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Chute des exportations et ralentissement de la croissance : pourquoi la BCE doit réagir rapidement pour soutenir une économie européenne en grand danger

Suite à un été marqué par le ralentissement des pays émergents, les premiers signes d’un impact sur l’économie européenne commencent à apparaître : la demande extérieure, sur laquelle se base le modèle allemand, est fragilisée par les difficultés que traversent aujourd'hui ces mêmes pays émergents. Confrontées à une problématique identique, les banques centrales étrangères ont déjà choisi de réagir. Le 22 octobre prochain, la BCE sera attendue au tournant.

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Chute des exportations et ralentissement de la croissance : pourquoi la BCE doit réagir rapidement pour soutenir une économie européenne en grand danger

Le 22 octobre prochain, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne se réunira une nouvelle fois afin de décider de la suite à donner à la politique monétaire de la zone euro. Si ce type d’évènement semble souvent anecdotique ou insignifiant pour le grand public, il s’agit pourtant des seules réunions ayant un réel impact sur le niveau d’activité économique du continent. Et elles sont à ce titre, véritablement décisives. 

Si l’année 2015 s’annonce comme celle du début de la reprise pour le continent, largement en raison de la mise en place du plan de relance monétaire décidé par la même BCE en janvier dernier, le ciel économique européen tend à s’assombrir au cours de cet automne.

En effet, après un été marqué par le ralentissement économique chinois, ou les récessions brésilienne et russe, la zone euro est aujourd’hui confrontée à un affaiblissement de la demande étrangère, menaçant dès lors le volume de son commerce extérieur.

Ainsi, et à l’occasion de la publication de son point de conjoncture de la zone euro, le 6 octobre dernier, l’INSEE titrait "La demande intérieure tire la reprise" en indiquant :  "À l’horizon de la prévision, la demande intérieure resterait vigoureuse principalement grâce au dynamisme de la consommation. La demande extérieure ralentirait légèrement au cours du second semestre 2015 compte tenu des difficultés rencontrées par les pays émergents, particulièrement la Chine". L’économie européenne est ainsi prise entre deux feux, entre une demande intérieure soutenue par un plan de relance monétaire, et une demande extérieure fragilisée par des pays émergents en difficulté.

Et, depuis quelques jours, ce risque tend à se préciser. Ce 8 octobre, la Banque de France publiait son point de conjoncture relatif à la croissance française en ce 3e trimestre 2015. Après avoir estimé cette croissance à 0.3% pour ce même trimestre, celle-ci s’affiche désormais à 0.2%. Bien que les activités de services apportent satisfaction, c’est du côté de l’activité manufacturière que la déception a lieu. 

De façon plus claire, c’est du côté de l’Allemagne, géant exportateur de la zone euro, que l’impact du ralentissement étranger se précise. L’institut de statistiques local, Destatis, publiait ainsi les dernières données du commerce extérieur allemand. Malgré une hausse sensible des échanges internationaux au cours de la dernière année, le mois d’août témoigne d’une chute brutale des exportations de 5.2% et de 3.1% pour les importations.

Commerce extérieur allemand. Source DESTATIS

Bien que le chiffre isolé de ce seul mois d’août ne puisse permettre de tirer une conclusion définitive, la révision à la baisse des prévisions de croissance allemande de la part des plus grands think tanks du pays, DIW, Ifo, IWH, et RWI, vient confirmer ce sentiment de prudence. En effet, alors que la croissance du pays était attendue à 2.1% pour cette année 2015, le chiffre vient d’être abaissé à 1.8%. Selon ces organismes, la forte exposition de l’économie allemande aux marchés extérieurs la rend plus vulnérable aux remous subis par les pays émergents, ce qui est à l’origine de cette révision baissière.

 
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  • Par Anguerrand - 10/10/2015 - 08:55 - Signaler un abus La question est plutot

    Pourquoi s'être fâché avec Poutine pour un coût exorbitant pour la France?

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.
 
Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

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