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Comment l'Euro a transformé
l'Espagne et l'Italie
en pays du tiers-monde

Alors que les pays européens en difficulté de la zone euro présentent des niveaux d'endettement ou de déficits similaires à ceux du Japon ou de la Grande-Bretagne, pourquoi sont-ils attaqués par les marchés ? Paul Krugman l'un des éditorialistes vedette du New York Times se posait la question en juin dernier. Depuis, il a trouvé la réponse.

Effets pervers

Publié le - Mis à jour le 15 Novembre 2011
Comment l'Euro a transformé
l'Espagne et l'Italie
en pays du tiers-monde

En adoptant l'Euro, l'Espagne a abdiqué tout pouvoir en matière de politique budgétaire.

En juillet dernier, l'économiste Paul Krugman s'interrogeait sur son blog sur qui pouvait sembler au premier abord un non-sens économique : pourquoi les taux d'intérêt des dettes italienne et japonaise divergent-t-ils autant, alors même que les deux pays ont un endettement et une démographie comparables ?

Le déficit public est même moins important en Italie, notait Krugman. Et pourtant les obligations japonaises à dix ans étaient alors soumises à un taux d'intérêt de 1,09%, contre 5,76% pour les obligations italiennes.

A l'époque, l'économiste admettait ne pas avoir "la réponse complète". Il l'a manifestement trouvée aujourd'hui. Dans un éditorial également publié par le New York Times, Paul Krugman prédit la fin prochaine de l'euro et en tire quelques conclusions. Pour lui, il ne faut y voir ni la preuve de l'échec de l'État providence ni celle de la nécessité de s'imposer des restrictions budgétaires.

Si l'Italie ou l'Espagne rencontrent aujourd'hui de telles difficultés économiques - dont les sommets atteints par le taux d'intérêt de leur dette sont le symbole - c'est qu'en adoptant l'euro, les deux pays ont abdiqué tout pouvoir en matière de politique monétaire. Or, pour Krugman, c'est précisément ce critère qui détermine le taux d'intérêt appliqué aux obligations d'un pays.

"Dans les faits, l'Espagne et l'Italie se sont réduites au rang de pays du tiers monde, qui doivent emprunter dans une monnaie qui n'est pas la leur. Plus précisément, parce que les pays européens ne peuvent pas imprimer leur propre monnaie, même en cas d'urgence, ils rencontrent des difficultés de financement que les nations qui ont conservé leur propre devise ne connaissent - avec les résultats que nous voyons maintenant", écrit-il. En d'autres termes, si aujourd’hui l'intérêt de la dette japonaise s’élève à 1% seulement, contre 7% pour l'Italie, c'est parce que le Japon dispose de sa propre monnaie et des moyens de l'utiliser à sa guise pour soutenir son économie.

Si cette théorie a le mérite de venir contredire l’orthodoxie économique, qui préconise actuellement une rigueur à toute épreuve, elle n'est pas nouvelle, fait remarquer Cullen Roche pour le blog Pragmatic Capitalism. En 1992, Wynne Godley, tenant de la Modern Money Theory, prédisait ainsi : "Si un gouvernement n'a pas sa propre banque centrale pouvant lui signer directement des chèques, il ne peut financer ses dépenses qu'en empruntant sur les marchés, de la même manière que les entreprises, ce qui est sinon impossible, ou du moins très cher, particulièrement dans des conditions d'urgence extrême. Les contraintes budgétaires qui s'appliquent sur chaque gouvernement pourraient alors pousser l'Europe dans une spirale désinflationniste, puis dans une véritable crise".

 
Commentaires

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  • Par Orel35 - 14/11/2011 - 15:56 - Signaler un abus C'est tout ?

    C'est seulement maintenant qu'ils se rendent compte que l'abandon de la politique monétaire est une erreur ? Mais mieux vaut tard que jamais. L'Europe voulait suivre l'exemple de l'Allemagne avec sa politique monétaire, la BCE s'est inspiré de la bundesbank et voilà le résultat. On ne transforme pas des pays historiquement interventionnistes d'un coup de baguette magique.

  • Par sheldon - 14/11/2011 - 16:27 - Signaler un abus N'est ce pas plutôt l'interdiction à la BCE de "battre monnaie"

    A la réflexion, il est actuellement ubuesque de s'apercevoir que des états souverains ont abdiqué leurs pouvoirs monétaires sans en remettre un au niveau de l'Europe. Encore une démarche européenne qui s'est faite de compromis en compromis. Nommer 2 fonctionnaires européens à la tête de la Grèce et de l'Italie ne va rien arranger.

  • Par Tremendo - 14/11/2011 - 16:27 - Signaler un abus Pays du tiers-monde?" Par

    Pays du tiers-monde?" Par pitié, quand on connait pas un pays ou qu'on n'y a jamais mis les pieds, on s'abstient de commentaires aussi méprisants et ridicules.C'est loin d'être l'apocalypse que nous vend la presse inculte française, une France qui est de ce tiers-monde. Certe l'euro a empiré la situation de ces pays très nettement, mais la solution ne consiste pas en dévaluer mais bien réformer

  • Par slavkov - 14/11/2011 - 16:40 - Signaler un abus l'addition

    ... nous devons sortir de l'ue, lâcher la monnaie unique et cesser avec ce mondialisme - les priorités absolues sans ça, notre pays ira à la perte totale, c'est évident ...

  • Par Obsédé Textuel - 14/11/2011 - 17:02 - Signaler un abus Trop facile !

    N'est ce pas plutot le socialisme qui est en train de couler l'Europe ? Rappelez vous, sous Aznar l'Espagne s'était redressé et était devenu l'un des plus riches pays d'Europe. Et depuis ? .... Eh ben les socialistes ont repris le pouvoir au moment des attentats de Madrid. Depuis ils ont vidé les caisses et le clientélisme bat sont plein. Plus pour très longtemps.

  • Par strazny - 14/11/2011 - 17:11 - Signaler un abus "Si cette théorie a le mérite de venir contredire l’orthodoxie"

    on nous vend les réformes économiques à coup de théories, partant du principe que l'économie est une forme de science. La moindre des choses, face à la comparaison entre l'Italie et le Japon, serait d'admettre qu'il y a réfutation de cette "orthodoxie". Il n'y a pas de "mérite à contredire" ! Les autres théories sont réfutées, un point c'est tout, et il serait temps d'en tirer les conséquences.

  • Par Aristote - 14/11/2011 - 17:13 - Signaler un abus Krugman ne vaut pas un A

    Imaginez la France avec encore le franc. Quel intérêt sur la dette d'un État qui passerait son temps à dévaluer ? Le Japon est en déflation et le taux d'intérêt réel sur ses obligations est loin d'être absurde. C'est aussi un pays qui aurait besoin de sérieuses réformes ! Krugman vaut un C, certainement pas un A comme économiste !

  • Par Sawatdee - 14/11/2011 - 17:15 - Signaler un abus Pensée dominante

    Un peu facile comme article L'Euro est désormais le responsable de tous les maux de l'Europe En le distillant un peu plus tous les jours avec de tels articles, on fait le lit d'une pensée unique pas forcément pertinente Soyons fous! Sortez demain un article qui dit exactement le contraire et vous ne serez sans aucun doute pas moins pertinent

  • Par Karamba - 14/11/2011 - 17:48 - Signaler un abus Pas certain...

    ...que la politique de la planche à billets nationale soit meilleure pour inverser une virtualisation croissante de la spéculation financière. Il serait temps de revenir à des repères tangibles. J'aurais presque envie de dire vive la rigueur pragmatique allemande si elle était plus partagée, notamment par les chinois et les américains.

  • Par Orel35 - 14/11/2011 - 18:10 - Signaler un abus @Aristote : Dévalué ? La

    @Aristote : Dévalué ? La France le faisait souvent par le passé, plus ou moins bien, notamment pour relancer l'emploi. L'emploi et la croissance, deux priorités nationales qui n'en sont pas pour la BCE, qui priviligie la stabilité des prix. Notre dette est en majorité détenue par des investissements étrangers, à l'inverse du Japon ou de notre pays il y a encore quelques années.

  • Par bobocleaner - 14/11/2011 - 19:03 - Signaler un abus c est surtout l'utilisation stupide des fonds européens

    et la spécualtion immobiliére inepte ( particulier endetté parfois sur 50 ans !!! ) qui a plombé l'Espagne. Les Espagnols je les aime bien mais quand on analyse les facteurs endogénes de leur état actuel on se dit que l'euro il a bon dos. Rappelez vous les années "Auberge espagnole" et dépenses à gogo. on ne vous parlait pas de probléme en Espagne il y avait déja .... 20 % de Chômeurs !!

  • Par ZOEDUBATO - 14/11/2011 - 22:03 - Signaler un abus Remettons le citoyen au coeur de la Gouvernance

    Les droits de l'homme et les Constitutions Démocratiques mettent le citoyen au coeur du système. Mais il a été évincé et remplacé par les Partis, les Syndicats, les Administrations, les services Publics, les Associations, les ONG, les structures, etc.... Faire appliquer toute la Constitution et rien que la Constitution c'est remettre la gouvernance au service du chaque personne

  • Par Demystificateur - 15/11/2011 - 09:21 - Signaler un abus ''Comment l'Euro a transformé l'Espagne et l'Italie en pays

    du tiers monde'' !!! Encore un titre et un article très excessifs !!! Mais il faut bien attirer l'attention des internautes et augmenter la fréquentation du site..... Atlantico est maintenant comparable à Voici, Gala, Closer, etc..etc..

  • Par fauvette13 - 16/11/2011 - 09:50 - Signaler un abus allez voir ce que Zapatero a laissé faire

    des villes entières bétonnées et vides de tout habitant...

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