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Chômage : Emmanuel Macron se donne 18 à 24 mois pour obtenir des résultats d’ampleur. Voilà pourquoi on peut sérieusement en douter

Parmi les quatre grandes préoccupations des Français – chômage, insécurité, pouvoir d'achat, immigration – le sous-emploi de masse est un sujet fondamental. C'est une évidence durable.

Promesses

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Chômage : Emmanuel Macron se donne 18 à 24 mois pour obtenir des résultats d’ampleur. Voilà pourquoi on peut sérieusement en douter

Fort logiquement, il faut donc se réjouir des chiffres de novembre qui, selon Pôle Emploi, traduisent un reflux de 29.500 personnes en métropole soit une baisse de – 0,8%. Pour l'heure, ce n'est évidemment pas la politique du nouveau gouvernement qui est à l'origine de ce recul mais bien davantage le niveau de croissance qui parcourt toute l'Europe. Au-delà de 1,6%, la France confirme la loi d'Okun qui établit un lien entre chômage et croissance. (  https://www.andlil.com/la-loi-dokun-6078.html      ).

Dans la mesure où le taux de croissance pour 2017 va tangenter les 2,0%, il est clair que le chômage va baisser sous deux bémols. Premièrement, l'économie va certes créer environ 250.000 emplois en chiffre brut avant imputation de l'arrivée d'une nouvelle classe d'âge ( soit 130.000 personnes ) ce qui aboutira à un nombre de créations nettes d'emplois de 120.000 par an dans la meilleure des hypothèses. D'ici à 2022, en supposant la croissance autour de 2% par an, le chômage baisserait de 700.000 unités en intégrant les évolutions démographiques.

A ce rythme, la promesse du candidat Macron de ramener le chômage sous la barre des 7% en 2022 ne sera donc pas concrétisée. Le président Macron avait énoncé, lors de son entretien du 15 octobre sur TF1 une phrase désormais célèbre : " On ne juge pas l'action d'un président de la République simplement à un indicateur ". Oui mais voilà, l'attente populaire l'emporte sur la seule volonté présidentielle affichée.

Devant le risque politique de l'impatience citoyenne, Emmanuel Macron a été contraint de corriger le tir et a indiqué que " des résultats significatifs se verront au bout de 18 à 24 mois ".

Cet horizon est effectivement crédible en termes économiques mais illusoire en terme de baisse du chômage qui ne dépassera pas 300.000 personnes soit 10% des chômeurs de catégorie A mais moins de 5% des près de 6 millions de personnes ( 5.919.200 ) qui forment les catégories A, B et C des inscrits de Pôle Emploi.

Il y aura donc du mieux mais pas dans la proportion escomptée par le Chef de l'Etat. Loin s'en faut. D'autant plus qu'il convient d'intégrer au raisonnement la notion de " halo " du chômage.Défini par l'INSEE  (https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1415  ), ce concept doit voir sa définition lue attentivement.

"La définition et la mesure du chômage est complexe et extrêmement sensible aux critères retenus. En effet, les frontières entre emploi, chômage et inactivité ne sont pas toujours faciles à établir (exemple d'un étudiant qui travaille quelques heures par semaine...). Le Bureau international du travail (BIT) a cependant fourni une définition stricte du chômage, mais qui ignore certaines interactions qu'il peut y avoir avec l'emploi (travail occasionnel, sous-emploi), ou avec l'inactivité : en effet, certaines personnes souhaitent travailler mais sont « classées » comme inactives, soit parce qu'elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (deux semaines), soit parce qu'elles ne recherchent pas activement un emploi.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 28/12/2017 - 13:15 - Signaler un abus À chaque fois la même chose!

    Les analystes Français ne sont pas capables de générer un indicateur de chômage indépendant du gauchisme manipulateur et stable dans le temps. Parmi les « Francais qui ne travaillent pas », il faudrait intégrer cette spécificité française de pauvreté aggravée: car les RSAstes ne travaillent pas, pèsent sur les collectivités locales qui voient régulièrement baisser leurs investissements productifs, afin de combler cette pauvrete française, générée par le socialisme, de 3,5 millions de RSAstes. Combien de chômeurs radiés grâce aux nouveaux formulaires à remplir, chaque mois? Ces chômeurs radiés, quasi inemployables, reviendront grossir les chiffres du chômage macroniste, le mois prochain, ou seront dérivés vers le RSA...sans croissance réelle (excepté la croissance artificielle générée par l’immigration clandestine), sans patriotisme économique, sans apprentissage à cause du tresbete Kack Lang-de-pute, sans réforme des syndicats neo-trotskystes qui doivent s’ouvrir à la modernité pluraliste, rien n’avancera en France...dans deux ans, ce sera pire! On parie?...

  • Par Stargate53 - 28/12/2017 - 15:46 - Signaler un abus Les promesses ne valent que pour ceux qui les croient !

    il est dans son rôle de politique de faire croire au bon peuple qu'il a trouvé l'échelle pour aller décrocher la lune ! Il y a tellement de crédules !

  • Par J'accuse - 28/12/2017 - 18:20 - Signaler un abus On ne doute pas ! On est sûr... du contraire

    Que répondra Macron quand on lui dira que c'est raté ? "J'assume" (ce qui veut dire: je m'en fous et je vous emmerde). Il conclura en disant que ça s'est quand même amélioré, que c'est évidemment grâce à lui, et qu'il faudra donc le réélire pour continuer dans la même direction. Vous pariez ?

  • Par Deudeuche - 28/12/2017 - 23:11 - Signaler un abus L’aristocratie d’Etat a obtenu un répit

    Avec Macron, et jusqu’à nouvel ordre ça ira, ça ira, ça ira......

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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