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Christophe Caresche : “Beaucoup d’électeurs de la primaire de gauche voulaient en réalité la disparition du Parti socialiste.”

Une semaine après la victoire de Benoît Hamon face à Manuel Valls dans le cadre de la primaire de gauche, Christophe Caresche nous livre en exclusivité son analyse sur le candidat du PS pour 2017.

Entretien politique

Publié le - Mis à jour le 10 Février 2017
Christophe Caresche : “Beaucoup d’électeurs de la primaire de gauche voulaient en réalité la disparition du Parti socialiste.”

Atlantico : Vous avez publié cette semaine une tribune dans Le Monde dans laquelle vous revendiquez un droit de retrait suite aux résultats de la primaire socialiste. Signée par plusieurs autres députés socialistes, vous soulignez l'incohérence qu'il y aurait pour ceux qui ont soutenu l'action du gouvernement de défendre un programme "conçu comme [une] antithèse". Est-ce que cette victoire de Benoît Hamon n'était pas un risque d'entrée de jeu ? En quoi votre démarche, au-delà de son fondement, remet-elle en cause le principe même d'une primaire ?

Christophe Caresche : Nous ne mettons pas en cause le principe de la primaire et encore moins son résultat.

Mais il faut bien constater que celle-ci a été organisée dans des conditions très différentes de 2011. En 2011, le Parti socialiste avait imposé un cadre politique aux candidats en leur demandant de respecter le projet qu’il avait élaboré. Le Parti, miné par ses divisions internes, a été incapable de faire de même durant cette primaire, ni sur l’évaluation du bilan, ni sur les propositions. Cette absence de cadre collectif a abouti à une critique virulente de l’action gouvernementale, alors que tous y avaient pris part, et à la formulation de propositions qui n’avaient jamais été discutées dans le Parti ! A ma connaissance, le Parti socialiste n’a jamais organisé de réflexion sur le revenu universel d’existence ou sur le "49.3 citoyen". Ces mesures font parties aujourd’hui des propositions phare de son candidat ! En l’absence de "programme commun", la primaire s’est donc centrée sur un choix d’orientation politique et même idéologique qui appartenait au Parti. Ce choix a été tranché par des électeurs qui, pour beaucoup, combattent le Parti socialiste et veulent sa disparition. Sauf à adopter un électoralisme opportuniste, nous ne pouvons pas l’accepter. Nous ne pouvons pas renier l’action que nous avons menée, même si elle peut être critiquée, ni notre identité de parti réformiste.

Gilles Savary, signataire de la tribune, a d'ailleurs déclaré "en trois jours, on a changé de parti sans que jamais nos militants n’aient été consultés. On ne se retrouve pas dans le 49.3 citoyen de Hamon, qui fait droit à l’émotion populaire"... Qu'en pensez-vous ?

Dans les faits, c’est effectivement à un tournant politique et stratégique que nous assistons. Le programme de Benoît Hamon est en rupture sur de très nombreux points avec ce qu’a porté le Parti socialiste jusqu’ici, sur la conception du travail, sur le rôle des entreprises, sur le sérieux budgétaire, etc. Certains s’en réjouissent car ils y voient la possibilité de se délester d’un bilan devenu encombrant et de renouer avec une partie de la gauche. Certes, mais cette orientation entérine une forme de dérive protestataire et "mouvementiste" qui interdira au Parti socialiste d’accéder pour longtemps au pouvoir. C’est ce débat qui est posé à la social-démocratie en France mais aussi en Angleterre avec Jeremy Corbyn ou en Espagne avec Podemos dont Benoît Hamon dit s’inspirer. Le projet de fédérer les gauches contestatrices et anti-capitalistes sur une base économique ou écologique se fera au prix de l’abandon de notre capacité à exercer la responsabilité du pouvoir. 

Aujourd'hui, Benoît Hamon se rend à la cérémonie d'investiture du PS où sa candidature sera entérinée. L'ancien ministre de l'Education nationale vous a-t-il contacté depuis la publication de votre tribune ? A quelles réactions avez-vous fait face en interne ? Et de la part des militants socialistes ?

Benoît Hamon viendra devant le groupe socialiste de l’Assemblée nationale mardi prochain. Nous aurons donc la possibilité de discuter avec lui. D’ici là, nous serons très attentifs à son discours d’investiture dimanche. Je reçois autant de réactions pour me féliciter de la publication de notre tribune que de protestations. J’en déduis que les militants socialistes sont partagés en deux ! Beaucoup sont amers, car ils ne comprennent pas que ceux qui ont contesté violemment l’action gouvernementale durant ces dernières années - et ont pris part à l’échec - se retrouvent en situation de nous représenter. Soit ils partiront, soit ils ne participeront pas à la campagne. 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 05/02/2017 - 13:36 - Signaler un abus La vérité sur le programme social et libéral de MLP!

    Baisse de 33% à 24% de l'impôt sur les sociétés ( neo-marxiste?????), baisse des impôts sur les petits revenus (neo-marxiste????), baisse des taxes d'habitation et foncière (neo-marxiste????), grâce à la suppression de deux étages (pour commencer) du mille-feuille territorial, augmentations des allocations pour personnes âgées, pour adultes handicapés, grâce à une taxe de 3% sur les importations étrangères, quarante annuités pour bénéficier de la retraite avec possibilité pour ceux qui ont travaillé plus tôt de partir à 60 ans, choix de la modernité par le suffrage proportionnel et les référendums populaires, comme celui pour s'extirper de la dictature de l'Euromark, fin de l'islamisation rampante...quel neo-marxisme?...beaucoup de choix libéraux (baisses d'impôts) et beaucoup de choix sociaux (allocations revalorisées des personnes modestes). "Social et libéral"...ça ne vous dit rien? https://www.marine2017.fr/wp-content/uploads/2017/02/texte-chiffrage-version-finale-.pdf

  • Par Stargate53 - 05/02/2017 - 14:23 - Signaler un abus Il est gentil le monsieur !

    M valls m'a pas été désigné par les instances du PS pour être premier ministre mais par F Hollande alors il est inutile de faire semblânt de croire aux décisions issues de débat du parti, pour se donner bonne conscience. Le PS possède plusieurs chapelles de croyances erronées et il est temps qu'il explose pour faire le tri entre les chimère qui l'animent. un point c'est tout : arrêtez vos explications fumeuses, vous avez trahi ceux qui vous ont élu pendant ces 5 ans et vous essayez de sauver les meubles par des excuse bidon. Assumez vos échecs et faites le ménage avec les quelques membres sincères que vous avez encore (j'espère qu'il y en a)

  • Par ikaris - 05/02/2017 - 23:19 - Signaler un abus La fuite vers la Micronie a débuté

    c'est assez amusant ce monsieur qui vient nous expliquer que les primaires socialistes ont été victimes d'une sorte d'entrisme (venu d'où ?) qui aurait spolié les militants ... alors que le PS est champions de France de la fraude au vote militant et que ils ont eux même ouvert à tout le monde le vote pour que ce soit vraiment le candidat des français. J'ai lus divers articles que je pensais fumeux sur l'auto-sabordage du PS par Hollande pour peupler la Micronie de l'aile droite du PS mais quand je lis ce monsieur je commence à y croire ! Là on est objectivement plus très loin de l'appel à la secession

  • Par zouk - 06/02/2017 - 09:26 - Signaler un abus Chr. Caresche

    Puissiez vous avoir raison: élection de B. Hamon annonciatrice de la mort du PS, où allez vous vous réfugier, Macron, Mélenchon....?

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Christophe Caresche

Christophe Caresche est député de Paris du 18e arrondissement, membre du Parti socialiste.

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