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Comment le taux de pauvreté des communes de plus de 1000 ménages révèle que la misère ne se limite pas aux banlieues françaises

Même si on la retrouve dans les communes de banlieue, la pauvreté est aussi très forte dans les petites communes de la France périphérique.

France périphérique

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Comment le taux de pauvreté des communes de plus de 1000 ménages révèle que la misère ne se limite pas aux banlieues françaises

Atlantico : La question de la dispersion de la pauvreté sur le territoire français a été un sujet polémique au cours de ces dernières années. En prenant en compte les communes françaises comptant plus de 1000 ménages, quelle(s) conclusion(s) peut-on tirer sur le "profil" des communes les plus touchées par le phénomène ? 

Nicolas Goetzmann : L’analyse du taux de pauvreté en 2013 pour les communes françaises comptant plus de 1000 ménages, selon les données fournies par les impôts, témoigne qu’il n’existe pas un unique « profil-type » de communes, mais bien deux types.

Le premier type correspond aux communes (ou arrondissements) abritant les quartiers populaires des grandes métropoles.

Ce sont les territoires auxquels tout un chacun pense en premier, lorsque l’on évoque la pauvreté en France. Parmi les 20 communes affichant le plus fort taux de pauvreté, sans surprise, six d’entre elles, bien connues de nos concitoyens, se situent en banlieue parisienne, dont quatre en Seine-Saint-Denis (Clichy-sous-Bois, Aubervilliers, La Courneuve et Saint-Denis), une en Essonne (Grigny) et une autre dans le Val d’Oise (Garges-lès-Gonesse). Ensuite, figure dans cette liste, pas moins de cinq arrondissements de Marseille, du centre et du nord de la ville, témoignant de la très forte paupérisation locale, la métropole marseillaise étant bien moins peuplée que la métropole parisienne. Enfin, nous retrouvons la commune la plus populaire de l’agglomération lilloise, Roubaix, qui défraie régulièrement la chronique pour ses problèmes sociaux. Le principal point commun de ces communes est d’accueillir une très forte immigration internationale d’origine extra-européenne, soit les populations les plus fortement touchées par la pauvreté. 

Le second type correspond à des communes, plus faiblement peuplées, se situant en-dehors des grandes métropoles, concentrées principalement dans le nord-est du pays. La plupart d’entre elles sont inconnues du grand public, comme des universitaires spécialistes de la pauvreté, qui ont une fâcheuse tendance à associer la pauvreté uniquement aux banlieues, à l’exception notable d’un chercheur comme Michel Pinçon, originaire des Ardennes, qui sait pertinemment que la pauvreté ne se localise pas uniquement dans les banlieues des grandes métropoles. Parmi les communes les plus touchées par la pauvreté, se retrouve quatre communes de l’est du département du Nord, dont trois doivent leur malheur à Usinor, qui a fermé ses unités sidérurgiques, employant alors plusieurs milliers de personnes, à la fin des années 1970 : Denain et Lourches près de Valenciennes, ainsi que Louvroil à côté de Maubeuge. La pauvreté d’un territoire n’est donc pas due au hasard et elle a tendance à se pérenniser (nos gouvernants n’ont rien fait pour ces villes depuis près de quarante ans !). La dernière commune du Nord est Avesnes-sur-Helpe, bourg-centre d’un espace rural en déshérence. Dans les autres départements de France, la forte pauvreté touche une commune du Gard dans l’ancien bassin minier d’Alès, La Grand-Combe, recordman national du déclin démographique depuis les années 19601, ainsi qu’une commune de Gironde, Sainte-Foy-la-Grande, et une commune de l’Aisne, La Fère, ancienne ville de garnison (la caserne a fermé en 1993). Ce sont donc, soit des communes d’héritage industriel, anciennes villes minières ou métallurgiques, soit des bourg-centres d’espaces ruraux en difficulté, correspondant pleinement à la « France Périphérique », mise en avant par le géographe Christophe Guilluy.

 
Commentaires

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  • Par Djib - 13/09/2017 - 08:36 - Signaler un abus Une distinction qui a perdu sa pertinence.

    Personne ne confondra Ste Foy la grande et Bobigny. Sauf que ces deux villes ont maintenant un point commun: une immigration magrhébine communautarisée, peu ou pas qualifiée, vivant des allocations et/ou des petits traffics habituels. Idem à Castillon, Bergerac et Libourne. Les métastases d'une immigration devenue folle ont maintenant envahi les villes moyennes. Mais le phénomène continue à être occulté.

  • Par MIMINE 95 - 13/09/2017 - 10:12 - Signaler un abus L'imposture des mots ...

    "immigration internationale d’origine extra-européenne" . C'est beau comme du Verlaine mais, chacun ayant appris à traduire illico les termes : "bande de jeunes", "déséquilibrés", etc etc, il est donc inutile d'utiliser des expressions savantes à rallonge pour éviter le politiquement incorrect.

  • Par Deudeuche - 14/09/2017 - 08:06 - Signaler un abus @Minime 95

    Inch Allah!

  • Par brennec - 14/09/2017 - 17:12 - Signaler un abus Le 'taux' est un indicateur trompeur.

    Le taux de pauvreté n'est pas le seul indicateur de la misère. La première chose a considérer est le renouvellement dans les catégories défavorisées. Il est probablement plus important dans les grandes métropoles mondialisées ou la pauvreté n'est que transitoire, ensuite la possibilité de s'assurer des revenus qui ne figurent pas dans les statistiques (travail au noir, trafics...etc) et enfin les politiques publiques (notamment la politique de la ville qui s'adresse beaucoup plus aux banlieues qu'a la province.

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Laurent Chalard

Laurent Chalard est géographe-consultant, membre du think tank European Centre for International Affairs.

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