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Comment l’Espagne est devenue l’ennemie de l’Etat Islamique

Le double attentat qui a frappé Barcelone ce jeudi pose la question du terrorisme en Espagne. Mais à la différence des précédentes attaques menées en Europe, un groupe constitué est en cause.

Attentats

Publié le

Une nouvelle fois, l'utilisation par les djihadistes de la porosité des frontières européennes appelle une réaction de la part des Etats, dans la nécessité de travailler en commun. Les avancées dans ce domaine vont ils dans le bon sens ?

Alain Rodier : D’abord, il n’y a pas plus de frontières aux sein de l’Union Européenne. Les frontières, c’est Frontex. Même si on dit avoir “rétabli” les frontières, elles ne sont pas aussi présentes qu’auparavant. La coordination entre les différents services européens est déjà à l’oeuvre ; on la redécouvre. Mais en réalité, les services européens depuis leur création ont toujours coopéré les uns avec les autres. Il est vrai que les attentats terroristes ont montré qu’il y avait des déficiences et en particulier dans la rapidité de transmission des informations entre services à l’intérieur d’un pays comme vers un pays tier.

C’est dans cette direction que des réformes ont été prises pour accélérer les échanges d’informations. Des banques de données ont également été créées, permettant à chaque service de venir chercher des informations. Je pense à Europol en particulier.

François-Bernard Huyghe : Depuis le 11 septembre 2001, on dit qu’il faudrait plus de coopération européenne. Je vous rappelle que pendant les attaques du Bataclan, on a vu comment les terroristes pouvaient se balader entre la France et la Belgique comme ils le voulaient. Ça c’est itinérant à une Europe sans frontière. Ce qui est dommage, c’est que les informations administratives et le renseignement sur le terrorisme ne franchissent pas les frontières aussi bien que les terroristes. Cela dit, dans le cas de l’attentat de Barcelone, attendons d’en savoir plus pour dire si une meilleur coopération entre services aurait pu empêcher ça. Gérard Collomb a déclaré qu’il n’y avait aucune raison de penser que Driss Oukabir ait un quelconque lien avec la France. Peut-être qu’une meilleur coopération avec les services marocains aurait pu empêcher ce genre de choses. Apparemment, il y avait un groupe avec des Espagnols et des Marocains que personne n’avait repéré. Au stade actuel, on ne peut pas dire grand chose.
 

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 19/08/2017 - 11:20 - Signaler un abus Lapsus

    " Ça c’est itinérant à une Europe sans frontière" J'aurais plutôt dit inhérent. Mais même avec des frontières on aurait quand même tout ce qu'il faut (et même plus) en France pour avoir des attentats. Quant aux frontières on est censé en avoir autour de l'Europe... On voit le résultat.

  • Par jurgio - 19/08/2017 - 14:40 - Signaler un abus L'islam est une secte conquérante

    et ne hait rien tant qu'on la croie docile et apprivoisable. Ses attentats sont des rappels.

  • Par vangog - 19/08/2017 - 14:47 - Signaler un abus Il existe trois passages de l'Espagne vers la France...

    (le poste frontière à Melles et au col du Portillon et l'autoroute E-15)et, malgré le rétablissement du contrôle aux frontières lié à l'état d'urgence, la camionette kangoo pleine de marocains a réussi à passer dans cette passoire européenne...

  • Par Atlante13 - 19/08/2017 - 19:09 - Signaler un abus Perplexe,

    La belgique, base arrière de l'islamisme. L'Espagne, base arrière de l'islamisme. Mais pas la France? avec ses 17.000 fichés S? Quant à la Catalogne, rappelons l'insistance des autorités régionales à vouloir recevoir plus de migrants, et le raz-le-bol des catalans devant l'afflux des touristes européens. Je pense qu'ils ont été bien entendus.

  • Par adroitetoutemaintenant - 19/08/2017 - 21:12 - Signaler un abus Lamentable ces analyses !

    Quelle perte de temps ! Qu’est ce qu’on en a à foutre qu’ils soient rentrés à quel endroit, qu’ils agissent en groupe à plusieurs ou en groupe avec un seul connard en ligne de front, ou qu’ils pensent que l’Espagne leur appartient. La réalité est simple : ce sont des musulmans qui s’attaquent à une passoire avec des bouseux qui baissent leurs culottes avant qu’on leur demande. Nous sommes la génération LGBTQRSTUVWXYZ qui veut se faire sodomiser alors ils nous la mettent. Alors dites merci les mauviettes que vous êtes ! Et que ceux qui en ont fassent comme moi : créez des comptes twitter et assassinez-les avec vos mots avant…La guerre est contre la gauche et l’islam !

  • Par vangog - 19/08/2017 - 21:15 - Signaler un abus Très cons les dirigeants catalans!

    Ils auraient dit "venez, petits immigrants marocains, venez poser des bombes et renverser des piétons chez nous, car on vous attend impatiemment!" que le résultat n'aurait pas été différent...

  • Par Lou Bïarnès - 20/08/2017 - 10:58 - Signaler un abus Soyons des mécréants

    Et non des pleureurs/euses : pas d'amalgames, vous n'aurez pas ma haine, des fleurs.... Décadence et esprit munichois vous êtes là !

  • Par Beredan - 22/08/2017 - 23:52 - Signaler un abus Rêveries ....

    Il n'y a pas qu'en Espagne qu'il y a une forte potentialité de jihadistes , mais partout ! On dit qu'après chaque attentat , il y aurait des explosions de joie dans les banlieues . Voilà la réalité .

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François-Bernard Huyghe

François-Bernard Huyghe est directeur de recherches à l’Iris.
 
Il enseigne notamment au Celsa-Paris IV à l’Iris Sup, et anime le site http://huyghe.fr
 
Spécialiste des stratégies de l'information, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La Soft-idéologie (Robert Laffont ), L'Ennemi à l'ère numérique (Puf), Comprendre le pouvoir stratégique des médias (Eyrolles), Maîtres du faire croire de la propagande à l'influence (Vuibert), Les terroristes disent toujours ce qu'ils vont faire (avc A. Bauer, Puf), et Terrorismes, Violence et Propagande (Gallimard) 
 
Son dernier ouvrage s'intitule: Désinformation Les armes du faux (Armand Colin 2016). 

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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