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Comment les Norvégiens sont venus à bout du téléchargement illégal

Une étude menée par un chercheur norvégien de l’Ipsos révèle que seulement 210 millions de chansons ont été téléchargées illégalement en 2012 en Norvège, tandis qu’en 2008, ces derniers en avaient téléchargés plus de 1,2 milliards. Le téléchargement illégal de films s’est quant à lui réduit de la moitié, passant de 130 millions à 60 millions de téléchargements.

e-révolution

Publié le - Mis à jour le 23 Juillet 2013
Comment les Norvégiens sont venus à bout du téléchargement illégal

Une étude menée par un chercheur norvégien de l’Ipsos révèle que seulement 210 millions de chansons ont été téléchargées illégalement en 2012 en Norvège, tandis qu’en 2008, ces derniers en avaient téléchargés plus de 1,2 milliards. Crédit Reuters

Atlantico : Comment mesure-t-on le téléchargement illégal sur la toile? Les études de recensement sont-elles crédibles ?

David Fayon : Le téléchargement (direct ou en P2P) est très difficile à mesurer. Le Département recherche étude et veille de l’Hadopi a même publié une étude intéressante sur la question. On peut toutefois disposer de statistiques et d’estimations via les différents sites qui proposent le téléchargement en P2P notamment mais l’agrégation est délicate et il convient d’extrapoler certaines tendances observées.

La Sofres avait également publiée une étude intéressante en 2009 qui donnait des tendances (par exemple la pratique du téléchargement est plus répandue chez les jeunes et les cadres) même si depuis avec en partie l’effet dissuasif d’Hadopi le téléchargement a baissé. On observe globalement une diminution du téléchargement dans les pays occidentaux, par exemple aux États-Unis pour la musique.

Il n’existe néanmoins pas d’étude exhaustive et fiable sur la question. Pour autant elles permettent d’observer des tendances révélatrices des évolutions des comportements des internautes.

Qu’est ce qui peut expliquer que le téléchargement illégal soit en passe de mourir en Norvège ?

Le téléchargement illégal demeure néanmoins. Toutefois en effet, une étude de l’Ipsos  fait état d’une division par 6 du téléchargement illégal de musique entre 2008 et 2012. Pour les films et les séries télévisées, la division est d’un facteur deux. Cette forte diminution s’explique plus par une adaptation de l’offre que par la politique de répression car en Norvège la riposte graduée à la Hadopi n’a pas été instaurée. De nouveaux services comme Netflix permettent de regarder des séries et des films pour un abonnement mensuel inférieur à celui de Canal+ par exemple. Ou encore Spotify ou Wimp populaire en Norvège. C’est le succès du modèle "freemium" en somme avec une offre abondante.

Il est également possible que la fermeture en janvier 2012 du site MegaUpload par l’opération commando du FBI et qui correspondait à 4% du trafic du Web ait marqué les esprits.

Mais plus généralement se pose la question de la juste rémunération des auteurs et des ayants-droits. Ni la licence globale ni la répression à la Hadopi ne constituent des solutions.

Cette étude peut-elle compromettre le stéréotype de l’internaute du "tout gratuit" sur la toile? Quelles sont les plateformes payantes qui profitent de cette nouvelle manne ?

Tout n’est gratuit qu’en apparence sur Internet. En effet, les téléchargements même gratuits consomment de la bande passante qu’il faut bien facturer. Même si les coûts baissent tendanciellement, nous avons un effet de ciseau avec la quantité de données transmises, notamment la vidéo, qui augmente énormément. Ces coûts sont répercutés d’une façon ou d’une autre à l’abonné.

Toutefois, dans la conscience de l’internaute figure le fait que le coût marginal pour une copie, un téléchargement, tend logiquement vers zéro. Et qu’il convient de repenser des règles de rémunération des acteurs de l’écosystème des industries créatives alors même que les modèles économiques ont changé et que les anciennes recettes ne sont pas applicables aux spécificités d’Internet. Hadopi a été conçu plus pour satisfaire des intérêts d’une industrie déclinante et revient à subventionner la marine à voile alors que la marine à vapeur arrive.

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 21/07/2013 - 10:57 - Signaler un abus téléchargement illégal

    J'ai pas bien tout compris ? :o( J'écoute la radio sur internet et j'enregistre le disque qui me plait, est ce illégal ?

  • Par calin - 21/07/2013 - 13:09 - Signaler un abus pareil

    en effet je ne comprends pas toute ces diatribes Quand je veux un morceau de musique, surtout du classique (mes excuses merci) je vais le chercher sur Deezer ou sur You tub, je l'écoute, s'il me plait j'enregistre en aiff ou mp3, j'extrais l'audio si c'est une vidéo, ai-je fait une grosse bêtise? Bien entendu je ne le vend à personne, c'est uniquement pour mon plaisir. il est vrai que si je pouvais télécharger TOUS je dis bien Tous les morceaux de musique classique à un prix, vraiment bas, en qualité maxi e non en mP3 qui compresse trop, je n'hésiterai pas, malheureusement on ne trouve que les dernières musiques, toujours chansons toujours mp3 en 128 maxi que j'exècre. Alors ?.

  • Par Mondo Générator - 21/07/2013 - 14:02 - Signaler un abus Voilà la situation

    Le P2P est dépassé dans sa forme classique ... aujourd'hui çà passe par VPN (transfert crypté des donnés) ... Quand au Direct Download (téléchargement direct), il est impossible de le contrôler ou de la combattre ... Megaupload fermé et derrière se sont crées 20 ou 30 fournisseurs du même genre : vu le que le direct download peut se faire sans logiciel ou inscription, les indélicats télé chargeurs ne peuvent être pris par la "patrouille" ... Les hébergeurs de fichiers peuvent migrer leurs serveurs suivant les circonstances et ne jamais être inquiétés par la justice beaucoup trop lente. Megaupload va revivre car son arrêt s'est fait en dehors de tout cadre légal international (voir dernières décision de justice sur le cas) .Alors, oui une réflexion sur la pertinence et les prix de l'offre doit être menée, mais n'empêchera JAMAIS le téléchargement illégal. Les solutions : offres d'abonnement, possibilité de devenir propriétaire du contenu payé en abonnement, dématérialisation généralisée des supports, réduction des marges des fournisseurs de contenus, offre de qualité, offre de bonus réguliers aux abonnés(films ou musique gratuits déjà amortis etc ...) ...

  • Par pecqror - 21/07/2013 - 17:55 - Signaler un abus Perso

    Les films surtout français sont de belles daubes. Les musiques c'est pire (c'est niaiseux et gauchiste), dans se contexte qu'est ce qu'il y a à télécharger?

  • Par Grwfsywash - 22/07/2013 - 00:20 - Signaler un abus @ calin - 21/07/2013 - 13:09

    Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Amazon pour ne citer que ce site permet d'acheter des CDs d'occasion à des conditions très abordables, tout particulièrement pour la musique classique. Par ailleurs, les éditeurs de musique classique ont de très nombreux coffrets d’intégrales d'enregistrements historiques dont les qualités d'enregistrement (années '50, '60','70) sont tout à fait satisfaisante, même sur un vrai systeme HiFi. Les prix sont étonnant. L’intégrale Bach de chez Brilliant de 160 Cds est disponible pour moins de 100€. Je trouve des CDs de classique que je source presque partout dans le monde à des prix qui me font préférer l'achat plutôt que la digitalisation de mes disques vinyle ce qui prend beaucoup de temps et d'efforts. Je n'ai jamais trouvé d'excuse à la copie illégale, sauf au temps désormais révolu où rien n’était disponible en pré-écoute sur internet.

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David Fayon

David Fayon est directeur de projets SI au sein du groupe La Poste et membre de l'association Renaissance Numérique. Il est l'auteur de Web 2.0 et au-delà (Economica, 2è éd., 2010) et Facebook, Twitter et les autres... (avec Christine Balagué, Pearson, 2010), de Réseaux sociaux et entreprise : les bonnes pratiques (avec Christine Balagué Pearson, 2011) et de Développer sa présence sur Internet (avec Camille Alloing Dunod, 2012).

Il vient de publier Géopolitique d'Internet : Qui gouverne le monde ? aux éditions Economica.

Il anime enfin le site davidfayon.fr, sur l'actualité du Web et du numérique.

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