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Charlottesville : l'indignation à l'égard de Donald Trump révèle-t-elle l'hypocrisie de la société américaine à l’égard des discriminations ?

Des évènements de Charlottesville à la démission de Steve Bannon, la société américaine se confronte à ses propres contradictions.

Etats-Unis

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Charlottesville : l'indignation à l'égard de Donald Trump révèle-t-elle l'hypocrisie de la société américaine à l’égard des discriminations ?

Atlantico : Depuis les évènements de Charlottesville, la société américaine s'est largement indignée des réactions de Donald Trump, mettant en avant le "racisme" du Président, et ses liens avec l'extrême droite, les groupuscules suprématistes, ou encore avec le KKK. Alors que les niveaux de ségrégation, d'incarcération, de discrimination sont largement mis en cause aux Etats Unis, mettant en avant une fracture ethnique au sein de la population américaine, ne peut-on pas voir dans ce mouvement anti-Trump une forme d'hypocrisie de la société américaine, laissant penser que la discrimination ne serait causée que par quelques groupuscules ?

François Durpaire : La société américaine est une société clivée, encore marquée par son passé esclavagiste et ségrégationniste. Tout le monde ne dénonce pas le silence et les propos de Donald Trump. Ceux qui le dénoncent, ce sont bien ceux qui dénoncent le racisme systémique qui fait que l’égalité des chances reste un vain mot. On pourrait parler d'hypocrisie si les mêmes personnes voyaient en Trump le seul responsable des problèmes et refusaient de comprendre que les maux sont bien antérieurs. Il est vrai que dans l'ensemble de l'électorat du président, il y a cette idée qu'on en a trop fait pour les minorités. Beaucoup aussi dans le Sud revendique la fierté de leur passé et de leur identité culturelle. Pour eux, les statues des généraux des armées des Etats de la confédération rappellent ce passé, et ne doivent pas être déboulonnées. Trump a soutenu ce point de vue dans un tweet. Pour les partisans des droits civiques en revanche, ces statues ne sont pas un simple rappel de l’histoire. Elles sont une apologie des crimes de l’esclavages, et un hommage à ceux qui les ont perpétrés. Ce qui se joue, ce n’est donc pas le passé, mais la prolongation de ce passé. Rappelons qu’à la fin des années 1950, on reprochait déjà à Martin Luther King de ne pas respecter la culture du Sud. Ceux qui aujourd’hui ne veulent pas du déboulonnage des statues sont les fils de ceux qui à l’époque ne souhaitait pas la déségrégation. 

Alderman Ameya Pawar, candidat à l'investiture démocrate dans l'État de l'Illinois a déclaré "La guerre contre la drogue a été un succès (...). Parce que la guerre contre la drogue n'a jamais été contre la drogue, elle était contre les noirs". Une thèse défendue également par l'avocate et essayiste Michelle Alexander dans son livre "The New Jim Crow". Cet exemple est-il révélateur d'une forme de discrimination diffuse, non avouée, mais pourtant réelle ? La faute de Donald Trump est-elle finalement plus d'afficher ce qui ne doit pas l'être ?

Il faut savoir que la liberté d'expression est beaucoup plus forte outre-Atlantique qu'en France ou en Allemagne. L'expression de la hiérarchisation raciale, la défense de la suprématie de la « race » blanche, est protégée par la Constitution. Il n’y a pas d’exception « nazie » au Premier Amendement, qui permet de tout dire et de porter tout type de symboles (la croix gammée...). Si je dis en France que « l'esclavage est bon pour les Noirs » ou que « Hilter a eu raison de vouloir exterminer le peuple juif », j’aurai des ennuis avec la justice. Car ces expressions constituent des délits au regard de la loi. Aux Etats-Unis, non seulement je ne risque aucune sanction juridique, mais la police américaine doit me protéger si je veux exercer mon droit de manifester pour défendre ces propos. Saint-Just disait : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Aux Etats-Unis, la liberté est également offerte aux ennemis de la liberté. En revanche, la violence physique est évidemment réprimée.  

 
Commentaires

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  • Par eva - 19/08/2017 - 11:25 - Signaler un abus amsallem

    Il reste d'autres ethno nationalistes autour du président , n'importe quoi revoyez votre sujet ? idéologie quand tu nous tiens .....

  • Par J'accuse - 19/08/2017 - 12:32 - Signaler un abus Comment peut-on être Américain ?

    Les États-Unis ont été fondés sur l'intégrisme religieux, le génocide des Amérindiens, l'esclavage des Noirs et une ségrégation encouragée appelée pudiquement communautarisme: tout cela fait partie intégrante et inoubliable de la "culture" américaine, de son identité. C'est une société sauvage et éclatée, capable quelquefois du meilleur mais plus souvent du pire; ce n'est pas une nation, et ce ne pourra jamais en être une.

  • Par Deudeuche - 19/08/2017 - 13:05 - Signaler un abus @j'accuse

    Pauvre niais!

  • Par bherry - 19/08/2017 - 13:58 - Signaler un abus Oui le politiquement correct

    Oui le politiquement correct est une idéologie totalitaire qui repose sur une pensée unique. Même si la constitution protège la libre expression on voit bien que dans les medias, les universités et dans les entreprises de la silicon valley on ne peut penser que d'une seule façon. Malheur à celui qui dit la vérité.

  • Par vangog - 19/08/2017 - 14:35 - Signaler un abus Apologie de crimes historiques, une statue?

    seulement pour les benêts, M.Durpaire! S'il fallait déboulonner toutes les statues, les stelles et noms de rues consacrées à des responsables historiques de guerres ou de massacres, peu y survivraient...Lénine, déboulonné de toutes les villes néo-marxistes de la couronne rouge parisienne...Hoche, responsable des massacres de Vendéens, déboulonné de plusieurs villes de Vendée et de Bretagne...et que dire de Bonaparte? La colonne Vendôme, à la gloire de la conquête de la Russie par l'empire, on la garde ou on la déboulonne?...

  • Par Liberte5 - 19/08/2017 - 14:45 - Signaler un abus @bherry vous appuyez où ça fait mal.

    "Le politiquement correct est une idéologie totalitaire" initiée et véhiculée par la gauche socialiste et extrême. La gauche américaine ne supporte pas que soit dénoncés ses mensonges, sa malhonnêteté, son intolérance, son sectarisme, son emprise sur les médias, les universités, sa violence avec les groupes gauchistes. En un mot elle ne veut pas que l'on dise que le fascisme est issu de la gauche socialiste. Nous avons ce phénomène en Europe.Les casseurs sont à gauche.

  • Par Liberte5 - 19/08/2017 - 14:55 - Signaler un abus @vangog la liste est longue des communes

    qui ont des plaques de rue rappelant tous les génocidaires du xxème siècle:Stalingrad, Lénine, Ho chi Minh, Fidel Castro,che guevara, Mao Tsé-toung, de criminels palestiniens. La gauche aime bien les criminels et surtout si cela a été fait à grande échelle.

  • Par LordLeleu - 19/08/2017 - 17:11 - Signaler un abus Platitude

    (Je ne nie pas le racisme existant aux usa : précisions utiles) Un article rempli de platitude, faisant croire que l'ensemble de l'Amérique dénonce l'attitude de Trump sauf les racistes blancs bien sûr, sous entendu l'électorat de trump. Cest avoir une vision bien politico médiatique bien pensante que de penser cela, et cela en fait un sujet digne de BFM ou Le Monde. On pourrait s'indigner devant la généralisation de l'électeur blanc qui serait raciste parce qu'un raciste a foncé sur des gens de couleur noire. Le pas d'amalgame n'existe pas dans ce cas là. Comme dans toutes les tragédies on ne doit pas faire de généralité. La on a eu droit au concert artistico politico médiatique dans la dénonciation du blanc raciste. La plupart des gens ne sont pas racistes, ne se soucient même pas des sois disantes inégalités ou autres, ces gens se soucient d'avoir une vie décente avec un salaire correct, quel que soit leur couleur de peau. Le reste n'est que de l'indignation sélective pour une idéologie rabâché en boucle par les médias qui ont la carte.. et qui jette de l'huile pour maintenir le feu qu'il font semblant de vouloir éteindre !

  • Par Deudeuche - 19/08/2017 - 17:38 - Signaler un abus Allez on les ignore

    Look away, look away look away Dixie Land!

  • Par Ganesha - 19/08/2017 - 19:13 - Signaler un abus Deudeuche

    Une insulte dans le moindre argument à 13h05 et un bout de chansonnette à 17h38 : vous apportez une brillante contribution à cette discussion !

  • Par Klaus02 - 19/08/2017 - 19:41 - Signaler un abus Que vient faire Durpaire sur ce site !!!

    Nicole Bacharan c'est pour quand ?

  • Par Deudeuche - 19/08/2017 - 21:36 - Signaler un abus @Ganesha

    Pas envie de discuter!

  • Par bd - 26/08/2017 - 19:07 - Signaler un abus L'aberration du racisme prouvée par la science

    Tous les racistes devraient effectuer une analyse génétique. Ils se rendraient compte que l'ethnicité n'est qu'une porteuse d'histoire et non de caractéristique médicale. L'ethnicité est relevée sur une partie du chromosome Y (moins d'1/60ème du génome) pour les hommes et sur l'ADN mitochondrial pour les femmes où la proportion génomique est encore plus faible. Les caractéristiques médicales sont portées par l'ADN autosomal qui représente plus de 59/60ièmes de notre génome. Chaque caractéristique médicale est indépendante des autres, ce qui signifie, par exemple, que l'intelligence n'a rien à voir avec la couleur de peau ou des yeux ou que chaque caractéristique comportementale. La culture n'est donc en aucun cas portée par des caractéristiques génétiques ou ethniques mais par simple transmission du savoir. Il suffit d'ailleurs d'avoir un enfant adopté ou métissé pour connaître cette réalité. PS: Copiez-collez ce petit texte à volonté là où c'est utile.

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François Durpaire

François Durpaire est historien et écrivain, spécialisé dans les questions relatives à la diversité culturelle aux Etats-Unis et en France. Il est également maître de conférences à l'université de Cergy-Pontoise.

Il est président du mouvement pluricitoyen : "Nous sommes la France" et s'occupe du blog Durpaire.com

Il est également l'auteur de Nous sommes tous la France : essai sur la nouvelle identité française (Editions Philippe Rey, 2012) et de Les Etats-Unis pour les nuls aux côtés de Thomas Snégaroff (First, 2012)

 


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