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Comment l’Iran est en train de réussir sa patiente stratégie d’encerclement d’Israël et de l’Arabie saoudite

Avec les victoires des armées gouvernementales syriennes et irakiennes et la rébellion des rebelles Houthis au Yemen, la position de l'Iran s'est indéniablement renforcée au Moyen-Orient.

Moyen-Orient

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En Syrie, le narratif iranien est qu'ils ont été obligés d'intervenir pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la Syrie était le seul allié arabe qu'ils avaient pendant la guerre avec l'Irak. Par ailleurs, la Syrie avec le Liban fait partie pour le régime iranien de l'axe de résistance contre Israël et la Syrie est un donc un pays clé pour acheminer de l'aide au Hezbollah. Enfin, les autorités iraniennes étaient obligées d'intervenir pour éviter que des groupes extrémistes comme l'Etat islamique ou Al Nosra prennent le pouvoir en Syrie.

Par contre, le discours est différent en Iran quant à la crise syrienne dans les camps modérés et radicaux. Les modérés vont insister sur le caractère dictatorial du régime de Bachar El Assad et sur son incapacité à répondre aux premières manifestations autrement que par la répression alors que les radicaux sont silencieux sur ces thèmes. L'ensemble des groupes politiques en Iran s'accordent toutefois sur le danger que représentent pour les chiites et la stabilité dans la région des groupes comme l'Etat Islamique et Al Nosra.

On voit donc que ces deux interventions iraniennes résultaient de la nécessité de défendre des objectifs stratégiques. Quand ces objectifs stratégiques ne sont pas présents et que les risques sont trop grands, les Iraniens vont plutôt éviter l'intervention militaire comme en 1998, où le choix a été fait de na pas intervenir militairement en Afghanistan alors que les Talibans venaient d'assassiner plusieurs diplomates iraniens à Mazar El Sharif.

Que peut-on anticiper pour l'avenir ? Doit-on s'attendre plus à une tentative de conciliation entre Etats Unis et Iran, notamment sur des bases économiques et pétrolières, ou faut-il s'attendre à une prolongation et une intensification d'un conflit larvé entre Téhéran et Riyad ? 

On sait bien que si l'on raisonne en termes économiques, les autorités américaines auraient plutôt intérêt à commencer à négocier avec l'Iran pour que leurs entreprises soient présentes sur le marché iranien. Malheureusement; les signaux donnés par l'administration Trump vont plutôt dans le sens d'une diabolisation de l'Iran et d'un soutien aveugle à l'Arabie Saoudite. Par ailleurs, les dernières semaines et l'épisode Hariri ont plutôt conduit à une montée des tensions entre l'Iran et l'Arabie Saoudite. Pourtant, il existe un camp modéré en Iran sous la direction du président Rohani qui, dans la continuité de la politique de rapprochement avec les monarchies arabes du Golfe Persique de l'ancien président iranien Rafsandjani, est prêt à négocier avec l'Arabie Saoudite. Le problème est que les dirigeants saoudiens semblent privilégier une politique de montée des tensions dans toute la région. Par ailleurs, la politique anti-iranienne de Trump et le caractère disruptif de sa politique moyen-orientale (comme la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël) ont plutôt tendance à renforcer le camp des radicaux en Iran. Et ces derniers sont plutôt partisans de répondre par la force à ce qu'ils estiment être une stratégie d'agression saoudienne. Dans un tel contexte, l'Union européenne et la France doivent absolument jouer un rôle visant à diminuer les tensions entre l'Arabie Saoudite et l'Iran.

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 08/12/2017 - 16:05 - Signaler un abus Une fois de plus

    Aucun rapport entre la tonalité du titre et ce qui est dans l'article!!! Bon ...Atlantico a bénéficié d'emplois "aidés" seule chose certaine c'est pas Vangode car on ne voit pas le mot "gauchiste"

  • Par Marie-E - 08/12/2017 - 16:47 - Signaler un abus Coville

    et l'Iris. Mauvais souvenir de ses 2 interventions à I24. Pour moi la solution pour un Iran tranquille : 1/ les mollahs ont une révélation divine et adorent Israël et tous les pays du Proche Orient + l'Occident .... 2/ il y a une révolution en Iran et les modérés (les vrais pas Rohani) gagnent). 3/ les mollahs se calment et s'occupent de leurs oignons, de leur population (qui ne les mérite pas) et essayent de construire avec des normes dignes en sismologie et en cat nat ... 4/ ils obligent les gentils à s'occuper d'eux avant qu'ils soient porches du point de non retour .... et là je ne suis pas pour eux

  • Par Ganesha - 09/12/2017 - 06:42 - Signaler un abus Impressions personnelles

    Il semble que dans la guerre chiites-sunnites, ce sont pour l'instant les chiites qui ont le dessus. Il semble aussi, quand on compare la vie quotidienne en Iran et dans l'État Islamique, qu'ils sont nettement plus raisonnables.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 09/12/2017 - 09:28 - Signaler un abus Non ! L'Iran n'a aucun moyen

    Non ! L'Iran n'a aucun moyen, ni la volonté d'encrcler Israël.... L'Iran se fout d'Israël ! Seul le débouché d'un gazoduc en méditerranée l'intéresse. C'est déjà presque gagné, et c'est ça qui emmerde l'Arabie saoudite.

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Thierry Coville

Thierry Coville est chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. Il est professeur à Novancia où il enseigne la macroéconomie, l’économie internationale et le risque-pays.
 
Docteur en sciences économiques, il effectue depuis près de 20 ans des recherches sur l’Iran contemporain et a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur ce sujet.

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