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Chine : ces 7 diagnostics des élites occidentales qui se sont révélés totalement faux

Le voyage en Chine d'Emmanuel Macron commence ce lundi 7 septembre. Il devra ignorer ces idées reçues sur la Chine pour mener sa mission à bien.

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Chine : ces 7 diagnostics des élites occidentales qui se sont révélés totalement faux

Atlantico : A l'occasion de l'entrée de la Chine dans l'OMS à la fin de l'année 2001, mais également dans les phases ultérieures de son développement, ​de nombreuses prévisions avaient pu avoir lieu sur les effets de ce qui apparaissait comme une étape décisive du processus de mondialisation. Après 15 années, quel bilan peut on dresser des à  priori suivants, celles ci révèlent elles plus d'une forme de naïveté de la vision occidentale de la Chine ou d'une simple méconnaissance du pays ? 

 

1. "L'entrée de la Chine dans l'OMC favorisera la création de millions d'emplois dans les pays développés en permettant la levée de ses barrières douanières et offrir ainsi accès au plus grand marché de consommation du monde."

Jean-Vincent Brisset : « L’immense marché chinois » a beaucoup fait fantasmer et continue de le faire pour certains.

Il y a une vingtaine d’années, l’un de mes amis, très bon connaisseur de la Chine, avait coutume de dire que ce pays  voulait devenir « un grand pays exportateur, mais surtout pas un grand importateur ». On se souvient aussi de la publicité déclinée à grands coups de 4x3 par un fabricant de stylos à bille français, qui espérait vraiment vendre milliard d’exemplaires de ses produits. Parlant de l’entrée de Pékin dans l’OMC, qui deviendra effective en 2001, Bill Clinton disait en 2000 : "Cela va favoriser l'emploi chez nous et rééquilibrer notre balance commerciale avec la Chine ». Il est pourtant vrai que, dans certains domaines, ce marché existe. Mais cela reste presque toujours ponctuel et limité, le plus souvent tant que ne se développe pas une fabrication locale d’un produit concurrent ou contrefait. Par ailleurs, les réglementations douanières et sanitaires chinoises demeurent, malgré quelques progrès, plus qu’opaques. Le cadre juridique est tout aussi « incertain ». De plus, certaines barrières mises en place face aux « produits non encouragés » sont très pénalisantes car Pékin veut avant tout protéger ses entreprises. 

Au bilan, l’entrée dans l’OMC a surtout permis aux vendeurs de se fournir à bas prix dans « l’atelier du monde ». Pour cela, elles ont délocalisé leurs productions. Dix années plus tard, les syndicats américains constataient que le tiers des emplois industriels du pays avaient été détruits et attribuaient une grande part de ces pertes à la Chine. Son excédent commercial se monte en 2015 à près de 600 milliards de dollars. Sachant qu’elle importe des matières premières et exporte des produits manufacturés, l’essentiel de ces excédents est réalisé avec des pays qui importent ces produits plutôt que de les fabriquer chez eux. C’est ainsi qu’elle est, depuis des années, le premier déficit commercial français. 

Christopher Dembik : L’entrée de la Chine dans l’OMC a permis d’imposer les normes occidentales, notamment en matière de sécurité sur les produits voués à l’export vers les marchés européen et américain mais n’a pas permis, jusqu’à présent, « la création de millions d’emplois dans les pays développés ». Certes, la Chine est le plus grand marché de consommation du monde mais il reste objectivement difficile d’accès pour les entreprises occidentales, en particulier les PME et les ETI, y compris pour ceux qui ont judicieusement recours à un accompagnement local. En outre, le pouvoir d’achat du consommateur chinois n’a rien à voir avec celui du consommateur européen même si la consommation est indéniablement une source stable de croissance pour la Chine et que les salaires sont en forte hausse. Depuis 1999, la croissance des salaires a considérablement augmenté, tant en termes réels que nominaux, et dans des proportions bien plus élevées que dans les autres grands pays en développement. Au cours de la période débutant en 1999, la croissance des salaires nominaux a presque toujours été supérieure à 10% en glissement annuel. Elle a récemment légèrement décéléré pour atteindre 9,1% en termes nominaux et 6,9% en termes réels en 2016. Associée à une inflation faible, l'augmentation des salaires est toutefois un élément positif pour la croissance et qui doit permettre l’émergence d’une classe moyenne à fort pouvoir d’achat, comme souhaité par les autorités.

 
Commentaires

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  • Par bern4243 - 08/01/2018 - 10:19 - Signaler un abus mais ça continue!!!

    les investisseurs chinois tournent notre legislation pour acheter des terres en france avec toute les conséquences sur l'implantation des jeunes agriculteurs et que fait on ? rien camme d'habitude. croyez vous que le meme scénarion serait possible en chine? sans doute pas .

  • Par moneo - 08/01/2018 - 12:18 - Signaler un abus hum...

    le général a dit l’essentiel de ces excédents est réalisé avec des pays qui importent ces produits plutôt que de les fabriquer chez eux. C’est ainsi qu’elle est, depuis des années, le premier déficit commercial français. notre commerce va mal avec nos principaux débouchés européens .la chine a rien à y voir ;notre modéle français a tout à y voir Questions normes protectrices on s' y connait aussi ; d expérience j'ai vu l'administration française bloquer des importations d'Europe pour causes de normes françaises.... l'UE et ses composantes ont une lourde responsabilité sur les transferts de technologie pour avoir des marches .nous aurions pu nous associer pour faire une proposition européenne et un refus de transfert ..les chinois ont un TGV à cause de la bataille phénoménale entre entreprises allemandes et françaises pareil encore pour les centrales nucléaires Dire que la chine ne nous profite pas et l accuser par exemple de 'accaparement de nos terres viticole est un non sens économique l'investissement chez nous est un excellent élément pou le marketing qualitatif et le tourisme chinois

  • Par vangog - 08/01/2018 - 13:21 - Signaler un abus « Le tiers des emplois industriels détruits »

    « et, en grande partie, à cause de la Chine »...et Macron-Rothschild qui veut continuer le jeu de massacre...incohérent!

  • Par moneo - 08/01/2018 - 17:30 - Signaler un abus je complète

    Avec qui faisons nous en majorité du commerce et qui nous apiqué en Europe nos échanges intracommunautaires. y compris agricoles.....

  • Par kelenborn - 08/01/2018 - 20:15 - Signaler un abus Cela a , au moins le mérite d'être argumenté

    et assez solide. En tout cas c'est moins con que ce que disait Clinton vers 1990 quand il affirmait que l'on acheterait les produits chinois avec des pièces jaunes et qu'on leu vendrait nos services! Comme si les chinois avaient besoin d'acheter les service de l'ADMR ou de la défunte boite de conseil du révérend père Fillon! Ils en ont rien à branler de la légion d'honneur. Je partage aussi cette idée que la croissance chinoise va se ralentir comme les 30 glorieuses ses sont terminées chez nous et simplement parce que la croissance c'est forte qu'aussi longtemps que des pans entiers de la population active quittent des secteurs à faible productivité pour entrer dans d'autres où elle est forte. Quand la Chine va produire des service le taux de croissance baissera. En revanche, je suis peut être naïf mais moins pessimiste sur la démocratisation. Le Japon de 1945 est tout sauf démocratique et il l'est devenu et pas uniquement à cause des américains.Tien an Men , c'était autre chose que les hallucinations de BHL sur les printemps arabes: une différence: il n'y a pas en Chine de culture obscurantiste abêtissant les foules comme c'est le cas pour l'Islam!

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Jean-Vincent Brisset

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset est directeur de recherche à l’IRIS. Diplômé de l'Ecole supérieure de Guerre aérienne, il a écrit plusieurs ouvrages sur la Chine, et participe à la rubrique défense dans L’Année stratégique.

Il est l'auteur de Manuel de l'outil militaire, aux éditions Armand Colin (avril 2012)

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Christopher Dembik

Avec une double formation française et polonaise, Christopher Dembik est diplômé de Sciences-Po Paris et de l’Institut d’Economie de l’Académie des Sciences polonaise. Il a vécu cinq ans à l’étranger, en Pologne et en Israël, où il a travaillé pour la Mission Economique de l’Ambassade de France et pour une start-up financière. Il est responsable de la recherche économique pour le Groupe Saxo Bank. 

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