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Christophe Caresche : "L’une des plus grandes victoires idéologiques du Front national est d'avoir réussi à faire croire que la gauche, comme la droite, avait abandonné le peuple !"

Alors que la candidature de François Hollande à la primaire de la gauche n'a toujours pas été annoncée, le député PS de Paris,proche de Manuel Valls, Christophe Caresche, réaffirme son soutien à l'actuel président, bien que faisant le constat d'une situation politique confuse aussi bien à droite qu'à gauche qui pourrait coûter cher à son parti lors de la présidentielle de 2017 si elle n'est pas éclaircie.

Interview politique

Publié le - Mis à jour le 14 Octobre 2016
Christophe Caresche : "L’une des plus grandes victoires idéologiques du Front national est d'avoir réussi à faire croire que la gauche, comme la droite, avait abandonné le peuple !"

Christophe Caresche avec Jean-Christophe Cambadélis, décembre 2014 Crédit Reuters

Atlantico : Membre du bureau national du PS, du courant des réformateurs, vous soutenez François Hollande et le gouvernement. Plusieurs informations ont fait part de défections au sein de son équipe à l'Elysée, et les sondages donnent toujours de mauvais scores à François Hollande dans le cas où il se représenterait en 2017. Croyez-vous toujours en ses chances ? Qu'est-ce qui aujourd'hui pourrait permettre d'imposer une candidature Hollande dans les esprits ?

Christophe CarescheJ’ai toujours considéré qu’il y avait une logique institutionnelle et politique forte, conduisant à ce que le président de la République puisse se représenter. Sur le plan institutionnel, le président sortant a naturellement vocation à renouveler son mandat.

La limitation dans le temps à deux mandats consécutifs le suggère implicitement. Il faut, d’ailleurs, constater que tous les présidents de la Vème République, sans exception, ont décidé de se représenter à l’issue de leur premier mandat. C’est aussi la règle, sauf accident, dans un pays comme les Etats-Unis, autre régime présidentiel. Sur le plan politique, il n’est pas possible pour un parti ayant exercé la responsabilité du pouvoir de se représenter sans assumer le bilan de l’action qui a été menée. De ce point de vue, le fait que le président de la République ne puisse se représenter serait, en soi, un aveu qui condamnerait son camp. Aux yeux des Français, le bilan engage tous ceux qui ont participé, de près ou de loin, à l’action du gouvernement. Je ne crois pas à une candidature émanant de la majorité qui prospérerait sur une critique de l’action de cette même majorité ! Le président de la République ayant exercé la plus haute responsabilité est le mieux à même de défendre son action et de proposer de la prolonger.

Pour le moment, la situation politique est confuse car on ne connaît pas l’offre politique à droite, et que la gauche se complaît dans une critique autocentrée et autodestructrice. Il faut espérer que la droite ayant désigné son candidat, un débat d’une autre nature s’engage, notamment sur les propositions des uns et des autres. Les Français pourront, alors, comparer les projets et les programmes. Dans ce cadre, je ne doute pas que François Hollande pourra mieux se faire entendre, notamment sur son bilan, qui ne manquera pas d’être réévalué. Sinon, la gauche sera purement et simplement "zappée" de l’élection présidentielle et marginalisée de la vie politique pour longtemps. 

Vous êtes un proche de Manuel Valls. Comment se pose-t-il la question de sa propre candidature dans ce contexte ?

Manuel Valls est très clair sur ses intentions et soutiendra une éventuelle candidature du président de la République. Il ne se pose, donc, pas la question de sa propre candidature. Mais il entend être très actif dans la période et se faire entendre, en cohérence avec le président. C’est une équipe qui mènera la bataille de la présidentielle autour du président de la République. Il sera le premier de cordée.

Dans une interview accordée à France bleue mi-septembre, vous avez déclaré que Manuel Valls était celui qui avait tenu la boutique pendant cinq ans. Qu'entendez-vous par là concrètement ?

Depuis que Manuel Valls est ministre de l’Intérieur, et plus encore Premier ministre, il m’a impressionné par sa solidité. Il avait d’autres qualités, que je connaissais, mais il s’est révélé au pouvoir par son sens de l’Etat et sa capacité à conduire les affaires du pays, dans un contexte très difficile. Oui, je pense qu’il a tenu la boutique et que les Français lui en seront reconnaissants.

Le nombre de personnes à la recherche d'un emploi a fortement augmenté au mois d'août, après une séquence de baisse, et malgré le plan formation pour 500 000 chômeurs. De même, les prévisions pour la croissance en 2016 ont été revus à la baisse de 0.3 points par l'Insee. Croyez-vous toujours à une reprise économique, et à une inversion de la courbe du chômage ? Si le candidat du Parti socialiste était issu du gouvernement, comment pourrait-il défendre son bilan ?

La France est en train de sortir de la crise après plusieurs années de stagnation. Même si ce retour de la croissance est erratique, il est bien là. La France crée à nouveau des emplois, la situation des entreprises s’améliore et l’industrie se redresse. Cette tendance devrait se confirmer dans les mois qui viennent. Certes, cette reprise reste encore trop incertaine. J’y vois, pour ma part, la nécessité de prolonger et d’amplifier la politique de l’offre que nous avons engagée avec le Cice et le pacte de responsabilité.

Cette politique, on le sait, ne produira des résultats que dans la durée. Ainsi, la restauration des marges des entreprises n’a pas encore produit tous ses effets sur l’investissement, mais cela viendra. Il faut dire aux Français que ce type de politique met du temps à donner des résultats. Nous ne l’avons, peut-être pas, suffisamment expliqué. Mais le pire serait de s’arrêter au milieu du gué et de dissiper les efforts qui ont été accomplis par les Français. Je suis très inquiet des projets, que je vois fleurir à droite, qui proposent de laisser filer les déficits, pour mener des réformes. On aura, comme à chaque fois, les déficits mais pas les réformes ! Il faut que sur ce point le débat présidentiel éclaire les Français car certains candidats, à droite, proposent des scénarios très inquiétants.

 
Commentaires

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  • Par von straffenberg - 09/10/2016 - 12:10 - Signaler un abus 5 années de perdues

    Mr Caresche la France a perdu 5 années car vous avez soutenu un président qui menait une politique négative pour la France , ne sachant pas choisir ses priorités , clivant mes concitoyens dans des débats stériles de société pour négliger l'essentiel (économie sécurité) et menant une politique désastreuse au proche orient . Osez défendre un tel bilan est scandaleux .

  • Par Lafayette 68 - 09/10/2016 - 12:30 - Signaler un abus Peuple de France

    Oui le peuple de France est méprisé à commencer dans sa représentation parlementaire donc par le mode de scrutin ! Je rappelle à Caresche que le FN a 2 députés pour 25 à 30% des voix !

  • Par assougoudrel - 09/10/2016 - 13:00 - Signaler un abus Cet individu se

    caresche le pipi.

  • Par Aghir - 09/10/2016 - 14:06 - Signaler un abus Les Français

    n'ont pas besoin d'un parti politique pour "réussir à leur faire croire" que la gauche, comme la droite, avait abandonné le peuple .... C'est une réalité que seuls les neuneus qui restent dans leurs dogme Républicain-PS, veulent encore ignorer! La réalité elle est bien là et quand on voit dans la presse subventionnée, la place que prend le problème de l'islam en France, on a vite compris que les problèmes du vrai Gaulois n'intéresse pas grand monde!

  • Par vangog - 09/10/2016 - 14:44 - Signaler un abus Le mur de la dette???? Quel mur de la dette?

    il n'a jamais été infranchissable pour les gauchistes et sa hauteur s'établit désormais à 2170 milliards pour les générations futures, la génération sacrifiée par Hollande! Ne doutons pas qu'il les saute allègrement en 2017! Caresche devrait oublier son dogmatisme qui aveugle et ses "j'ai toujours pensé que...". Il fait partie des hommes les plus intelligents à gauche, bien loin des Camba-le grec et Valls-la-führer. Alors qu'il ouvre les yeux et maitrise la globalisation, bordel, au lieu de la subir! La gauche est mourante, et les patriotes socialistes commencent à émigrer clandestinement vers le Front National. Caresche prétend ré-incarner le peuple, mais j'ai surtout retenu de son intervention qu'il regrette les référendums locaux permettant au peuple de s'exprimer...à force de faire le contraire de ce qu'ils disent, les gauchistes et droitistes archaïques ont perdu toute crédibilité...populaire!

  • Par emem - 09/10/2016 - 15:06 - Signaler un abus Un Quinquennat pour rien

    La voix de son maître

  • Par Leucate - 09/10/2016 - 19:17 - Signaler un abus reformulation

    "La grande victoire du Front National est d'avoir réussi à faire constater par les français de plus en plus nombreux, que la gauche, comme la droite, avait abandonné le peuple" Mais ça les plus lucides d'entre nous l'avaient constaté dès le début des années 1980 et durant la décennie 90 c'était flagrant. Comme le disait de Gaulle, "en France la gauche trahit l'Etat et la droite la Nation." Ce que Marine Le Pen a transposé en disant: “la gauche a trahi le peuple, la droite a trahi la nation”

  • Par AUSTRAL98 - 09/10/2016 - 23:33 - Signaler un abus Monstrueux socialisme

    Désinformation et mépris du peuple sont les deux constantes de tout régime socialiste. Non MLP ne fait pas croire que..., elle constate que les élites autoproclamées considérent le peuple français comme un "lumpen" peuple. Les "élites" ? Quel niveau d'études, quel niveau culturel pour un Ayrault?, un Valls, Belkassine etc...?, ils ont vite fait de se considérer comme une élite, leurs compétences réelles sont proches de zéro. Je n'ai jamais voté socialiste mais peut-on comparer Ayrault ou Fabius à Védrine ou à Dumas par exemple? Dequelle autorité supérieure ces risibles "savants" détiennent-ils la mission sacrée de changer l'homme et la société? Ces gens sont extrèmement dangereux car ils ont montré qu'ils ne reculeront devant aucun crime pour appliquer leur dogme dément. A quand une droite qui lutte vraiment contre ce dogme? *

  • Par Olivier K. - 10/10/2016 - 02:20 - Signaler un abus La vérité.

    Voilà un homme qui détient la vérité! Il a foi en ces opinions! C'est fantastique quand même, on s'est débarrassé du clergé est leur vérité, pour finir avec quoi?? Des hommes qui ont foin en leurs opinions!! Quel misérable échec. Pourraient-ils un jour admettre leur ignorance, qualité que l'on partage tous équitablement (à quelques pouièmes près, pouièmes sur lesquels certains bâtissent de grandes prétentions) et qu'un jour on décide d'agir pragmatiquement, c'est à dire à taton! Cette histoire, de politique, d'opinions de débats qui ne pourront jamais n'être que stérile et qui finissent inéluctablement dans le bien concret intérêt de quelques individus a assez duré. Ne vous rendez-vous pas compte que cette fascination que l'on a pour la politique réside essentiellement en son absence de sens, son détachement de la réalité, et pire, l'invention d'opposition là ou il ne peut y en avoir, créant ainsi une sorte de rassurante magie céleste qui ne serait pas à notre portée. Allez foutons ces charlatans dehors, à coup de pied et qu'on en parle plus!

  • Par lafronde - 10/10/2016 - 09:58 - Signaler un abus Caresche parle cash !

    Comme le dit le Député Caresche, "la France est entrée en déclin depuis les années 2000" puis "son modèle social n’est plus soutenable financièrement" et "un nouveau monde où l’Etat providence atteint ses limites" . Entièrement d'accord avec ces deux derniers constats. Pour le 1er François de Closets avait constaté lé décadence dès les années 1980 dans son livre "Tant et plus". Pour ma part je vois le déclin dès 1974 (réponse étatiste au choc pétrolier) Quant à l'opinion : "l’une des plus grandes victoires idéologiques du Front national que d’avoir accrédité l’idée que la gauche, comme la droite, avait abandonné le peuple !". Il suffit de constater sur la période 1974-2016 la stagnation de l'emploi marchand, la hausse de la fiscalité, des charges sociales, du chômage et de la dette, ainsi que l'inflation législative et règlementaire. Mr le Député, un régime politique, la République française a une obligation de résultat au moins pour l'emploi. Considérez cette obligation comme universelle : l'entrepreneur, l'artisan, l'indépendant, l'auto-entrepreneur, le salarié, et aussi le candidat à un emploi y sont tous soumis. Pourquoi le Gouvernement ou le Parlement s'en dispenseraient ?

  • Par jurgio - 10/10/2016 - 11:03 - Signaler un abus La Gauche n'abandonnera jamais le peuple !

    Elle en a trop besoin pour les élections.

  • Par cloette - 10/10/2016 - 14:20 - Signaler un abus La Gauche se fiche du peuple

    Elle l'a déja prouvè à maintes reprises. En ce moment elle se gargarise du mot populisme objet de son profond mèpris , et le populisme c'est la pratique du peuple .

  • Par cloette - 10/10/2016 - 14:35 - Signaler un abus Il faut dire aussi

    que la Gauche n'aime pas la classe moyenne et deteste les riches . Elle n'aime que les adhérents PS qui forment une classe à part .

  • Par Fredja - 10/10/2016 - 16:13 - Signaler un abus Formidable cette tribune

    M. Caresche, vous êtes impressionnant de conviction... Ce qui est formidable, c'est que vous prétendiez que FH ayant été président, il est "naturel" qu'il se représente ; quand on voit le bilan brut des 5 années de mandat, il n'y qu'un réflexe "naturel" à avoir dans son cas : se cacher dans un trou de souris et se faire oublier (il suffit juste de regarder le bilan du chomage et de la dette). Quand à votre remarque sur la restauration des marges des entreprises, c'est juste risible : les entreprises françaises sont celles qui ont les plus faibles marges de toute l'Europe, et ce, à cause des impots que vous leur avez mis sur le dos (mantra socialiste : ça ne coute rien aux contribuables, c'est les entreprises qui payent !!), au nom de notre fameux "modèle social Français" que-le-monde-entier-nous-envie-mais-que-personne-n'adopte... Le seul constat qui fait plaisir, c'est que vous constatez que notre modèle social n'est pas tenable : mais alors pourquoi ne pas avoir agi dès le début du mandat, en retardant l'age de départ à la retraite, en alignant les régimes public/privé, et en supprimant les régimes spéciaux ? Ca, c'est du concret, pas du bla-bla.

  • Par Fredja - 10/10/2016 - 16:17 - Signaler un abus Suite...

    Et à propos de Manuel Valls, dont vous reconnaissez les qualités de meneur : il suffit de constater froidement que dès qu'un groupe quelconque est descendu dans la rue (bonnets rouges, etc..) il a fait machine arrière. Donc excusez-moi de ne pas être impressionné du tout par ses qualités de meneur !!! Ce qu'on attend d'un chef de gouvernement, ce ne sont pas des "coups de menton", mais des prises de décisions et de tenir une ligne. A la décharge de Manuel, la ligne de conduite donnée par FH ressemble effectivement à celle d'un capitaine de pédalo ivre, mais c'est lui qui l'a accepté en connaissance de cause.

  • Par samsuffit - 10/10/2016 - 17:54 - Signaler un abus le traitre

    faut -il rappeler qu'il fait parti des 153 députés de gauche qui ont refusé la fermeture des mosquées salafistes ! gauche pourrie

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Christophe Caresche

Christophe Caresche est député de Paris du 18e arrondissement, membre du Parti socialiste.

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