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Ce climat international explosif dans lequel baigne la présidentielle française

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle française, le désarroi de l’opinion est profond.

Allô Barack

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Ce climat international explosif dans lequel baigne la présidentielle française

Les raisons en sont diverses :  pour la droite classique, l’ébranlement de l’image de leur champion désigné par les primaires, François Fillon, à la suite d’une manœuvre de déstabilisation judicaire et médiatique de grande ampleur largement conduite de l’Elysée,  a troublé les esprits. Pour la gauche classique, l’effondrement du candidat du parti socialiste également désigné par des primaires, Hamon,  et l’émergence de deux candidats hors normes : Macron et Mélenchon est un facteur de trouble au moins aussi grand.

Seul l’électorat   de Marine Le Pen, stable au niveau  d’un Français  sur quatre, semble sans états d’âme. 

Mais le désarroi de l’opinion ne s’explique pas seulement par les péripéties de la campagne électorale, il est tributaire   d’un   contexte plus général : le choc encore récent des attentats terroristes et de la vague migratoire de 2015-2016, l’affrontement de Washington et de Moscou, la guerre qui se poursuit en Syrie, en Irak et dans d’autres pays du Proche-Orient. 

C’est sur ce contexte que nous voudrions insister.

Deux camps 

La situation internationale est plus tendue qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin la guerre froide. 

L’épicentre de la tension se trouve aux Etats-Unis.  Pour la première fois dans l’histoire de cette grande démocratie, le résultat des élections présidentielles n’est pas accepté par  le camp vaincu. Donald Trump a été élu contre la quasi-totalité de l’establishment, de la presse, des banques et une grande partie de la classe politique. Le camp vaincu animé par Barack Obama et George Soros conteste la légitimité    du nouvel élu alléguant notamment une interférence électronique dans l’élection de la Russie que ces gens considèrent comme un ennemi mortel. Ils cherchent à le forcer  à  la démission   par la procédure de l’ impeachment.  En attendant, une grande partie de l’administration refuse de lui obéir. 

La première intention de Trump était  de se rapprocher de la Russie de Poutine. Aux dernières nouvelles, il se peut que, contraint par cet environnement délétère, il ait décidé, afin de donner des gages, de prendre ses distances avec Moscou. 

Il reste qu’une partie des opinions   occidentales se trouve en accord   avec Trump pour contester le libre-échange absolu, rejeter les abus de l’Union européenne et se rapprocher de la Russie. Les mêmes veulent réhabiliter les frontières pour contenir l’immigration et  ne veulent plus entreprendre de « guerres humanitaires » au Proche-Orient.  

Poutine est sur une ligne analogue, Marine Le Pen, qui a été reçue par lui, aussi. 

En face, le camp qui tenait le devant de la scène avant l’élection américaine, sous la conduite   de Barack Obama et d’Hillary Clinton mais aussi d’Angela Merkel, Hollande, Juncker, Tusk, appuyé par la quasi-totalité des médias des deux côtés de l’Atlantique. Tous sont favorables au libre-échange généralisé, à l’euro, à l’ouverture des frontières aux migrants, au paradigme libertaire, radicalement hostiles à la Russie tenue pour une menace existentielle et par là à   ses alliés comme la Syrie et l’Iran. Les ennemis de ces derniers : Arabie saoudite, Qatar, Turquie et leurs protégés islamistes sont leurs alliés. 

 

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 23/04/2017 - 17:04 - Signaler un abus Social libéralisme internationaliste contre

    National libéralisme conservateur. La bataille fait rage.

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Roland Hureaux

Roland Hureaux a été universitaire, diplomate, membre de plusieurs cabinets ministériels (dont celui de Philippe Séguin), élu local, et plus récemment à la Cour des comptes.

Il est l'auteur de La grande démolition : La France cassée par les réformes ainsi que de L'actualité du Gaullisme, Les hauteurs béantes de l'Europe, Les nouveaux féodaux, Gnose et gnostiques des origines à nos jours.

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