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La classe moyenne face à la crise : changer la vie ? Non, changer de vie !

En 25 ans, les Français de la classe moyenne sont passés du rêve contenu dans le slogan "Changer la vie" à une réalité grise : celle d'un changement de vie contraint. Deuxième partie de notre série consacrée à la classe moyenne (2/4).

La classe moyenne à la loupe

Publié le - Mis à jour le 12 Octobre 2012

A (re)lire sur ce sujet : La classe moyenne face à la crise : "voir petit" une réalité déprimante mais bien installée

En 25 ans, ces Français des classes moyennes sont passés du rêve qu’encapsulait le slogan "Changer la vie" à une réalité grise : celle d’un changement de vie contraint.

Car au final, l’impact de la crise du pouvoir d’achat sur leur quotidien se traduit bel et bien par un changement de vie, une véritable mutation qui s’exprime dans trois dimensions : les habitudes de consommation, la culture, la philosophie de vie.

NOUVELLE CONSOMMATION

La transformation des habitudes de consommation s’articule autour de l’institutionnalisation des comportements de restriction, des comportements de recherche de promotion, des comportements de substitution.

La restriction comme normalité

C’est évidemment le comportement le plus répandu et le plus systématisé : aucun participant à ce blog n’y échappe, dans les témoignages recueillis. Absolument tous les domaines de la vie sont concernés. Du plus basique au plus sophistiqué :

Le confort domestique : "Les solutions sont simples et pas forcément pénibles. Prendre des douches à la place des bains, baisser la température de la chaudière pour que l’eau chaude dure plus longtemps, moins arroser le jardin."

L’alimentaire : "Je continue à partir en vacances mais moins longtemps, nous allons moins au resto, nous mangeons moins de viande, vive les salades de riz."

Les vacances : "Nous aussi, c’est principalement le budget vacances qui a été amputé, plus question de partir autrement qu’en camping, et nos trois semaines habituelles se sont muées en 10 jours, avec zéro resto ! Je m’estime déjà heureuse de pouvoir encore partir en vacances, ce qui n’est déjà plus le cas de beaucoup de Français !"

Les loisirs : "Nous n’allons plus très souvent au resto même type burger ou alors avec des tickets resto, nous n’allons plus non plus dans les parcs d’attraction que nous adorons pourtant et les vacances c’est maintenant tous les 2 ans."

L’apparence et le soin de soi : "Le coiffeur juste une fois par an, pas de maquillage, peu d’achats vestimentaires (juste quand c’est en soldes) etc… !!!"

La culture : "Je suis passionné de bandes dessinées. Il y a encore quelques années, j’en achetais régulièrement, sur coup de cœur. Aujourd’hui, je n’en achète plus car quand je suis devant le rayon, je me demande si c’est vraiment utile, si je peux m’en passer, si je ne devrais pas prendre autre chose qui durerait plus longtemps… Et bien sûr la réponse tombe : j’en prendrai plus tard. Je me rabats alors sur le rayon livre de poche. Snif…"

Enfin, dans l’économie de restriction, un domaine a une place particulière : l’énergie.

C’est l’apparition d’une nouvelle donne énergétique de tous les jours. Alors que le budget énergie annuel moyen d’un ménage français s’élève en 2012 à 2 900€ (dont 1 600€ pour l’énergie domestique), et que 3,8 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique, soit environ 8 millions de personnes, on perçoit dans les récits de vie postés ici une nouvelle réalité : ce qui est rare, donc cher, peut être indispensable au quotidien et demande donc une complète réévaluation des valeurs et des pratiques.

Cette réévaluation implique d’abord de savoir choyer les nouvelles matières précieuses : l’essence, le gaz, l’électricité… Et d’adapter tous ses comportements à cette nouvelle donne qui s’impose à ceux qui habitent souvent loin des centres villes et sont tenus de prendre leur propre voiture pour aller travailler. Tout mettre en œuvre pour obtenir un seul résultat : garder le coût de l’énergie sous contrôle.

Par le covoiturage…

"La hausse des carburants a modifié notre comportement considérablement! Plus de sorties sur un coup de tête, davantage de covoiturage et difficile quand on a la plus âgée qui doit faire ses km pour la conduite accompagnée…"

Par la diminution / suppression des trajets…

"La dernière fois que nous avons renoncé à quelque chose, c’est au mois de mai. Un copain d’enfance de mon mari fêtait ses 40 ans. Malheureusement, il habite loin maintenant et nous n’avons pas pu y aller car nous n’avions pas le budget pour payer l’essence. Nous avons regardé les prix du train et c’est encore pire !"

"Pour nous, cela a été la communion du neveu : 900 km de distance ce n’était pas possible, que ce soit par le train ou par la voiture, on aurait mis des mois à s’en remettre…"

 
Commentaires

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  • Par honduras - 09/10/2012 - 09:56 - Signaler un abus redistribution et pauvreté pour tous

    d'un côté le financement de la pauvreté et toutes ces dérives assistanat, immigration sociale,...et de l'autre l'appauvrissement des classes moyennes et le départ des riches. la gauche est un turbo pour ce mécanisme qui entraine une démotivation totale des classes moyennes qui se demandent vraiment pourquoi elles se lèvent le matin. on a tendance à ne parler que des chefs d'entreprise mais il faudrait se pencher sur l'ambition sociétale, elle est .........vide

  • Par JSPHGE - 09/10/2012 - 10:59 - Signaler un abus La mort programmée des classes moyennes

    Article mignon un empilement de constat sans prise de position. Dans le combat entre la finance internationale et nationale, nos élites obsédées par la préservation de leurs intérêts ne pouvant plus agir sur une monnaie nationale du fait de l’euro et des lois, agissent sur le dernier curseur à leur disposition - les salaires, en réduisant les salaires d’une classe vouée à disparaitre – la classe moyenne – situé entre 1300 € et 2500 € net. Avant avec un BTS on pouvait espérer obtenir un bon salaire ou à minima un salaire suffisant. Combien de jeunes BAC+4 payé seulement 1200€ net par mois pour être webmaster ou chef de projet aujourd’hui ? Nous assistons bel et bien à la paupérisation des classes moyennes avant disparition. L’ascenseur social n’est qu’une fiction entretenu pour faire illusion.

  • Par fms - 09/10/2012 - 12:01 - Signaler un abus au final, nous redécouvrons ce que faisait nos grands-parents...

    les trente glorieuses ont été une étape de développement exceptionnelle des sociétés occidentales dans les facteurs n'ont pas tous été étudiés. Elles sont suivies des trente calamiteuses avec l'apothéose de la crise de la dette et de l'absence de croissance. Tous ces petits trucs alignés pour gagner un tant soit peu de pouvoir d'achat me rappelle mes grands parents qui ne gâchaient rien, réutilisaient et valorisaient leurs objets jusqu'à certaines obsessions qui me paraissaient bien étranges. "tu sais quand tu as fait l'exode et que tu as connu la guerre..." était leur grande réponse. 60 ans plus tard, ça serait plutôt "tu sais quand tu as connu le chômage et les faibles salaires..."

  • Par General3Gaulle - 09/10/2012 - 13:50 - Signaler un abus Classe moyenne ou classe populaire, gommer les différences

    Je constate que dans les médias et chez les politique la classe populaire a disparut. Et de maniere incidieuse on fait croire a une partie de la classe populaire qu'elle appartient a la classe moyenne. POurquoi ? pour simplement eviter un affrontement entre l'hyperclasse qui tirent profit du capitalisme dans sa forme neo liberale mais ruine la classe populaire et la classe moyenne. Quand on gagne le smic ou 1200 euro par mois non on appartient pas a la classe moyenne mais a la classe populaire. Cette confusion entretenue par les médias n'est pas un hasard. En faisant cette massification qui consiste a englober la classe populaire dans la classe moyenne on gomme les différences de revenu et on diminue la prise de conscience de la classe populaire qu'elle est au bas de l'echelle. Classe populaire qui reste celle qui a payer le prix le plus cher de ce capitalisme dans sa forme neo liberale qui profite a cette hyperclasse nomade et numériquement minoritaire mais qui controle les marches financiers et les medias. Liberation qui perd 20 millions chaque année au banquier Rotshild c'est pas par philantropie ils defendent la libre circulation des hommes...

  • Par detounens - 09/10/2012 - 14:47 - Signaler un abus article si réaliste !!

    Je m'y retrouve complètement. Nous, on a un seul salaire+alloc pour une famille de 6 et on vit en province. Salaire plus bas mais vie moins chère. On a une très belle maison mais qu'on loue (impossible d'acheter, on ne nous prêterait pas la somme), nos enfants font de la musique, du cheval, on fait du ski l'hiver et on va à la mer l'été mais on achète rieN; Quand je dis rien c'est rien à part la nourriture et l'essence. On veut garder notre manière de vivre familiale alors 0 achat. On récupère les vêtements, les meubles. On va à la bibli. Pas de coiffeur, pas de trucs technologiques. Juste des clopes et un peu de bon vin. le choix d'être locataire nous permet tout ça, si on devait acheter et entretenir une maison on y arriverait jamais. Le truc, c'est de ne rien acheter, c'est en fait très agréable. On fait la nique à la société !!Et les restos, pas de regrets, c'est tellement rare qu'ils soient bons aujourd'hui !!

  • Par Elgeographe - 09/10/2012 - 16:54 - Signaler un abus la classe moyenne qui n'existe pas

    Depuis 1891, un bail donc, les revenus financiers des ménages s'ordonnent suivant une loi de Pareto, dans tous les pays et toutes les années. Ces lois puissance signifient tout simplement que la moyenne n'a aucun sens. La classe moyenne n'existe pas en termes financiers. C'est d'ailleurs pour cela que toutes les familles vont payer, riches et pauvres, non pas pour combler la dette, mais pour éviter qu'elle n'explose.

  • Par gaetan09 - 09/10/2012 - 17:06 - Signaler un abus qu'est ce qu'une classe moyenne ? quelle restriction

    il y a quand un peut trop d'empathie dans cet article : 1 / penser a ce qui ne vont jamais en vacances, ni ne peuvent manger ou payer leur factures 2 / malheuresement la société s'adapte a ces nouveau consommateur : - low cost (automobile / avion) et reussi a ouvrir leur porte feuille - site type vente prive , groupon - camping "luxe" 3 / les comparaison avec les epoque passée ne sont pas les meme - aviez vous la meme famille ? - aviez vous 4 tel portable 3 ordinateur un carte 3 g et un abonnement internet il y a 10 ans ? - aviez vous la meme voiture ? alors oui c'est la classe moyenne qui fait vivre un pays et qui va regler la facture, non il y a bien plus de categorie defavorisée de gens qui ont de vrai diffculté (acces a la santé, à l'education)

  • Par Elliot pipotte - 10/10/2012 - 09:12 - Signaler un abus mode crise

    cela fait 4 ans que l'on est en mode CRISE parce que quand on est dans l'économie réelle on voit les choses arriver avant , la vie depuis, achat des produits de saison marché fruits et légumes poissons aux prix raisonnables achat que de produits en soldes ou promotions et toujours recherche de la bonne affaire celui qui nous dit que le prix est le prix il se la garde Demain on sera

  • Par ntzsch - 10/10/2012 - 22:02 - Signaler un abus Il ne s'agit pas là de classe moyenne

    La classe moyenne se situe entre riche et pauvre. Pour moi, elle gagne entre 5 et 10000 € par mois, Mais évidemment il faut toujours compter. Si la classe moyenne était telle qu'on la décrit là, que mangeraient les classes populaires ? Et les pauvres, allors n'en parlons pas !

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Véronique Langlois et Xavier Charpentier

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