Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 18 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Comment la notion de mort cérébrale a fait de la mort un simple problème technique

Trois débats nous obsèdent : autour du genre, des droits de l’animal, de l’euthanasie. Et trois disciplines politiquement correctes traitent désormais de ces questions dans le monde universitaire : gender studies, animal studies, bioéthique. En lisant les penseurs à l'origine de ces trois courants de pensée, Jean-François Braustein lève le voile sur la folie très inquiétante qui s'est emparée de la philosophie aujourd'hui. 1/2

Bonnes feuilles

Publié le
Comment la notion de mort cérébrale a fait de la mort un simple problème technique

 Crédit Reuters

"Une nouvelle définition de la mort a émergé en Occident depuis une cinquantaine d’années, à travers la notion de « mort cérébrale ». Cette définition est apparue aux États-Unis puis s’est rapidement étendue à la majeure partie du monde, sans rencontrer de grandes résistances, sauf au Japon. Cette reformulation de la mort est directement liée, cela a été souvent remarqué, au développement des techniques de transplantation d’organes. Elle n’est évidemment pas sans conséquences scientifiques et médicales, mais aussi éthiques.

Au-delà de l’euthanasie, l’engouement morbide de notre époque pour une mort « digne » ne peut mieux trouver à s’exercer qu’autour de cette question des limites de la mort. Là aussi nous ne serons pas déçus dans la mesure où, derrière le déluge de bons sentiments « solidaires » et « citoyens », se profilent de bien plus inquiétantes perspectives qui, comme dans le cas de l’euthanasie, nous conduisent assez directement aux films d’horreur contemporains les plus « gore ».

Une telle approche tend à considérer la mort comme un problème technique auquel il est possible d’apporter des réponses techniques. C’est ce que note le livre récent de Yuval Noah Harari qui entend décrire l’avenir de l’humanité : « même les gens ordinaires qui ne sont pas impliqués dans la recherche scientifique ont pris l’habitude de penser à la mort comme à un problème technique » et « tout problème technique a une solution technique »."

Extrait de Jean-François Braunstein, La philosophie devenue folle © Editions Grasset & Fasquelle, 2018. 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Ganesha - 22/09/2018 - 12:15 - Signaler un abus Spécialité médicale

    Entendons-nous bien : ce très court extrait ne concerne absolument pas les cancereux qui exigent, en toute conscience, que l'on ait suffisamment de compassion et d'humanité, pour mettre fin à leurs souffrances ! Non, il s'agit des ''plantes vertes'', au cerveau détruit, au delà de tout espoir. Récemment, en France, une demoiselle vient de s'éteindre, après avoir survécu 19 ans dans cette situation. Pour ce genre de cas, une nouvelle spécialité médicale devrait être crée : l'Horticulture !

  • Par cloette - 22/09/2018 - 13:10 - Signaler un abus Trois thèmes .

    La souffrance animale : on mange des animaux, on les chasse, pourquoi les faire souffrir ? La mort : Il est des cas( rares) où en efftet l'euthanasie est acceptable lorsque la morphine n'agit plus, sinon, une mort naturelle est préférable, quant aux morts cérébrales avec survie pendant des décennies, c'est une question métaphysique....il vaut mieux débrancher s'il n'y a plus d'espoir . Quant au "genre" . Quel intérêt ? Est ce vraiment une question qui passionne les foules ?

  • Par Ganesha - 22/09/2018 - 15:15 - Signaler un abus Métaphysique

    Incontestablement, le maintien en vie de ''cadavres humains'' pose une question métaphysique ! Mais surtout, encore plus, la question du coût financier et celle de la motivation de l'équipe soignante ! Le ministère de la Santé doit-il financer en priorité le fonctionnement de ''mourroirs'', ou la recherche pour guérir les maladies génétiques qui touchent les jeunes enfants ? Il y a toujours des choix à faire ! Et quelle spécialité choisir lorsqu'on est un jeune médecin ou infirmière, fraîchement diplômé ?

  • Par Ganesha - 22/09/2018 - 15:28 - Signaler un abus Bonnes Sœurs

    Autrefois, il y avait la ''ressource inépuisable'' fournie par les ''bonnes soeurs'' pour consacrer la totalité de leur vie à des tâches inutiles et dépourvues de tout espoir. Leurs tendances masochistes, leur volonté de refuser toute participation à la vie en société, tout dialogue avec d'autres êtres humains, et autres plaisirs de la vie, fournissait une ''main d'oeuvre corvéable à merci'' pour les fantaisies les plus perverses d'un clergé en état de démence.

  • Par cloette - 22/09/2018 - 15:46 - Signaler un abus Non! ces bonnes soeurs

    étaient bien utiles pour tenir la main des grabataires, donner de la soupe aux pauvres, et prier pour l'humanité souffrante ( je ne parle pas évidemment du clergé que vous qualifiez de pervers ) . Quant à ce clergé, il fait partie de l'histoire de France ! Libre à vous d'aduler Robespierre le coupeur de tête !

  • Par Benvoyons - 22/09/2018 - 18:04 - Signaler un abus L'Euthanasie c'est donner l'autorisation à l'Etat futur

    de présenter son projet de Budget 2050 en donnant le nombre de gens qui seront éliminés car couteux pour le National Progressiste.

  • Par cloette - 22/09/2018 - 18:25 - Signaler un abus oui, Benvoyons

    C'est un risque, car on n'est jamais à l'abri de la dictature ou du totalitarisme. Moins l'Etat a de pouvoir, mieux c'est . S'il y a des cas particuliers d'euthanasie nécessaire, il faut que ce soit fait en douce, dans l'illégalité assumée, et avec l'accord de "l'euthanasié" . L'autre jour à la télé une dame se vantait sous les caméras d'avoir prévu son voyage en Suisse pour se faire "euthanasier" car elle se trouvait trop vieille . Elle était consentante certes, mais en faire de la publicité est pervers et macabre .C'est de l'exhibitionnisme indécent .

  • Par pepete34 - 23/09/2018 - 09:52 - Signaler un abus Alzheimer

    que faire lorsqu'on est diagnostiqué de cette maladie, que l'on sait qu'on va devenir un légume, une charge pour son entourage quelqu'un qui ne sera plus aimé, alors oui je préfère l'euthanasie, si possible comme en suisse en musique avec ses proches

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-François Braunstein

Jean-François Braunstein est professeur de philosophie contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il y enseigne l’histoire des sciences et la philosophie de la médecine ainsi que l’éthique médicale. Il a notamment publié Canguilhem, histoire des sciences et politique du vivantL’histoire des sciences. Méthodes, styles et controverses et La philosophie de la médecine d’Auguste Comte. Vierge Mère, vaches folles et morts vivants (PUF).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€