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Comment nous avons sous-estimé l’importance des forces d’Al Qaida

Selon un rapport d'experts de l'ONU, les deux organisations que sont l'Etat Islamique et Al Qaida conserveraient d'importantes capacités d'action.

Terrorisme

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Le président Macron a affirmé qu’en septembre, la stratégie globale de la France serait remise à plat. Nul doute que les états-majors sont déjà en train de plancher, et pas uniquement sur l’avenir de l’opération Sentinelle qui n’est qu’un élément de réponse à la guerre globale qui nous a été déclarée par les salafistes-djihadistes. Ces ennemis étant bien désignés (qu’ils dépendent d’Al-Qaida ou de Daech, peu importe, il convient également de voir qui encourage leur idéologie mortifère de par le monde en général et en France en particulier), où faut-il faire porter l’effort ?

Pour moi la réponse est claire : au Sahel où nous manquons cruellement d’effectifs(1). Ceux consacrés à l'opération Sentinelle y seraient certainement très utiles. Mais il convient de ne pas laisser un « trou sécuritaire » en France par un retrait trop précipité car notre territoire est aussi considéré par l’ennemi comme un champ de bataille potentiel. Si la France est en guerre au Sahel, en Irak et un peu en Syrie, elle l'est aussi à domicile.

Les Américains ont besoin de nous dans la coalition anti-Daech en Irak et en Syrie parce que sans nous, elle ne peut plus être vraiment considérée comme une « coalition internationale ». Sur le plan tactique, c’est différent puisque notre apport reste très modeste. La question qui se pose est : que nous donnent les Américains en échange, particulièrement dans l’appui (indispensable) qu’ils nous apportent déjà au Sahel ? Peut-être peut-on renégocier ?

Et enfin, la question qui fâche : quid de Téhéran, Moscou et Damas ? Où les place-t-on dans la lutte contre les salafistes-djihadistes ? C’est au Président Macron de répondre, si possible clairement. C’est bien lui le chef, non ?

1. En gardant présent à l’esprit que c’est d’abord aux responsables des pays africains de mener cette guerre qui les mine. La France n’est là que pour les aider et ses forces devraient être relevées dès que les armées locales auront la capacité de le faire.

 
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  • Par assougoudrel - 14/08/2017 - 10:59 - Signaler un abus Dites-nous ce que nos gouvernants

    n'ont pas sous-estimé, car ce sera plus simple à énumérer.

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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