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Comment la psychose sur les (rares) effets secondaires des médicaments et vaccins génère des conséquences toxiques bien tangibles, elles

La clarithromycine, un antibiotique souvent prescrit pour traiter les angines ou les bronchites, serait susceptible d’augmenter le risque de décès par arrêt cardiaque, d’après une équipe de chercheur danois. Ces derniers ont eux-mêmes précisé que ce risque était extrêmement faible, mais trop tard, le mal est fait : la peur panique peut commencer.

On va tous mourir !

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Comment la psychose sur les (rares) effets secondaires des médicaments et vaccins génère des conséquences toxiques bien tangibles, elles

La peur des médicaments  Crédit Reuters

Atlantico : Après les scandales Médiator et la pilule Diane 35, constate-t-on en France une réticence grandissante des patients à prendre des médicaments et/ou à se faire vacciner ?

Guy-André Pelouze : Il y a un fossé entre ce qu'on pourrait appeler une réticence et les chiffres de consommation des médicaments en France. La consommation de médicaments en France reste extraordinairement élevée relativement à nos voisins européens par exemple. S'il y a réticence, je pense qu'il s'agit d'un épiphénomène. Par exemple, sur plus d'une centaine de mes patients qui prennent une statine seuls deux ont décidé d'arrêter de leur propre initiative.

Généralement, ce genre de réticence touche des personnes sensibles aux rumeurs mais qui ne peuvent pas juger du bénéfice du traitement. Car la prise de médicament peut se résumer à une équation bénéfice/risque. Prendre un médicament revient donc à prendre un risque calculé : j'en attends un bénéfice supérieur au risque. Si le bénéfice est supérieur au risque et que le diagnostic est le bon, il vaut mieux prendre le médicament, à condition de suivre scrupuleusement les doses, la durée du traitement et les autres recommandations . Si le bénéfice est égal au risque, mieux vaut dans ce cas, ne pas prendre le médicament. Et si le bénéfice est inférieur au risque, il ne faut surtout pas prendre le médicament en question. 

Les patients ne peuvent évidemment pas faire cette équation bénéfices/risques tout seuls. Il faut pour cela discuter avec son médecin, c'est pourquoi on ne doit pas prendre un médicament sans avoir eu une explication de la part de son soignant. Je ne comprends pas pourquoi il est demandé à un chirurgien d'expliquer les risques et bénéfices aux patients alors que pour une prescription de médicaments, on ne demande jamais aux patients s'il a été informé des bénéfices et des risques. Un médicament peut être aussi dangereux qu'un bistouri !

Le contexte actuel est assez favorable à la diffusion de la suspicion généralisée. Et nombreuses sont les personnes qui décèdent des suites d'un usage non contrôlé des médicaments mais nous ne savons pas exactement combien. L'accès libre à ces informations est un des piliers d'une société de confiance et contribue à dégonfler les rumeurs. Il se joue par exemple en ce moment une grande confrontation en Europe à propos de l'accès libre (open data) des essais cliniques des médicaments.

Philippe Bataille : Même si les volumes restent colossaux, on constate effectivement un ralentissement de la consommation de médicaments en France. Cette tendance se retrouve également en ce qui concerne les hospitalisations. Cette transformation est globale et ne touche pas que la France. Elle est le signe d'une évolution du rapport au corps mais pas tant d'un engouement pour les médecines et les méthodes alternatives en vogue dans les années 1960, il n'y a pas de rupture. La tendance est plutôt à la prise de conscience qu'il faut prendre soin de son corps et que l'on peut dans une certaine mesure la maitriser. Les patients ont désormais une vraie lecture de sa consommation médicamenteuse. Par ailleurs, l'argument économique a fait son chemin. On a de moins en moins d'argent

 
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  • Par Cerisier - 21/08/2014 - 15:00 - Signaler un abus 100 morts par an aux USA par surdose de paracétamol !

    Vous pouvez vérifier sur wikipedia. Votre article est bienvenu pour montrer la stupidité et la sélectivité des psychoses médicales ou alimentaires.

  • Par Ganesha - 21/08/2014 - 17:55 - Signaler un abus Ciprofloxacine

    J'étais malade et j'ai pris un antibiotique appelé ''Ciprofloxacine'' : j'ai guéri. Mais dans les semaines qui ont suivi j'ai eu une ''rupture bilatérale des tendons d'Achille''. C'est cité dans la notice comme étant un ''effet secondaire possible'' de ce médicament : je ne le savais évidemment pas. J'ai fini par guérir d'un côté, mais de l'autre, pour le reste de ma vie, je marche désormais avec le pied ''complètement de travers''. Récemment, cet antibiotique m'a de nouveau été proposé comme ''simple couverture, par précaution''. J'ai raconté mon histoire au médecin et il n'a pas insisté. J'ignore combien nous sommes à avoir vécu cet ''accident''. Suffisamment pour qu'on le retire du marché, ou bien est-il tellement utile qu'il faut accepter ''un peu de casse'' ?

  • Par Ganesha - 21/08/2014 - 18:02 - Signaler un abus Cerisier Paracétamol

    Le Paracétamol (Efferalgan, Doliprane) est un médicament très sûr, avec très peu d'effet secondaires. Le problème est que, comme tout le monde en a chez soi, il est fréquemment utilisé pour des tentatives de suicide. En fait, il est rarement mortel, mais il peut vous détruire complètement le foie. Faire une ''tentative de suicide'' au Paracétamol n'est pas une bonne idée, et si vous voulez vraiment mourir, prenez autre chose !!

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Guy-André Pelouze

Guy-André Pelouze est chirurgien à Perpignan.

Passionné par les avancées extraordinaires de sa spécialité depuis un demi siècle, il est resté très attentif aux conditions d'exercice et à l'évolution du système qui conditionnent la qualité des soins.

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Philippe Bataille

Philippe Bataille est directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et directeur du Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (CADIS, EHESS-CNRS). Il est également membre du Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin. Ses recherches ont entre autres porté sur le racisme et la discrimination, le sexisme et le féminisme, et plus récemment sur l’expérience médicale et sociale de la maladie grave. Ses travaux actuels suivent ce qu’il advient de la catégorie de sujet dans la relation médicale et de soin. Les recherches en cours suivent des situations cliniques empiriques qui suscitent de si fortes tensions éthiques qu’elles bloquent le système de la décision médicale (éthique clinique), et parfois la conduite de soin (médecine de la reproduction et en soins palliatifs). Son dernier ouvrage est "Vivre et vaincre le cancer" (2016, Editions Autrement).

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