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Comment la victoire d'En Marche s'est construite sur l'aggravation de la fracture sociologique entre ceux qui votent encore et les autres

La victoire des LREM est peut-être moins importante que prévue, mais elle ne peut occulter un phénomène important dans notre société : la perte d'intérêt ou de foi pour l'action politique.

La France muette

Publié le
Comment la victoire d'En Marche s'est construite sur l'aggravation de la fracture sociologique entre ceux qui votent encore et les autres

Atlantico : Quels sont les enseignements généraux que l'on peut tirer de ce scrutin ? 

Bruno Jeanbart : Le premier enseignement c'est la victoire nette est sans bavure du parti d'Emmanuel Macron, qui, avec 350 députés a une majorité qui est assez large et qui correspond, en comparaison, à celle de Nicolas Sarkozy après sa victoire en 2007. Ce qui, pour un nouveau parti est une performance, même si on a senti clairement une inflexion entre les deux tours. Parce que les résultats du premier tour laissaient normalement la place à une majorité encore beaucoup plus large pour le parti d'Emmanuel Macron.

On voit cette inflexion à travers des renversements de tendances au sein de circonscriptions ou les adversaires d'En Marche ! semblaient en grande difficulté ; à Paris dans la 4e circonscription qui est celle de Brigitte Kuster, à Neuilly dans la 6e des Hauts-de-Seine mais aussi avec la gauche dans la 1 ère de la Loire avec Régis Juanico. On a pu assisté à des renversements assez inespérés pour un certain nombre de candidats qui ont limité la casse pour les opposants au Président. Mais cela ne remet pas en cause la netteté de la victoire et encore une fois, au regard de la jeunesse du mouvement et de la difficulté à bouleverser le jeu traditionnel des partis, notamment dans une élection qui, en général, requiert un ancrage local fort. De plus, les oppositions sont très éclatées entre d'une part une opposition de droite qui pourrait se diviser entre ceux qui souhaitent soutenir la majorité en place et ceux qui veulent s'y opposer frontalement, et à gauche, une opposition éclatée entre un petit bloc de socialistes survivants et un bloc de gauche radicale dont on a vu pendant le quinquennat précédent qu'il avait beaucoup de difficultés à s'entendre.

Qui est la France qui a voté ? Quelles leçons de cette sociologie du vote ? 

Dans un premier temps, ce qui est surprenant pour le score de l'abstention, ce n'est pas en soi la progression entre les deux tours, qui est un phénomène classique depuis 2002 ou un certain nombre d'électeurs n'ont plus de candidats et choisissent de ne pas voter, c'est l'importance de la progression qui est frappante. On a voté hier quasiment aussi peu que dans une élection européenne, alors que traditionnellement, même si on votait moins aux législatives qu'à la présidentielle on était sur des niveaux de participation beaucoup plus élevés. Ce qui est surprenant, c'est ce niveau très élevé de l'abstention dans une élection qui semble désormais désintéresser une majorité de français.

Quand on regarde dans le détail, et comme toujours dans les cas de forte abstention, on a un agrandissement des fractures entre les populations qui participent au scrutin et celles qui n'y participent pas. Globalement, dans une élection présidentielle, les écarts entre catégories ne sont pas énormes, même s'ils existent, parce que la plupart des catégories vote assez massivement. Là, par contre, on constate un éclatement extrêmement fort ; moins d'un jeune de moins de 25 ans sur trois a participé au scrutin contre plus de 60% parmi les 65 ans et plus. On a de la même manière, on observe que plus de 60% des cadres et professions intellectuelles supérieures ont voté, contre 40% des catégories populaires. 

 
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  • Par Leucate - 20/06/2017 - 17:45 - Signaler un abus 3,5 sieverts

    Sachant qu'un sievert "sv" veut 100 REM, le Corps national français va donc recevoir, dans son organe qu'est l'AN, l'équivalent de 350 Rem (encienne mesure) soit 3,5 sievert. Si on considère qu'un français reçoit une dose de 2,4 msv/an/personne (msv = millisievert), en combien de temps l'irradiation subie de 3,5 sievert commencera-t'elle a avoir des effets perceptibles ?

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Bruno Jeanbart

Bruno Jeanbart est le Directeur Général adjoint de l'institut de sondage Opinionway.

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