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Comment éviter de tomber malade en visitant un musée (et autres lieux publics…) ?

Comment faire la part des choses entre ce qui pourrait être qualifié de recherche obsessionnelle de la propreté et une attention raisonnable portée à l’hygiène ?

Cultivé, mais propre

Publié le - Mis à jour le 24 Août 2017
Comment éviter de tomber malade en visitant un musée (et autres lieux publics…) ?

Atlantico : Les musées ont de plus en recours à des écrans, installés au gré de la visite, ou sous forme d'audioguide, ce qui peut entraîner la méfiance des visiteurs quant à la propagation de germes. Comment faire la part des choses entre ce qui pourrait être qualifié de recherche obsessionnelle de la propreté et une attention raisonnable portée à l’hygiène ? Comment se préserver dans ce type d'endroits publics ?

Stéphane Gayet :Chaque individu est confronté à un grand nombre de risques. Chacun doit effectuer sa propre gestion des risques auxquels il est exposé. Plus les techniques se développent et se complexifient, plus elles génèrent de risques. Ce qui a de quoi rendre perplexe. Il y a les risques chimiques liés à l’alimentation, ceux liés à la pollution de l’air intérieur et extérieur, ceux liés aux divers rayonnements, notamment électromagnétiques, mais aussi les risques d’accident, de vol, d’agression, de maladie grave, sans oublier les risques financiers, etc.

Parmi tous ces risques, les risques infectieux sont probablement ceux qui sont les plus mal compris et partant les plus mal gérés. Nous n’avons pas la possibilité de percevoir les microorganismes : ils sont microscopiques et donc invisibles, n’ont pas d’odeur, ne laissent pas de trace et les conséquences d’une contamination microbienne de notre corps sont à la fois aléatoires et différées dans le temps. Aléatoires, car, lorsque nous contaminons nos mains en serrant celles d’autres personnes, cela n’a pas toujours une conséquence perceptible. Différées dans le temps, car, si une infection doit en résulter, elle est toujours précédée d’une période latente de plusieurs jours, appelée incubation. Cette période d’incubation, si elle excède 48 heures, suffit souvent à nous faire oublier la circonstance contaminante.

Beaucoup de risques font aujourd’hui l’objet d’une gestion collective : réglementation, mesures préventives industrielles, équipements collectifs de protection, obligations de s’assurer, etc. Mais la gestion des risques infectieux reste en grande partie individuelle. La polémique récente à propos des vaccins obligatoires nous a rappelé que chacun de nous entendait gérer lui-même ses risques infectieux. À dire vrai, la gestion des risques infectieux est difficile. L’hygiène microbienne, branche de la médecine ayant précisément pour objet la prévention de la contamination par des microorganismes, est à la fois incomprise, dévalorisée et même tournée en dérision. Pourtant, elle est capable d’éviter bien des maladies.

Face à la perception -ou sa non-perception- du risque microbien dans la vie quotidienne, peu de personnes ont un comportement vraiment rationnel et équilibré. Certaines adoptent des rites obsessionnels de lavage répétitif des mains -jusqu’à se les abimer- et de désinfection pluriquotidienne des objets, d’autres ont au contraire une attitude totalement insouciante et fataliste : « Arrivera ce qui doit arriver ; notre immunité est là pour nous protéger… » Alors que le fait d’adopter quelques règles simples et efficaces de prévention est de nature à nous protéger avec un niveau opérationnel de sécurité.

 
Commentaires

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  • Par ithery - 23/08/2017 - 23:13 - Signaler un abus Sérieusement ?

    Comment évitez, avec un z ?

  • Par Stéphane Gayet - 26/08/2017 - 10:37 - Signaler un abus Fautes d'orthographe dans les grands titres

    Les fautes d'orthographe dans les grands titres sont signalées et devraient être très prochainement enrayées.

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Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

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