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Comment la croissance démographique de la minorité hispanique va transformer le visage des Etats Unis

Selon un résultat d'analyse de la démographie américaine réalisée par le Centre de Recherche PEW, la communauté hispanique représente près de 50% de la croissance de la population américaine en 2017. UN changement qui risque de changer le visage des Etats-Unis.

Latinos

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Comment la croissance démographique de la minorité hispanique va transformer le visage des Etats Unis

Atlantico : Selon un résultat d'analyse de la démographie américaine réalisée par le Centre de Recherche PEW, la communauté hispanique représente près de 50% de la croissance de la population américaine en 2017. Bien que cette population hispanique ne représente aujourd'hui que 17% du total, ces tendances auront elles pour effet de changer le visage du pays ou est-ce que l'abaissement du taux de natalité des minorités, au fil des ans, conduira à un tassement de cette tendance ?

François Durpaire : Sur le plan démographique, il y a un caractère inéluctable dans l'évolution à laquelle on est en train d'assister.

On estime qu'en 2044, les blancs non hispaniques seront minoritaires aux Etats-Unis. Un tiers de cette population sera latino.  Par exemple, si aujourd'hui, on arrêtait tous les immigrants illégaux dans les 10 prochaines années, cette tendance serait de toute façon inévitable. Est-ce que cela va changer le visage de l'Amérique? On peut dire que la société a déjà changé. Il y a différents indicateurs : la religion catholique gagne du terrain. La langue espagnole aussi. Les plats – Tacos, Burritos – font partie de l'univers culinaire américain, à côté du hamburger. La bière mexicaine est quasiment autant vendue que la bière américaine.

Et puis, au niveau des services, vous pouvez payer votre facture d'électricité en espagnol. Aller au guichet bancaire et faire vos opérations en espagnol. Les services clientèles proposent de choisir l'espagnol. Au niveau des médias, vous pouvez choisir vos chaînes uniquement en espagnol. Au niveau économique, les entreprises latinos représentent plus de 3 milliards de dollars annuels.  Les polices de Los Angeles et de New York sont aujourd'hui à majorité hispanique. Tous ces indicateurs montrent qu'il y a bien une hispanisation de l'Amérique. La croissance de la population hispanique est continue. Il peut y avoir, politiquement, la volonté de freiner, de ralentir cette croissance. C'est un petit peu l'objectif de la victoire de Donald Trump. On a vu ce dernier sous le slogan Make America Great Again. Mais pour beaucoup de ses électeurs, ils ont entendu Make America White Again. Pour l'instant, on a fait peu de sujets dessus, mais la grande affaire de la rentrée sera la loi anti-immigration qui est initiée au Congrès. Ce qui est soutenu par Donald Trump, c'est le plan de division par deux de l'immigration d'ici 10 ans. Aujourd'hui, vous avez un million de cartes vertes qui sont distribuées.

 

Sur le plan qualitatif, le président des Etats-Unis souhaitent que ce soit une immigration très qualifiée, pour que les immigrés mexicains peu qualifiées ne concurrencent pas les ouvriers blancs qui sont le coeur de son électorat.  C'est la préférence nationale. Mais la moitié des immigrants qui arrivent aux Etats-Unis ont déjà des diplômes universitaires. L'évolution est déjà là.

Faut-il s’attendre, à terme, non pas à une domination d'une communauté, mais une fragmentation de la population en plusieurs minorités? Dans quelle mesure les USA se préparent à ça ?

Il y a trois scénarii possibles. Deux négatifs, et un positif. Le premier scénario est celui d'un éclatement qui produirait une société mosaïque. Les communautés vivent les unes à côté des autres sans se rencontrer, avec un poids de plus en plus grand de la communauté hispanique. Le deuxième scénario, c'est une sorte d'infusion de la culture latine. Les identitaires américains imaginent même une submersion hispanique. Ils sont le pendant de ceux qui en Europe mettent en avant l'idée d'un "grand remplacement". Pour illustrer cela, certaines villes reprennent leur prononciation hispanique, comme Los Angeles ou Miami. Troisième hypothèse, c'est une sorte une acculturation réciproque. Il y a bien une anglo-saxonisation de ces Hispaniques. La langue anglaise ne se perd pas. Les prénoms choisis par les hispaniques sont anglo-saxons (Jennifer Lopez...). Beaucoup d'Hispaniques de troisième génération ne parlent même plus espagnol. C'est le processus qu'ont connu les Etats-Unis au cours de son histoire qui se prolongerait : une interaction culturelle, économique et sociale entre les groupes qui sont déjà présents et les groupes qui arrivent.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 11/08/2017 - 11:20 - Signaler un abus Pas plus mal si les dégénérés libéraux

    De San Francisco et Autres megacities disparaissent dans leur purée arc en ciel.

  • Par Labarthe - 11/08/2017 - 12:27 - Signaler un abus Mexicanisation

    À moins qu'on assiste à une "mexicanisation" des USA. Les mafias mexicaines ou salvadoriennes, les maras, deviennent de plus en plus présentes, contrôlant socialement, économiquement et politiquement des quartiers entiers de certaines grandes villes. Ils sont simplement plus discrets qu'autrefois, évitant les affrontements sanglants et médiatiques entre bandes.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 11/08/2017 - 15:50 - Signaler un abus À chacun ses immigrés !

    ............Ils ont leurs Mexicains... .....On a nos musulmans . Mais chez nous ça ira plus vite grâce aux allocs...........! et au regroupement familial

  • Par assougoudrel - 11/08/2017 - 16:53 - Signaler un abus A choisir, je préférerais l'immigration

    de mexicains chrétiens que l'immigration musulmane et avec une justice à l'américaine. Si nous avions des mexicains, nous aurions une "ambiance sud américaine" et ce serait la guerre des gangs à cause de notre justice débile, mais il n'y aurait pas de terrorisme religieux, ni de meurtre de prêtre. Une justice digne de ce nom, des gouvernants couillus (quitte à remettre "le rasoir national" en place) et la vie serait plus paisible.

  • Par ikaris - 11/08/2017 - 17:40 - Signaler un abus Le grand remplacement version US

    et voilà ce qui arrive quand on devient subitement laxiste vis à vis de l'immigration : les USA se font littéralement envahir par leurs voisins alors qu'ils s'en étaient bien gardés avant ... et qu'on arrête de nous endormir avec le taux de fécondité car comme chez nous c'est bien avec de l'immigration massive que le phénomène de submersion s'est déclenché. Dans le même article l'interviewé nous parle d'une société complètement hispanisante qui importe ses us et coutumes (et ses mafias) mais se met à fantasmer sur une anglo-saxonisation ... ça n'est qu'un fantasme ! Avec des masses pareilles d'hispanisant qui restent largement entre eux ils vont faire bouger les lignes dans leur sens. Comme pointé par Assougourdel ont échangerai bien leurs immigrés et les notres !

  • Par cloette - 11/08/2017 - 17:59 - Signaler un abus Reportage sur la Finlande

    Pays sans immigration qui a conservé sa langue, ses rennes, son froid , on les envie ....

  • Par clint - 11/08/2017 - 18:35 - Signaler un abus On ne peut comparer immigration "latinos" et musulmane !

    Les latinos sont les italiens du 21eme siècle avec une culture très occidentale. J'ai toujours regretté que les pays européens n'aient pas fait davantage d'appel aux "latinos" plutôt qu'aux peuples qui rejettent notre culture.. Au moins , personnellement, je préfère une messe en espagnol qu'en anglais pour la compréhension (dans les régions fortement latinos les 2 langues alternent.

  • Par Pharamond - 11/08/2017 - 19:53 - Signaler un abus Montesquieu, dans son ouvrage

    Montesquieu, dans son ouvrage "Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence" avait retenu comme l'une des causes de cette décadence,le fait d'avoir accordé à toutes les diversités la citoyenneté romaine qu'ils réclamaient ,ce qui eut pour effet de briser l'unité romaine car:"chaque ville y apporta son génie, ses intérêts particuliers...La Ville déchirée ne forma plus un tout ensemble;et comme on n'en était citoyen que par une espèce de fiction,qu'on n'avait plus les mêmes magistrats...les mêmes dieux,on ne vit plus Rome des mêmes yeux,on n'eut plus le même amour de la patrie". Les hommes font l'Histoire,mais ils ne savent pas laquelle Pourtant elle se répète.La fiction dont parle Montesquieu c'est le jus soli,le droit du sol.

  • Par Deudeuche - 11/08/2017 - 21:56 - Signaler un abus @Lou Come

    Le droit du sol avait un sens lorsque ce sol était la terre des ancêtres et de leurs valeurs partagées avec les nouveaux venus. Aujourd'hui plus d'ancêtres, de leurs valeurs nous avons fait table rase et les nouveaux venus nous imposent les leurs, puisque nous ne sommes plus qu'un espace juridique.

  • Par vangog - 11/08/2017 - 22:03 - Signaler un abus Les gauchistes ont martyrisé la langue...

    car ils savaient qu'elle était inhérente à l'identité américaine. Lorsque les Hispaniques auront pris le pouvoir, permettront-ils que les Américains non-hispaniques voient les chaînes et fassent leurs achats dans une autre langue que l'espagnol? Vamos saver!...

  • Par Liberte5 - 11/08/2017 - 22:19 - Signaler un abus Les USA ne seront plus les USA le jour où les anglos saxons

    seront minoritaires. L'immigration massive de latinos ne permet plus une intégration sur 2 générations. Ce qui était le cas auparavant. Les communautés vivront entre elles, l'unité de la nation sera fissurée ce qui la rendra plus fragile. Merci les démocrates pour avoir trahi leur pays et au républicains pour avoir laissé faire. D. Trump essaie de relever le défi, avec beaucoup de mal, car tous (démocrates et républicains) sont ligués contre lui. Son combat est le combat de tous les patriotes aux USA comme en Europe. Ne nous y trompons pas, son échec aurait des conséquences incalculables pour les USA et pour l’Europe..

  • Par ajm - 11/08/2017 - 22:57 - Signaler un abus Comparaison n'est pas raison.

    Grosse exagération : la grande majorité des latinos US parlent anglais et sont très "americanises", même si beaucoup, en parallèle, parlent espagnol. S'agissant des latinos, on a aussi bien des latinos riches voir très riches , ayant toujours une grande partie de leurs patrimoines dans leurs pays d'origine et qui sont d'ascendance européenne en général, que des latinos beaucoup plus modestes, d'origine indienne. La plupart sont catholiques effectivement et plutôt conservateurs sur le plan des moeurs, sans être pour autant moyenâgeux, ils fournissent une grande partie des engagés dans l'armée US. Donc, la comparaison avec nos "mexicains" â nous est assez hasardeuse.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 11/08/2017 - 23:15 - Signaler un abus Pour rester dans les "lieux

    Pour rester dans les "lieux communs"...comparaison n'est peut être pas raison mais les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets.... Et la chute de la civilisation Romaine nous apprend que des barbares représentant à peine 2 à 5% d'une population autochtone suffit à renverser un pouvoir en place faible car soumis à des luttes intestines.... Alors imaginez si ça va devenir facile pour 20% de musulmans

  • Par Pharamond - 12/08/2017 - 11:02 - Signaler un abus @Paulquiroule

    Le terme" barbare" n'est pas péjoratif. Chez les Grecs, il désignait les étrangers non-grecs. De même pourrions nous l'appliquer à ceux qui n'appartiennent pas à la civilisation d'essence gréco-latine-judéo-chrétienne. Nos élites mondialisées se sont données comme Dieu les richesses matérielles et la technique. Il y aura un retour de manivelle.Sous quelleforme? That is the question.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 12/08/2017 - 15:49 - Signaler un abus La richesse matérielle

    La richesse matérielle mondialisée n'a rien à voir avec le fait d'être envahi .......Au 19ieme siècle la doctrine était encore plus claire, mais l'Occident était capable de faire valoir ses droits et de défendre ses intérêts...Aujourd'hui l'es occidentaux sont tétanisés à l'idée toute simple de défendre leurs intérêts. Je ne vois pas ce qui peut à ce point les rendre rouges de honte qu'ils en oublient de défendre une civilisation qui a plus de 6 siècles d'avance..............Ah! oui !c'est ce qu'on appelle l'égalitarisme, ou la course à handicap pour les chevaux......On met tout le monde au niveau des plus mauvais, et c'est comme ça qu'on fait progresser une société.......

  • Par Pharamond - 12/08/2017 - 17:35 - Signaler un abus Aristote

    Si elle, a dans la mesure où la chrématistique remplace le patriotique.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 12/08/2017 - 20:19 - Signaler un abus Tu l'as dit loukoum.....

    Déjà à cette époque, les plus courageux faisaient vivre les feignasses, qui n'ayant rien d'autre à foutre passaient leur temps à cracher sur ceux qui les nourrissaient.........en sirotant une boisson fraîche dans l'ancêtre de nos cafés philosophiques .......Comme disait ma grand-mère, la philo, ça ne se mange pas en salade, par contre ça peut gâver !!!

  • Par Leucate - 12/08/2017 - 22:01 - Signaler un abus Trumpf est un immigré

    Les EUA se sont construits sur l'immigration à partir de 1820, quand la seconde guerre anglo-américaine durant laquelle Washington fut incendiée par les tuniques rouges leur fit prendre conscience de leur grande faiblesse démographique. Aujourd'hui, très peu d'américains ont des ancêtres ayant fait la Guerre d'Indépendance, un peu plus la Guerre de Sécession, mais la plupart sont arrivés après. Il viennent de tous les pays européens et ont connaît précisément les pays d'où ils viennent. L'Allemagne en premier, les italiens ensuite ont constitué les plus forts contingents. Le grand père de Trumpf, garçon coiffeur né dans le royaume de Bavière fut à l'origine de la fortune de la famille comme patron de saloon et de bordel en suivant la dernière "ruée vers l'or" dans l'Etat de Washington et au Klondyke. Les mexicains sont également fortement représentés dès l'origine avec l'annexion du Texas en combattant dans l'armée de Sam Houston en 1835 et après la guerre americano-mexicaine de 1846-1848 où le Mexique, qui avait à l'origine le territoire de la vice-royauté de Nouvelle Espagne perdit tout l'Ouest américain. Les descendants de Zorro et du sergent Garcia sont devenus américains.

  • Par Leucate - 13/08/2017 - 19:43 - Signaler un abus Quelques chiffres

    Lorsque la guerre d'indépendance éclata, les Treize colonies mutinées (les "Vieux Etats") avaient une population de 2,5 millions de colons anglais (plus quelques hollandais de l'ancienne "Nouvelle Amsterdam", l'ancien nom de New York) auxquels il convient de rajouter 600.000 esclaves noirs. Les noirs sont donc bien de "vieux américains". Les EUA s'ouvrirent à l'immigration européenne a/c de 1820 et ont reçu depuis près de 85 millions de migrants. En 1846-48, lors de la guerre americano-mexicaine, la population américaine était montée à 21 millions d'habitants. Lors de la Guerre Civile, cette population avait atteint le chiffre de 31 millions (USA et CSA) et les pertes de la guerre entre 1861 et 1865 se montent à 750.000 soldats et civils, soit la saignée de loin la plus importante subie par les EUA dans toute leur histoire: Seconde guerre 1941-1945: 406.000 morts sur une population de 133 millions d'habitants, pour mémoire, la Corée, 54.000 morts, le Vietnam 58.000. On voit donc très bien que peu d'américains finalement ont des ancêtres ayant effectivement combattu dans l'armée de Washington ou même dans les armées d'Ulysses Grant et de Robert E. Lee

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François Durpaire

François Durpaire est historien et écrivain, spécialisé dans les questions relatives à la diversité culturelle aux Etats-Unis et en France. Il est également maître de conférences à l'université de Cergy-Pontoise.

Il est président du mouvement pluricitoyen : "Nous sommes la France" et s'occupe du blog Durpaire.com

Il est également l'auteur de Nous sommes tous la France : essai sur la nouvelle identité française (Editions Philippe Rey, 2012) et de Les Etats-Unis pour les nuls aux côtés de Thomas Snégaroff (First, 2012)

 


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