Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 29 Mai 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Charte du parti socialiste : le progressisme est en marche… mais ailleurs

Le "progressisme" voulu par Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a fait long feu, rejeté en bloc par son irréductible aile gauche.

Cherchez

Publié le
Charte du parti socialiste : le progressisme est en marche… mais ailleurs

Le « nouveau progressisme » voulu par Jean-Christophe Cambadélis, le souhait du premier secrétaire du PS de réaliser l’« alliance des progressistes et des productifs », a fait long feu, rejeté par l’aile gauche de sa formation politique. Ainsi s’achève une éphémère opération de « centritude », pour parler comme qui vous savez, c’est-à-dire de rassemblement de la famille socialiste autour d’une idée supposée être de consensus : le progrès (humain). Ne reste qu’une Charte de 23 pages dont l’avenir, en vérité, dira ou non l’impact sur l’action socialiste. De toute façon, il est clair que le « progressisme » cambadélisien n’a jamais tendu à autre chose que d’être « le plus petit commun dénominateur fédérateur » d’un parti en souffrance idéologique. Rien à voir avec le « progressisme » du Premier ministre, ce rêve de Manuel Valls d’une « maison commune de toutes les forces progressistes ». Cette opération d’ouverture du PS au centre incarné par François Bayrou a, pour l’heure, pareillement avorté.

Et d’éminents journalistes, dans un réflexe épidermique, de conclure sentencieusement : « Cette OPA sur le mot « progressisme » en a signé l’arrêt de mort » (Le Monde des 7-8/12/14). EN AUCUN CAS. Le progressisme n’a pas seulement un avenir, il est l’avenir de la société française et de l’humanité tout entière. Il est du reste en marche, ailleurs (qu’au PS) et pour longtemps.

Mais qu’est-ce que le progressisme ? Et d’abord que n’est-il pas, que doit-il ne pas être ? Un mot que l’on brandit dans les discours, une incantation de vieilles formations politiques pour cacher leur épuisement idéologique certain. Le progressisme vaut mieux que cette idéologie « molle », esquissé aujourd’hui par la direction du parti socialiste. Le progressisme est une grande IDEE, une idée réfléchie, travaillée, on l’oublie souvent, depuis plusieurs années, par le Mouvement des Progressistes (ex-MUP), dirigé par Robert Hue. Un document d’une trentaine de pages, intitulé « Une ambition progressiste » et disponible sur le site mouvementdesprogressistes.fr, témoigne d’un premier travail de réflexion et de propositions.

Le progressisme, comme l’explique le président du MdP, dans son dernier ouvrage (Les partis vont mourir, et ils ne le savent pas, Ed. L’Archipel), est un projet politique révolutionnaire. « Nous aussi nous sommes des révolutionnaires si l’on entend par ce mot des hommes de progrès », disait Zola (Son Excellence Eugène Rougon).

Le progressisme, c’est, au plan intérieur, une nouvelle économie, plus humaine, une nouvelle politique, plus co-décisionnelle. C’est le rejet du productivisme effréné, de « la croissance pour la croissance » au seul service des financiers et des grands patrons. L’économie progressiste est une économie solidaire, durable et écologique. C’est un éco-progressisme (R.Hue). Cette économie est partageuse, soucieuse de justice sociale et de bien-être des travailleurs, de tous les travailleurs, à tous les niveaux de responsabilités. L’entreprise progressiste fonctionne donc autrement que l’entreprise dite « libérale ». Avec elle, les décisions sont partagées, les décisions co-construites, les bénéfices et les profits équitablement répartis entre tous. Cette nouvelle économie marque définitivement le « dépassement du capitalisme ».

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Anguerrand - 13/12/2014 - 16:19 - Signaler un abus Le PS indécrottablement marxiste

    Notre pays est gangrené par un marxisme rampant qui n'épargne aucun parti, le dernier en date le FN depuis MLP avec un programme économique de gauche. Il faut dire que l'endoctrinement est précoce des l'école grâce aux enseignants de père en fils ( fille).

  • Par bjorn borg - 13/12/2014 - 16:40 - Signaler un abus Anguerrand

    Tout a fait d'accord avec toi. Je suis opposé au progressisme. C'est du grand n'importe quoi. On voit bien que l'auteur est tout à la gauche du système politique. Je suis curieux de voir s'il y a beaucoup de progressiste sur ce site. Le pays est foutu avec des personnes de ce genre. Il est plus que temps de mettre tous les gôôchistes dehors. On les a assez vus. C'est donc ça la démocratie? N'est-ce point la dictature?

  • Par Gilly - 13/12/2014 - 17:03 - Signaler un abus Le progressisme

    Il y a des mots comme celui-là qui me sortent par les yeux : justice sociale, dialogue social, égalité, vivrensemble, quartiers sensibles ou défavorisés, lois mémorielles,... La liste n'est pas exhaustive.

  • Par jmpbea - 13/12/2014 - 17:03 - Signaler un abus Le progressisme

    C'est Flamby au pays des soviets...

  • Par vangog - 13/12/2014 - 19:12 - Signaler un abus Les socialistes ont toujours accompli du régressisme...

    ...dans toutes les déclinaisons socialistes qui ont opéré depuis 1917. Le résultat a toujours été une régression d'une vingtaine d'années par siècle, soit environ 2 ans de retard tous les dix ans. Ainsi le quinquennat de Flamby va faire prendre à la France au moins un an de retard sur la globalisation...ces années s'ajoutent à celles déjà perdues par les gouvernements socialistes et UMP, qui n'ont pas réformé les erreurs gauchistes. Le terme "progressisme" est donc un enfumage pour gogos! D'ailleurs, depuis le temps que les socialos font régresser les pays qu'ils gèrent, ils auraient du comprendre que le progrès ne se décrète pas, il s'anticipe et s'accompagne...sinon, on casse tout! Cette anticipation, cela se nomme "le libéralisme"...tout l'inverse du socialisme!

  • Par Texas - 13/12/2014 - 20:27 - Signaler un abus Hayek

    " Il y a toutes les differences du monde entre traiter les gens de manière égale et tenter de les rendre égaux . La première est une condition pour une socièté libre alors que la seconde n' est qu' une nouvelle forme de servitude " . Friedrich Von Hayek . La place de Robert Hue dans ce " nouveau mouvement " en dit long sur les perspectives , quelles soient d' ordre économique ( avec la pré-distribution ...(?? ) ou sociologique avec la suppression des préjugés . L' Open Society est une philosophie du " vivre ensemble " qui pour l' instant ne démontre qu' une seule chose : La montée des extremismes ! Merci Mr Soros ! .

  • Par Deneziere - 13/12/2014 - 23:56 - Signaler un abus Vous avez vu le mot "liberté" quelque part dans ce pathos ?

    Est-ce un hasard ? Je ne pense pas. Cette langue de bois annonce des années de plomb.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Michel Fize

Michel Fize est sociologue au CNRS, membre de l'Exécutif national du Mouvement des Progressistes, initié par Robert Hue en 2009, et conseiller régional Ile-de-France. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont  Le Peuple adolescent (2ème éd. Mots composés, 2011),  Le Cabinet (Arléa, 2001), Le Livre noir de la jeunesse (Presses de la Renaissance, 2007), L'Individualisme démocratique (L'Oeuvre, 2010), Le Bac inutile (L'Oeuvre, 2012, L'adolescence pour les nuls (First, 2010), Antimanuel d'adolescence (Marabout, 2014), et de Jeunesse à l'abandon (Mimésis, 2016) son dernier ouvrage. 

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€