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Chute en trompe l’oeil d’Angela Merkel dans les sondages : pourquoi l’Allemagne se dirige vers toujours plus de rigueur après les élections de septembre

Alors que les prochaines élections générales se dérouleront le 24 septembre prochain en Allemagne, Angela Merkel voit sa côte de popularité chuter lourdement dans le dernier baromètre réalisé par Infratest.

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Chute en trompe l’oeil d’Angela Merkel dans les sondages : pourquoi l’Allemagne se dirige vers toujours plus de rigueur après les élections de septembre

Atlantico : Comment expliquer cette chute de 10 points à 6 semaines des élections, faisant passer Angela Merkel de 69 à 59% de satisfaits de l'action de son gouvernement ? Quels sont les thèmes majeurs de cette campagne électorale ?

Fabien Laurençon : Cette chute massive et brutale de la popularité de la Chancelière constitue une surprise à première vue dans le calme de la pause estivale en Allemagne,  cette "Sommerpause" qui, comme en France,  est le signal de la trêve politique et syndicale outre Rhin.

Pour autant, il faut souligner que cette chute de popularité n'entraîne pas symétriquement une hausse de la popularité de son rival, Michael Schulz,  qui stagne à 12 ou 13 points en dessous d'Angela Merkel, et ne bénéficie que marginalement (+ 4 points en un mois) de cet essoufflement. Cette inflexion estivale de la courbe de popularité d'Angela Merkel, bien que significative, ne remet pas fondamentalement en question la position dominante de la Chancelière sortante.

Sauf coup de théâtre (par exemple un attentat perpétré sur le territoire allemand, incident grave impliquant des réfugiés...), rien ne semble en mesure d'empêcher la réélection de Madame Merkel.

A six semaines de sa réélection, cette baisse s'explique néanmoins par la conjonction de plusieurs facteurs:

- l'usure du pouvoir, une forme de lassitude à l'égard du prévisible prochain gouvernement tout d'abord sont indéniables. Le vote Merkel n'est pas tant un vote d'adhésion enthousiaste qu'un vote de raison, voire de résignation en l'absence d'offre politique alternative séduisante et sérieuse. La seule véritable inconnue tient à des facteurs extérieurs, c'est à dire à l'identité du partenaire de la CDU-CSU dans la future coalition

- le silence assourdissant d'Angela Merkel sur les sujets d'actualité les plus sensibles que sont la crise des réfugiés d'une part, les liens étroits voire consanguins des grands groupes industriels - automobiles en premier chef (auxquels le Spiegel a d'ailleurs consacré sa une en juillet sous le titre provocateur "Das Kartell") et le pouvoir politique.

- enfin, le contenu très flou, limité et au fond assez décevant du programme de la CDU-CSU qui cumule les promesses faciles et les formules creuses, consensuelles mais qui n'innovent pas vraiment au regard des grands enjeux (démographie avec la gestion intelligente du vieillissement de la population, industrie avec la révolution digitale et la modernisation des infrastructures, éducation avec l'adaptation de son système éducatif  dans le secondaire...) et peinent à réinventer le consensus ordo-libéral allemand en vigueur depuis 1949.

La force de la campagne de la CDU-CSU est de reposer ainsi exclusivement sur la personnalité de sa candidate. C'est également sa principale faiblesse: faute de socle programmatique solide, la droite allemande en est réduite à hyper-personnaliser sa campagne, avec le risque de se retrouver fragilisée si sa figure de proue s'essouffle.

 
Commentaires

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  • Par Danper - 11/08/2017 - 12:35 - Signaler un abus L'art de la récupération

    En réalité, Merkel ne fait rien. Elle se borne à récupérer les fruits de la politique de Schröder du point de vue interne et à faire payer par les européens sa politique migratoire via le chèque octroyé à son allié inconfortable Erdogan. Pour le reste, elle a établi le IVe Reich (plus ramolli heureusement que les précédents). Elle commande à l'Europe au seul profit de l'Allemagne et des ses alliés du Nord et avec la complicité de la France qui a un impératif besoin de son support pour pouvoir ne pas respecter les règles européennes. Quant à l'idée Européenne, comme pour Macron c'est juste une posture utile politiquement. Sans le Royaume Uni, le déséquilibre sera encore plus grand et seules les miettes seront laissées aux autres.

  • Par vangog - 11/08/2017 - 14:08 - Signaler un abus Les facteurs expliquant la baisse de popularit de la Führerin...

    Pauvre Fabien Laurençon, aussi aveugle que les bisounours gaucho-centristes, baignant dans la componction pro-communautariste et islamisante! Nous, les patriotes, allons lui expliquer ces fameux facteurs: immigration sauvage, terrorisme importé, aides massives aux clandestins et imposition aux allemands d'un modèle musulman inassimilable...c'est plus réaliste, non?

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