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Comment les administrations vont (enfin) devenir plus accessibles et efficaces grâce à une meilleure interconnexion de leurs plateformes numériques

La France a lancé ce mardi 21 juin un "magasin des API des services publiques", afin de faire participer le secteur privé au développement des services numériques de l'Etat. Une décision qui pourrait aboutir à plus d'accessibilité et d'efficacité.

Le vrai choc de simplification ?

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Comment les administrations vont (enfin) devenir plus accessibles et efficaces grâce à une meilleure interconnexion de leurs plateformes numériques

Atlantico : La France a inauguré officiellement mardi 21 juin son "magasin des API des services publics", qui a pour objectif de permettre le développement de services numériques plus efficaces. Qu'est-ce qu'une API et que signifie concrètement cette annonce ?

Gilles Babinet : J’ai coutume de définir une API comme l’équivalent d’une prise de courant dans le domaine de la donnée.

C’est un connecteur qui permet d’accéder à des données depuis l’extérieur d’un système d’information. Les API contiennent en elles-mêmes les règles auxquelles on est nécessairement soumis en s’y connectant : type de données, volume, vitesse, fréquence, etc. Les API sont des outils essentiels pour développer des écosystèmes de partenaires à partir d’une plateforme numérique. 

L’annonce du gouvernement marque un pas important : celui de la mise à disposition de façon normalisée, des données de l’Etat. 

Pourquoi l'Etat a-t-il décidé d'ouvrir ce "magasin des API publiques" au secteur privé ? Quels sont les avantages d'un tel fonctionnement en termes de modernisation des services publics, du point de vue de leur développement mais aussi de leur utilisation future ?

D'après ce que je sais, cela n’a pas été facile. Le fait de standardiser les échanges de données avec l’extérieur a fait l’objet de nombreuses réticences de la part de certaines administrations. Cette mise à disposition d’API offre une forme de garantie de normalisation des données. Si les données sont de qualité, elles devraient susciter l’émergence d’un écosystèmes de développeurs, startups, civic-tech, etc. conséquent. Une illustration de la conséquence des API consiste à ne plus voir la société civile et les acteurs privés comme faisant face à l’Etat, mais comme s’y trouvant finalement au coeur. Ils peuvent souvent développer des services commerciaux ou citoyens plus vite, plus efficaces et plus accessibles que l’Etat (et les grandes administrations de services publiques) lui-même. 

Le développement des API est fondé sur une volonté de simplification des services publics : cet objectif peut-il être atteint par de telles démarches ? Ne risque-t-on pas également de nouvelles complications des rapports entre administration et administrés ?

Je ne crois pas. Les API ne complexifient pas les systèmes d’information de l’Etat. Concernant la complexification des relations entre administration et administrés, les API doivent normalement prévoir dans leurs conditions d’usages quel est le niveau de responsabilité qui incombe à l’Etat (la qualité des données par exemple) et à l’utilisateur (ne pas les utiliser contre l’intérêt du citoyen par exemple en "désanonymisant" les données par croisement). 

 
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Gilles Babinet

Gilles Babinet a créé de nombreuses sociétés dans divers secteurs. Premier président du Conseil national du numérique, puis "Digital Champion", il représente la France auprès de la Commission européenne pour les enjeux du numérique. Il est l'auteur de L'Ere numérique, un nouvel âge de l'humanité (Le Passeur Éditeur, 2014).

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