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Le chien de Tolbiac avait un glorieux ancêtre révolutionnaire : Médor !

Un grand penseur, resté hélas inconnu, a dit un jour : "La révolution sera canine ou ne sera pas". Et ainsi fut la révolution à Tolbiac.

Ouaf, ouaf…

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Le chien de Tolbiac avait un glorieux ancêtre révolutionnaire : Médor !

La vidéo a été vue des dizaines de milliers de fois. Avec trois autres étudiants, un chien présidait une AG. Oui "avec trois autres étudiants" ! Car le sympathique animal atteignait parfaitement leur niveau. 

Un signal très fort adressé à la bourgeoisie.

Le chien s'appelle "Mercantile" : ça ne s'invente pas ! Il a été parodiquement rebaptisé "Guevara". On ne sait si Mercantile alias Guevara, a chanté l'Internationale. Mais la salle conquise et subjuguée a crié : "Longue vie au chien rouge !", "Gloire éternelle au chien révolutionnaire". Et dans un élan combattif, elle a scandé : "Mort aux chiens de la bourgeoisie !", "Mort aux caniches de l'impérialisme !", "Mort aux pitbulls du CAC40 !".

Des intellectuels engagés sont venus prendre le pouls de cette ardente effervescence. Clémentine Autain parla aux étudiants de la lutte des femmes. Elle fut applaudie. Thomas Guénolé leur fit lecture de son livre Les jeunes de banlieue mangent-ils les enfants ?. Il fut encore plus applaudi.

Mais celle qui déclencha l'enthousiasme le plus sincère, c'est Mathilde Larrère. Elle est historienne de son état. Une historienne, ça connaît l'Histoire. Mathilde Larrère se consacre essentiellement à l'Histoire des révolutions. Elle a expliqué aux étudiants que le chien était un symbole révolutionnaire par excellence. Les étudiants, bouleversés par cette révélation, ont ainsi appris de sa bouche que leur chien avait un glorieux aïeul : Médor. Le chien de la révolution de 1830 !

Je suis allé place de la Bastille. Le nom de Médor ne figure pas sur la colonne qui commémore les Trois Glorieuses de Juillet. Un oubli révoltant. Mathilde Larrère est une chercheuse sérieuse et infatigable. Elle a étudié de près la contribution des chiens aux mouvements révolutionnaires. Elle a été frappée, a-t-elle dit, de voir que sur les images, tableaux et dessins représentants les révolutions du XIXe siècle, "il y avait des chiens" (son propos est intégralement sur Arrêt sur image). "Médor a existé", a-t-elle proclamé. "C'était le nom d'un chien d'un insurgé de 1830. Il [le chien] a été abattu par des soldats". Ému au plus profond d'eux-mêmes, les étudiants ont sangloté. Ils ont aussi tôt affublé Mercantile-Guevara d'un crêpe noir. Et ils ont décidé qu'à leur prochaine occupation de Tolbiac, leur AG serait présidée par un chien appelé Médor.

 

 

 
Commentaires

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  • Par cloette - 23/04/2018 - 09:04 - Signaler un abus totem ?

    comme le chat à qui les Egyptiens rendaient un culte, ou les vaches sacrées en Inde, ou l'aigle des Indiens d'Amérique, symbole clanique des populations primitives ou disparues, mais là il s'agit d'une population apparue, en tout cas mieux vaut éviter la lecture de "Totem et tabou" de Freud, on se perd dans les méandres de l'esprit .....

  • Par Deudeuche - 23/04/2018 - 09:45 - Signaler un abus Waf

    Concernant le niveau de nos Tolbiac un seul commentaire Wouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu! Gratte gratte!

  • Par BABOUCHENOIRE - 23/04/2018 - 10:40 - Signaler un abus Etes vous bien sûr que le chien revolutionnaire n'etait pas

    une chienne ? Mes recherches dans les différentes encyclopédies ne m'ont pas apporté de réponse . Pourriez vous m'aider à découvrir la vérité car je trouve que l'on fait la part trop belle aux mâles. halte au sexisme sinon Schiappa ne va pas être contente.

  • Par assougoudrel - 23/04/2018 - 11:26 - Signaler un abus Je préférerais être chien de

    combat, chien policier ou chien de mémère que d'être avec de tels débiles; pauvres chiens qui risquent de ramasser des puces ou autres vermines au contact de ces pouilleux. Quand on voit dans quel état de malpropreté ils vivent, il vaut mieux se faire mordre par des rats d'égout.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 23/04/2018 - 11:57 - Signaler un abus Chienne de vie !

    il y a longtemps, alors que j'étais encore jeune chiot, chaque fois que l' on m'interrogeait sur mon avenir, je disais invariablement que je voulais être chien de chasse....pour la vie au grand air et l'amour de la nature..... Malheureusement mes parents s'y sont opposés car mon père était chien policier et ma mère chienne de garde..........Alors, pour ne pas leur déplaire, j'ai entrepris des études très poussée, et à force de travail je suis devenu chien d'aveugle....Si quelqu'un m'avait dit à l'époque qu'a la fac de Tolbiac il y avait un "cursus" pour devenir chien de crasseux, j'aurais peut-être choisi cette voie....par facilité ! Il paraît qu'ils donnent des notes de 12/20 minimum pour chaque épreuve et que même les "braques" réussissent sans effort......Chienne de vie !

  • Par cloette - 23/04/2018 - 12:28 - Signaler un abus @paulquiroule...

    Bravo !

  • Par Borgowrio - 23/04/2018 - 13:31 - Signaler un abus Le chien aboie , l'université trépasse

    Un chien président , il faut reconnaitre la bonne idée , le coté comique . Quoi de plus naturel , dans une assemblée de punks à chiens .

  • Par lili57 - 23/04/2018 - 13:34 - Signaler un abus paulquiroule..........

    oui, je dis aussi BRAVO !!!!!!!

  • Par Solognitude - 23/04/2018 - 16:09 - Signaler un abus Lève la patte, mon toutou....

    Et à la manière des ministres qui ne peuvent s'empêcher de pondre une loi pour marquer leur passage, toi aussi laisse une petite crotte !

  • Par VV1792 - 23/04/2018 - 21:04 - Signaler un abus Tres bon! Et les commentaires

    Tres bon! Et les commentaires sont en plus de la meme eau...

  • Par ELIED - 23/04/2018 - 21:17 - Signaler un abus Merci Benoît, comme toujours,

    un papier qui rompt avec l'actualité sombre, et pour une fois tous les commentaires d'accord, les contradicteurs habituels doivent être en vacances....sans doute aussi avec leur chien, à moins qu'ils ne l'aient abandonné lors d'un pique-nique, c'est aussi assez courant.

  • Par vangog - 23/04/2018 - 22:33 - Signaler un abus Ca m’étonne pas que ça pue la pisse chez les trotskos....

    si pour voter, il lève la patte...

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Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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