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Comment le parti communiste chinois est en train de mener une OPA hostile sur les entreprises occidentales implantées dans le pays

Alors que la Chine a été considérée comme une sorte d’Eldorado pour les investisseurs depuis l’entrée du pays dans l’OMC à la fin de l'année 2001, les velléités actuelles du Parti communiste chinois commenceraient à inquiéter les entreprises étrangères installées sur place.

Mondialisation, vous avez dit respect des règles par tous...?

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Comment le parti communiste chinois est en train de mener une OPA hostile sur les entreprises occidentales implantées dans le pays

Alors que la Chine a été considérée comme une sorte d’Eldorado pour les investisseurs depuis l’entrée du pays dans l’OMC à la fin de l'année 2001, les velléités actuelles du Parti communiste chinois commenceraient à inquiéter les entreprises étrangères installées sur place. En effet, alors que le pays pourrait avoir moins besoin de ces entreprises, certains témoignages font actuellement état d'une volonté du parti de s'immiscer dans les décisions prises. 

Comment se manifestent ces intrusions du parti dans les entreprises occidentales implantées sur le territoire chinois ? 

L’ouverture sur l’extérieur a été un des éléments clés de l’expansion économique de la Chine depuis une quarantaine d’années.

Les capitaux et les technologies importés combinés à une main-d’œuvre pléthorique, mais relativement formée, lui ont permis de moderniser ou de créer des secteurs entiers, comme l’industrie automobile et l’industrie électronique.

Si le coût du travail reste une des principales raisons des investissements étrangers en Chine, un défi majeur pour les sociétés étrangères consiste notamment en la protection de leur propriété intellectuelle, que ce soit la propriété industrielle ou le droit d’auteur. Les exemples de transgression de ces droits sont nombreux et le pays est notoirement connu pour les multiples violations de la propriété intellectuelle constatées sur son territoire. 

De son côté, le gouvernement, s’il cherche toujours à élargir l’expertise des entreprises chinoises en amont de la chaîne de valeur, il montre, par ailleurs, aujourd’hui, sa volonté de prendre des mesures drastiques pour protéger son industrie high-tech. Par exemple, le Parlement chinois a voté, en 2017, une loi autorisant l’État central à contrôler, au nom de la cybersécurité, les systèmes informatiques des entreprises situées sur son territoire, qu’elles soient locales ou étrangères. Ceci implique, pour ces sociétés, de stocker obligatoirement les données de leurs activités, sur des serveurs localisés dans le pays et de coopérer avec les agences de sécurité locales. Ainsi, en cas de besoin d’informations, l’autorité chinoise pourra, sans souci, accéder aux données concernant ces sociétés mais aussi à celles, personnelles, de leurs clients. Plus même, dans le cadre d’enquêtes criminelles, terroristes…, elles peuvent se voir exiger de dévoiler leur code source. 

Un autre exemple d’intrusion consiste, pour chaque entreprise américaine et européenne impliquée dans une co-entreprise, en l’obligation de trouver, pour une cellule du Parti communiste, la place et un rôle explicites dans la prise de décisions concernant la gestion de l’entreprise. C’est inquiétant car ceci suggère que les sociétés étrangères ne sont plus libres dans la gestion de leur activité et, donc, ne sont plus abritées de la vision globale du Président Xi Jinping visant à maîtriser la totalité de la société chinoise.

 
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Michel Ruimy

Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.

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