tous n’ont pas le même sort juridique et médiatique. Force est de reconnaître que certains sont plus stigmatisés que d’autres, en fonction de leurs origines. Et souvent aussi bien plus durement sanctionnés. Zyed et Bouna se sont cachés pour fuir la police. Pourquoi ces enfants ont-ils eu peur de ceux qui sont censés les protéger ? Je ne parle pas des délinquants qui ont leurs propres raisons de fuir pour échapper aux forces de l’ordre, mais de jeunes qui n’avaient, d’après l’enquête, rien à se reprocher. Le discours irresponsable de nos politiciens est regrettable car, encore une fois, ils se distinguent par leur manière sommaire et lapidaire d’analyser ces événements, de monter les Français les uns contre les autres, de désigner les « jeunes étrangers coupables », de renvoyer ces jeunes à une supposée « appartenance »…

 
Commentaires

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  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 16/04/2017 - 12:16 - Signaler un abus Immigration incontrôlée .....

    Immigration incontrôlée ........démission de l'état.....soumission de la justice......émigration des moins pauvres.......et tant pis pour les cons !!!

  • Par Eric ADAM CVD - 16/04/2017 - 12:29 - Signaler un abus ON EST CHEZ NOUS... en "RACAILLELAND"!

    Voilà plus de 40 ans que nous laissons les RACAILLES s'approprier "leurs" banlieues, et terroriser les Populations "non Intégrées" dans la "RACAILLERIE" pour assurer le financement de leurs TRAFICS qui alimentent leurs TRAFICS... "ILS" n'ont rien inventé... Déjà, à Renault Flint, dans les années 70, les pancartes "dehors les Français" prenaient la tête des occupations d'Usines. (cf. INA!) Ne nous étonnons pas... "NOUS SOMMES CHEZ NOUS", ce n'est pas un "slogan" frontiste: C'est le CHANT de RALLIEMENT des Terroristes des Nouveaux ÉTATS de "RACAILLELAND", de ces enclaves au sein de l'Europe "désunie" Souvenez vous de cela lorsque vous déposerez votre bulletin dans l'urne, au premier comme au deuxième tour de cochon de la course des GOUROUS à la Présidentielle 2017! Eric Adam, CRD-CVD Porte Parole « Conseil de Résistance pour les Valeurs de la Démocratie » « Combattants pour les Valeurs de la Démocratie » https://www.facebook.com/OfficielCVD/?ref=br_rs

  • Par Deudeuche - 16/04/2017 - 12:31 - Signaler un abus D'où la fuite des Français "de souche" loin de ces

    Quartiers.

  • Par Ex abrupto - 16/04/2017 - 16:19 - Signaler un abus La malhonneteté journalistique

    L'expression dans cet article"...où ils avaient été électrocutés"... formellement exacte aurait toutefois plus judicieusement et plus précisément être remplacée par "...où ils se sont electrocutés..." qui ne laisse pas induire une intention de les électrocuter. Ces malheureux gamins ont été victimes de leur propre bêtise et inculture. Ce n'étaient pas les mises en garde sur le danger de penetrer dans ces enceintes qui manquaient.

  • Par pepenene - 16/04/2017 - 16:23 - Signaler un abus Quels voyous?

    Sous un régime de gôche, les voyous n'existent pas. Tout juste des sauvageons, et encore, du bout des lèvres!!

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Olivier Roy

Olivier Roy est un politologue français, spécialiste de l'islam.

Il dirige le Programme méditerranéen à l'Institut universitaire européen de Florence en Italie. Il est l'auteur notamment de Généalogie de l'IslamismeSon dernier livre, Le djihad et la mort, est paru en octobre aux éditions du Seuil. 

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Naïma M'Faddel

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