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Le classement LinkedIn des universités peut-il être fiable ?

Le réseau social professionnel expérimente un outil aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Canada qui "mesure" la valeur des diplômes et des universités à la carrière des diplômés et suggère aux individus l'établissement qu'ils devraient fréquenter en fonction de leurs objectifs de carrière. Ce nouveau classement vient concurrencer les classements traditionnels du Times Higher Education, de Shanghai ou encore du Financial Times, qui reposent sur des critères essentiellement académiques.

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Le classement LinkedIn des universités peut-il être fiable ?

Atlantico : Le nouveau classement de l'enseignement supérieur du réseau privé LinkedIn change les paradigmes habituels utilisés normalement dans ce type d'exercice : on passe de la prise en compte de la qualité académique à une démarche plus consumériste et terre à terre, où prime l'insertion professionnelle. Cette démarche répond-elle à une attente des étudiants ?

Jean-François Fiorina : Oui, ce classement répond à une attente des étudiants dans la mesure où il permet de connaître la meilleure formation pour obtenir le métier souhaité. Cela favorisera la recherche d'écoles en adéquation avec un projet professionnel.

Après, il faut tout de même relativiser l'importance de ce nouveau classement, car le monde de l'enseignement supérieur fourmille déjà de démarches similaires. Les grandes écoles et les universités en ont besoin pour acquérir une bonne visibilité. Il existe aujourd'hui au moins une centaine de ce genre de classements à l'échelle mondiale.

Quels sont les risques associés au fait qu'une société privée mette au point un tel classement ?

Il faudra faire attention à ce classement, car les profils sur LinkedIn ne seront pas forcément bien remplis et seront biaisés. Comme dans tous les classements, il présentera des limites au début car on va avoir un championnat du monde des menteurs mais comme dans tous les classements, il devrait se professionnaliser avec le temps.

Pour les établissements dont la finalité est de préparer à un métier, une plus grande transparence sera demandée. Par exemple, si une école prépare aux métiers des marchés, les étudiants potentiels auront une attente vis-à-vis de cette école et voudront connaitre le nombre d'étudiants issus de cette école qui travaillent sur les marchés financiers, les noms des entreprises qui les embauchent et leurs salaires. LinkedIn a très bien compris cela en disant :"puisque que nous avons une gigantesque base de données qui recense ce que font les gens et les entreprises qui les accueillent, nous allons pouvoir créer un algorithme qui nous permet d'établir notre propre classement".

Et puis il peut y avoir des dérives, comme par exemple un système de monétisation où l'on demandera aux étudiants de payer pour avoir l'information qui va très certainement émerger, générant ainsi un revenu pour LinkedIn et une discrimination économique chez les étudiants.

L'autre dérive possible est que LinkedIn construise une situation de monopole et devienne la seule référence des étudiants. Il faudra alors préparer les étudiants à utiliser LinkedIn mais à ne pas accorder trop d'importance aux classements, car ce n'est pas nécessairement un classement qui fait la qualité de l'enseignement de l'établissement.

 
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Jean-François Fiorina

Diplômé de l’INSEEC Bordeaux et d’un MBA à l’University of America de San-Francisco, il commence sa carrière en tant que banquier à la BRED avant de devenir consultant à l’international. En 2003, il prend la tête de l’ESC Grenoble, l’une des 4 écoles de GEM. En septembre 2012, il est promu directeur adjoint de Grenoble Ecole de Management.

Ardent défenseur de la pédagogie différenciée, il milite et œuvre pour un enseignement des futurs managers, ouvert sur la société et sur le monde, basé sur la création de passerelles entre les différentes disciplines : management, ingénierie, design, art, géopolitique…

Il développe  ces sujets et fait part de ses convictions sur son bloghttp://blog.educpros.fr/fiorina/. Editeur des notes CLES (notes hebdomadaires d’analyse géopolitique), il est cofondateur du Festival de Géopolitique de Grenoble

 

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