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Comment lutter contre le cholestérol

Selon une étude publiée mardi 24 septembre dans le Bulletin épidemiologique hebdomadaire (BEH), près de 20% des adultes en France présentent un excès de cholestérol dans le sang. Cette enquête, la première du genre, a été effectuée en 2006-2007. Les chiffres révèlent que les plus touchées sont les 45/65 ans avec plus 30 % de personnes atteintes.

Hypercholestérolémie

Publié le 25 septembre 2013
 
Près d’un habitant sur cinq a trop de mauvais cholestérol.

Près d’un habitant sur cinq a trop de mauvais cholestérol. Crédit Flickr

Atlantico : Selon une étude publiée mardi 24 septembre dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), près d’un habitant sur cinq a trop de mauvais cholestérol, un facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires. Les hommes et les femmes semblent autant touchés mais la prévalence augmente avec les années. Les résultats sont plutôt satisfaisants mais comment expliquer que malgré les campagnes de prévention, le phénomène perdure ?

Pierre Souvet : Il y a un manque d’éducation à la santé des enfants mais aussi des parents.  Les gens n’ont plus le temps de cuisiner des produits frais et sont souvent contraints d’acheter des produits tous prêts, ainsi certains enfants ne savent pas que les frites viennent des patates. On s’aperçoit qu’au supermarché, il est difficile de savoir si un produit est trop gras, trop salé ou trop sucré.

Je suis donc partisan du triple A, comme sur les machines à laver classées selon leur dépense énergétique. Un aliment très salé ou très gras aurait une note C, D, E… fixée par des experts. Les gens sauraient si les produits sont bons pour leur santé ou s’ils comportent trop de sel, trop de sucres.

Aujourd’hui, il faut lire derrière les produits ce qui est difficile. Une députée avait voulu réintroduire le feu rouge et feu vert pour que les gens aient une idée claire de ce qu’ils achètent mais cette proposition de loi n’est pas passée. On peut penser que les lobbies agroalimentaires ne voulaient pas aller dans le sens d’un étiquetage clair. Pourtant, cela aurait incité les fabricants à produire des aliments moins gras, moins salés, moins sucrés. Pour les machines à laver, lorsque cet étiquetage est apparu, tout le monde s’est mis à fabriquer des appareils ménagers peu énergisants. Appliquer ce système à l’alimentation me semble être la solution.

Comment adapter son régime alimentaire ? Faut-il le faire davantage au cas par cas ?

Bien sûr, il faut savoir lire les étiquettes et éviter à tout prix les plats préparés. Il faut réapprendre à faire la cuisine, à prendre le temps, à faire le marché et adapter son alimentation à sa pathologie. Quelqu’un qui a eu un infarctus, de l’hypertension artérielle ou déjà malade aura une cible plus importante que quelqu’un qui n’a jamais eu de maladie cardiovasculaire. Pour les personnes en bonne santé, 1.50 g/l de cholestérol n’est pas un problème alors que quelqu’un qui a de la tension, coronarien ou même un diabétique aura un objectif cible beaucoup plus sévère. Le traitement doit donc être adapté au cas par cas, il n’y a pas de systématisation.

Il faut connaître les aliments les moins agressifs. Le régime alimentaire et le sport sont importants mais ne font pas tout. Certains ont un facteur génétique favorable. Il faut trouver le juste équilibre.

Dans l’enquête, une personne sur huit a déclaré prendre un médicament destiné à réduire le taux de cholestérol dans son sang : un produit de la classe des " fibrates ". Ce médicament est-il efficace dans la lutte contre cette maladie ? Plus globalement, quels traitements permettent de faire baisser le taux de cholestérol ?

On a deux classes phare : les  fibrates " , la classe plus ancienne et les statines " , la nouvelle classe. Les fibrates sont moins efficaces sur le mauvais cholestérol que les statines mais ont des effets secondaires un peu plus faibles. Ces deux classes peuvent être toxiques pour le foie et peuvent provoquer des crampes musculaires. On peut prendre un fibrate à condition d’avoir une cible bien définie et ne pas vouloir faire baisser le cholestérol uniquement pour le faire baisser. Tout dépend de la stratégie mise en place pour l’individu et de l’objectif de la cible que l’on cherche à obtenir.

Transformer le mauvais cholestérol (de type LDL) en bon cholestérol (de type HDL) est-il une solution ? Comment faire ?

Transformer le mauvais cholestérol en bon est l’idéal mais c’est difficile. Le sport peut légèrement faire monter le bon cholestérol. Les personnes qui ont des triglycérides élevées (les graisses sucrées) ont un taux de bon cholestérol bas. Quand on fait un régime avec moins de sucre, le taux de triglycérides baisse et le bon cholestérol augmente. Il faut penser que l’alimentation est un tout. Il n’y  pas que les graisses mais les graisses sucrées peuvent intervenir.

Quelles autres mesures permettent de lutter contre le cholestérol ?

Le dépistage peut être une solution. Lorsque les parents ont des taux de cholestérol très élevés, le dosage des parents et l’interrogatoire doivent servir à dépister chez l’enfant une hypercholestérolémie familiale. 

Propos recueillis par Karen Holcman

 


Pierre Souvet

Le Dr Pierre Souvet, cardiologue, est le président de l'Association santé environnement France (ASEF).

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