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Comment Emmanuel Macron a organisé, en catimini, le début de son ascension présidentielle

Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron devient le plus jeune président de la Ve République. Quasi inconnu des Français il y a deux ans et demi, il a mené une campagne unique dans notre histoire, à l'écart des grands partis, porté par un mouvement créé seulement un an plus tôt, avec la volonté de dépasser le clivage droite-gauche. Extrait de "Emmanuel Macron, le président inattendu" de Nicolas Prisette aux Editions First (1/2).

Bonnes feuilles

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Comment Emmanuel Macron a organisé, en catimini, le début de son ascension présidentielle

Le secret fut bien gardé. Les premiers signes d’une ambition présidentielle étaient apparus au début de l’été 2015, avec son interview dans Le Un où il déplore l’absence de la figure du roi, sa conférence de presse du 15 juillet suivie d’une réunion Facebook à Bercy le même jour. Mais à ce moment, nul ne pouvait imaginer ce qu’il se tramait. À l’automne, Emmanuel Macron planche bel et bien sur un projet personnel. Plus de six mois d’élaboration. Son ami et parrain en politique Henry Hermand l’y a encouragé.

À la rentrée 2015, ce financier de la deuxième gauche qui a fait fortune dans les centres commerciaux constitue autour de son protégé une petite cellule composée de Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit Lyonnais qui suivit François Bayrou en 2007 après avoir commencé sa carrière à Matignon chez Pierre Mauroy, et de l’ancien banquier Henri Moulard, le président de Truffle Capital, fonds d’investissement qui fit naître notamment Carmat, la société de recherche sur le cœur artificiel. Ces hommes d’âge respectable à la vie bien remplie se sont entichés du jeunot. Ils veulent publier un texte : la vision d’Emmanuel Macron, sa position au-dessus des clivages, ses propositions… Le document est destiné à être soumis à la signature de ses soutiens, anciens ou nouveaux, avec pour objectif majeur d’établir son poids politique. Henry Hermand s’est irrité qu’on le dise isolé, ne représentant que lui-même, qu’on l’attaque sans cesse sans que des porte-flingues répondent… Y compris quand les projectiles émanent de tireurs isolés comme Gérard Filoche. Ah, Filoche ! Son meilleur ennemi autoproclamé. L’ancien inspecteur du travail, figure médiatique de la gauche du PS, pense « se refaire la cerise » en tapant comme un sourd sur le ministre de l’Économie. Sans le vouloir, il serait partiellement à l’origine d’En Marche ! Un comble ! Fin septembre 2015, il a lancé une pétition sur Internet, via un site au nom explicite : macron-demission.fr. L’attaque fait bondir Hermand.

« Tes contempteurs sont en train de se compter, il faut réagir ! », explique-t-il à son poulain. Et il prend les choses en mains. « Nous avons travaillé pendant trois mois. Cela devait être le premier stade de son éventuelle préparation de candidature », raconte-t-il. Las, les attentats du 13 novembre 2015 rebattent l’agenda. Impossible de dévoiler une telle initiative individuelle quand la priorité est l’unité autour du président de la République. Dans ce laps de temps, Emmanuel Macron va, après réflexion, inverser la stratégie proposée par Hermand. Au lieu que des soutiens fassent appel à lui, il fera appel à des soutiens en trouvant ces Français qui, dans les sondages, disent l’appuyer. Ils devraient être assez nombreux, vu sa cote. Le ministre de l’Économie y réfléchit avec son vieil ami mais aussi avec d’autres. Plusieurs petits groupes opèrent autour de lui, complémentaires. Depuis son arrivée à Bercy, il anime dans son appartement du ministère des dîners secrets avec les chercheurs de centre gauche qui comptent dans Paris, parfois des invités de droite, diverses personnalités…

 
Commentaires

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  • Par vangog - 22/05/2017 - 00:35 - Signaler un abus L'idée sort du cerveau...

    Si Macron avait eu des idées pour réduire le chômage, la dette, les impôts, les déficits budgétaires et commerciaux du socialisme...ça se saurait! À défaut de résultats sur du concret, les publicitaires gauchistes post-soixanthuitards phosphorent et pondent des slogans qui font mouche sur la ménagère de cinquante ans! Quand on n'a pas de pétrole...

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Nicolas Prissette

Nicolas Prissette est chroniqueur sur LCI, ancien rédacteur-en-chef adjoint au service politique du JDD. Il a publié Les Bobards économiques, en collaboration avec Hervé Nathan (Hachette Littérature, 2009) et Emmanuel Macron, En marche vers l'Elysée (Plon, 2016).

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